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Quand je bégaye j’aime ça je trouve ça agréable, genre cool. sais pas trop. sais pas trop le mot qui va sortir. tu te jettes pas. tu flaires le truc sais pas trop t’attends t’attends le monde t’attends sais pas que tu sais pas tu sais bien toi tu sais bien /A/ mais t’es illuminé au milieu d’une mandorle et puis ça sort d’un coup
(les bègues c’est la limpidité sensuelle
)
Merde chiasse fait chier le mot il est brisé
Un bègue il parle dans sa langue il parle dans l’intérieur il exprime momentanément sa peur
Un bègue il s’excuse jamais
Un bègue c’est moi moi MMMM>>>>MMMMM>>>>MMMMMM>>>>OI
Faut pas s’excuser faut pas dire j’arrive pas à rapper je suis désolé j’arrive pas à faire
votre rap
votre langue
ma langue elle est l’après-midi d’hier
ma langue elle agrège la salive pour le crachat
ma langue elle vous emmerde bien profond
Quand je bégaye j’aime ça, je trouve ça agréable
Je suis pas handicapé je suis dans l’insurrection de la langue glaçée
Ca patine pas non non non ça se vaut ça se dit ça s’explique
Bègue le chanteur c’est lui le vrai mélomane
il attend
le bon moment
pour ouvrir sa grande gueule
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j’ai tourné les cartes
elles étaient rouges des deux côtés
il fallait se glisser jusqu’à l’outrage
après réflexion j’ai tagué le mur
netteté est le porche où meurent des enfants
porté dans le sac
je veux que ton visage s’éloigne de ma peur
comme un oiseau s’envole du bord effilé de la nuit
sinon rien advient par soi-même
que le recours à la poésie lyrique ou performative
après réflexion j’ai tagué le mur
il fallait se glisser jusqu’à l’outrage
dans les jupes du mot genèse.
Sans titre
Je veille depuis le toit
m’amèneront-ils leurs œufs ?
j’ai tué des oiseaux qui jouaient
j’ai considéré la matrice songeante
et je me suis fait condor
Un poème et son double
à la lueur
presque limitée,
une existence
les mains parlent juste
ou ce n’est pas ça
des choses
des choses bombardées de silence
des choses bombardées de silence me confinent à l’exil
à la limite
presqu’une ligne
le penser
passe
passe à travers
faute de mieux
faut-il que je me courbe ?
et si oui que ramasserais-je ?
des ombres
des cyprès attachés à la terre
/
version poésie contemporaine :
les recours
au statut juridique
sont des états de pensées ambiguës.
Car rien ne pèse sur la guitare des approximations.
quelque chose comme
du personnel administratif
fait acte de présence à la fête de Dominique
dit le gisant
prétérition : mais il est où dom ?
quelqu’un vient du soleil.
Geste pour une femme
gare aux mots
dit-elle
ils ont un fil
ils te couperont la langue
jusque-là la lumière fêtait ses irrégularités
et je ne savais pas le cap
je ne savais pas
je ne savais pas pourquoi je ne savais pas le cap
je jetais mon corps dans la neige brune
que plafonnait la mer
et je n’avais rien à dire
rien à défendre
et le palais était bouillant
de spectacles
de parties maudites
alimentant mon silence
la mort dans un sac plastique
dans le grand sac conditionné
le discours à perte
un emblème un slogan
relie l’Argentine et la France
gare aux mots
dit-elle
ils ont un fil
ils te couperont la langue
Délire
Les continents
S'entrechoquent
Et se délitent.
Et fatalement,
C'est un choc,
Je meurs si vite.
2011
LA MENDIANTE FOLLE
LES CHEVEUX ELLE PART
REVIENS
CHEVEUX SALES
ELLE DEMANDE
LES BOTTES LES SOUS-BOTTES
ELLE ENTRE DANS
L'épicerie
ALI NE VA PAS FAIRE
D'ELLE LA VEDETTE DE
MON POEME
TOUJOURS, TOUJOURS
DEDANS
DANS LE DEDANS DU MANGÉ
LÀ
MAINTENANT
A L'EXTERIEUR, ELLE EST
C'EST UNE PURE
EXTÉRIORITÉ
ELLE S'ARRETE
ELLE RAMASSE
ELLE REGARDE
LA BOUTIQUE
ELLE PART
ELLE PART
JE SUIS ROUGE
MES YEUX
MES YEUX ROUGES
ELLE PART
JE NE LA VOIS PLUS
ENFIN...
2012
Ici
J’ai étudier le comportement des pierres
Seulement
Il était tard le ciel dégoulinant de folie
Et elles se faisaient des serments
L’une a dit si l’eau s’en mêle
de l’or surgira de moi
Elles se promettaient des parties du monde
L’autre déclara Hier voyez-là ! demain
du clavecin elle écoute
le bois surhumain
et songeuse ne se doute
qu’un fruit d’or tombe en sa main
Ensuite j’ai questionné la plus réservée
Celle qui ne disait rien
Elle m’a transformé :
L’accès à l’indépendance est rythmé
/ Beck /
fév 2018
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La pârôle
P R I S E
DANS LE RÉEL LE RÉÉÉÉLL LE RRRRRRÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉLLL
2014
La liaison
J’ai eu une liaison avec moi-même. Dans un café un jour, je me suis vu. Au début j’ai détourné le regard, j’ai bu une gorgée de mon café, allumé une cigarette. Puis je me suis dit « bon allez, j’essaye de re-capter mon attention ». Hop, je lance un coup d’œil, et là j’étais en train de me regarder. Je suis devenu pivoine, puis j’ai encore detourné le regard. Quelques instants plus tard, je me lève et me rassois, à côté de moi. Je commence à faire connaissance avec moi-même, quelques regards, des sourires. Ca commençait bien. Puis tout d’un coup de je me mets à pleurer. Je me réconforte, j’ai trouvé ça touchant. J’ai du dire des trucs cons mais qui font toujours du bien comme « t’inquiète pas, ça va aller ».