Entendu au café de Château Du Loir
« Tu pourrais me rapporter le carnet de commande steuplait »
Le steuplait vient comme un poème enveloppant l’amour quotidien d’une femme dans le commerce et le commerce de son couple
Réfléchi
C’est les mots qui déplacent les choses et non le contraire.
Réfléchi
Lorsque je travaille, j’étudie. J’ai le sentiment que les failles essentielles de la poésie me permettent, en y plongeant mon corps, de sauver mon esprit.
Écrit sur oeuvre : Lhermitte – Les Halles – 1895
Fraicheur de l’esquisse préservant la virtuosité
des expressions
la foule cependant laisse sur sa faim
Au fond, Saint Eustache, l’église me rappelle des moments antiques.
Mule inutile que j’étais à porter du vide.
Sans titre
suer intelligemment
veut dire être smart ?
puisqu’il faut croire comme tout le monde
à un lieu
une surface
j’éructe du savoir
du liquide profond
qui meut vos mémoires :
« est-il un homme ?
« est-il un arbre ?
« ou même, sa racine ? En lui-même sa racine, ses pieds ?
« non il vomit des petites filles... "
j’ai trahi le monde
j’insiste ton oeil
il vit décapité sa tête est le soleil
/ Apollinaire /
C.Colomb
cap sans le compas
colomb
pour le voyageur sans possible
en lui sans accès
sans dire
sans limite
son cœur résout la mer fendue
jamais
toujours
il vit
À ma mère. Janvier 2018
Ne touche pas les morts
Même s’ils pleurent
Ils sont inconsolables
Et tu le sais bien
*
Les feuilles sont tombées
Lorsque je suis né
Restaient deux marronniers fragiles
Et je vous aimais sans le soupçonner
Vous souteniez un monde
Le monde peut-être
*
Tu avais l’âge que j’ai aujourd’hui
Tu étais ceinte d’une couronne d’or
Et armée d’un majestueux glaive
*
Pourtant tes feuilles manquaient
Les marrons pourrissaient par terre
Comme ceux des allées de Sainte-Anne
Il n’y a pas d’image pour décrire
Il n’y a pas de mot pour penser l’origine
Et je jette un caillou dans le puits
Et attends désespérément le bruit qu’il pourrait provoquer
*
Dans les années et les secondes
Tu m’as donné ton glaive
J’ai écrit
Aussi, tu m’as donné la couronne lumineuse d’un grand-père
Et de son obscur et pourtant pénétrant souvenir
Peut-être sans le faire exprès
Mais l’acte, par un heureux hasard a été commis
Et ceci est indescriptible
*
Tu m’as appris à faire ce qui comptait pour moi
Et voilà le printemps
Comme un poème qui connaît le silence des choses
*
Lorsque je mourrai
Le vent sifflera encore
*
À ta mort je coudrai l’étrangeté de
Ce qui participe à moi
En moi
Et au silence
*
Quelque chose comme un bruit
Un bruit de caillou qui tombe dans l’eau
Se fera finalement entendre
Il sera l’heure pour moi d’imaginer des transparences
Pour y voir plus clair
Pour t’aimer comme on aime un caillou
Un nuage
Avant d’aimer la vérité
*
Quelqu’un a fait sonner un mot
Trop tard peut-être
Mais le bruit fut exact sans nul doute.
Terreur
D’un point particulier
J’envisage le tout de mon existence
Et point en face de moi la terreur
Particulier car à chaque fois renouvelé
Dans son sourire
La grandeur de ses yeux
Renouvelé en tous points
Et pourtant scrupuleusement, du reste, le même visage
Je me tais
Je vise avec mon intelligence
Les rides de son visage
Et découvre que c’est moi-même
Qu’il n’y a aucune différence fondamentale
Entre ce visage que je regarde
Et le mien que je vois dans le petit reflet de ses yeux
Tout est pareil
Tout vient à mourir dans le ventre
Un rien
Je suis
J’étais
Je serai
Un manque à la vie
Une course stellaire
Une vie sans harmonie
Quelle est la qualité de la terreur
Qui en elle-même se raffermit ?
L’abandon à elle
On s’abandonne à la terreur
Comme l’on regarde la tête de la méduse
Je durcis
Car c’est toujours un commencement
Comme un fils
Qui recommence à chaque fois
La partie de carte avec son père
Je noue mes fibres stellaires
À l’irrationnel de toute entreprise d’appoint
Faire avec le déraisonnable
Le vivant
Faire avec le soleil
Faire avec la terreur
Un moment donné dans
Le tout durcissant de la vie
L’angoisse animale
Qui provient du profond de la haine que l’homme connaît
Que l’homme sait abattre sur lui-même
Sur l’inconnu de lui-même
Avec le sourire en coin que le paranoïaque reconnait
Comme précipité rouge de la classe de physique-chimie
Précipité de sang
Et d’autres élèves
Se cognent dessus
Un moment donné dans
L’abject raison d’être que d’aimer
Un tout
Ou un particulier
Sang nocturne
Chair du jour
Chair diurne
Un semblant d’aimer dans le parterre chewingumeux
Une raison d’être là à l’angoisse mêlé de sang
Et dorénavant
Et depuis toujours
Et à jamais
L’angoisse du sang qui a durcit dans la classe de physique-chimie
On écrit
À l’avant de la circoncision
À l’après de la première fois
Au moment du mime lui-même que de faire semblant
Faire avec
Avec le tout raisonnable dans la terre meuble
Dans le peuplier d’automne
Où tout survient sauf l’hiver
Car rien ne survient à part l’hiver
Habillé de son manteau de neige
On dit de moi que je danse
Parfois
Au centre d’une pensée
Une autre pensée point
En réalité
C’est plutôt une non pensée
Pensée comme pensée
Parfois on écrit
Sachant qu’il ne s’agit pas de cela
Qu’il s’agit d’autre chose
D’un centre du centre
D’un rien
On dit de moi que je danse
C’est vrai
J’imagine le corps
Seulement lorsqu’il danse
J’imagine mon corps
Comme une pensée
Une danse
Une béance
Un centre dans la pensée
Est la danse
C’est du rien
Enfin si, c'est quelque chose qui touche les gens
Erik Satie
une note regorge d’épaisseur
Satie gnossienne
fut-il à l’écart
fut-il vivant et à l’écart
qu’est-ce que je note ?
ma mémoire.