Note
allez, le vent se lève
il faut tenter de vivre
L'ontique
je ne sais plus écrire, ou plutôt je ne sais plus vivre. je ne sais plus pourquoi je regarde les choses. je ne sais plus pourquoi il faudrait les regarder. je ne sais plus pourquoi je devrais livrer mes mots à la sauvage. je ne sais plus.
je ne sais plus pourquoi boire ou me droguer. je ne sais plus pourquoi je devrais m’élancer. je ne sais plus pourquoi il y a une bombe. je ne sais plus pourquoi elle devrait exploser.
Au fond du pré de chez pépé
J’ai discuté avec l’ombre,
J’ai pris les mains mortes, au fond du pré.
Au fond du pré vert.
Les yeux de la maladie
Encore une fois
J’ai discuté à l’ombre
J’ai enfoui la pierre de folie.
PARLÊTRE
le langage de la rationalité pure
Purée
de morphèmes
de dire
avant-dire
l’a été dit
sans le moindre soupçon de
vol
de secours
de lame dans les veines
le dernier homme n’était
pas un livre de Camus
il était
une personne qui
savait absoudre
le langage formel
du discours sensuel
aucun secours les pompiers
même l’arbre aux chenilles
qui est envahit par le doute
la malchance du
Savoir
il existe
la sexualité à l’instar
de la mathématique
comme rationalité pure
Il envie la glaise
comme la glaise
envie les mains
Le corpus du premier homme
sur un divan. un homme épouse
loin des planches. il a un anneau
: caractère d’échafaud pour le froid :
le sien. à bout de paroles
ils osent le regarder. il commence à vivre
les miroirs sont sa dignité
il ose s’y regarder. placardés
au plus profond de ses propres yeux tatoués
il se met à rire pour pleurer. avec
son épouse. sa soeur. sa mère
le moteur danse. il joue
tout est histoire.
Réfléchi
Je parle du plus profond de la haine
Réfléchi
Une idée m'échappe
Alors qu'elle me creuse
Écrit sur oeuvre. L’Haridon, Côtes de Belleville (Bretagne)
Il faut toujours prévoir d’où vient la lumière avant d’affirmer une quelconque réalité nouvelle. La lumière, lorsqu’on connaît son origine, guide la voix de l’artiste. Si il ne prend pas garde à sa provenance elle peut aveugler son désir.
Le critérium
Pourquoi ce frottement de la mine du critérium m’insupporte ?
Il faut à chaque fois le tourner de 180 degrés pour retrouver le crissement de l’arrête.
Je préfère inciser qu’aplanir les vers.
Je préfère sentir le mouvement qui tranche les mots que leur compression d’un trait grossi sur la feuille.
Quel antique sentiment psychologique que l’impression d’injecter, de piquer, plutôt que de couvrir une peau, en l’occurrence ici, une feuille, de sa main ou de son crayon.
Quel plaisir de percer à jour par le mouvement de la main incisant une feuille de papier pour la marquer du mot.
Je préfère piquer jusqu’au sang l’amante que d’écrire des vers gros comme le monde.
Aveu
Les poètes sont des philosophes ratés