À Camille
bu tes yeux
bu l’organisme
il allait mourir
n’ai pas vu la vie
bu ce que tu rejettes
bu agenouillé notre objet
il allait imploser debout
bu ton sexe
bu la poésie ainsi
il allait faire mieux
alors j’ai bu j’ai bu j’ai bu
2015
Camille
à en aimer un autre
elle était là
seule vraiment mais,
complétée de son élan vital
l’étui, la boîte, le coffre,
la massive lenteur du déroulement d’un poème désapprenant à aimer
complémentaire amour de la poésie
à l’esquisse nue de ses lèvres petites
qui j’embrassais alcoolisé
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Cette incommodité des jours
jamais ne m’autorisera
même si je la supplie,
à un quelconque déclin,
à une anonyme perte de vitesse.
L'histoire de la tectonique des plaques
comment ça se fait ça ?
ça se combine comment ?
cette cruauté à moi
qui me mâche et me crache là
dans ce café, dans ce jour,
dans ce corps, ingouverné.
comment c’est possible d’autant connaître
tout ce qui ne m’oublie pas ?
tout ça
ça scarifie l’air
Pourquoi je tremble, pourquoi mes jambes s’agitent ?
quand ça cessera ?
pourquoi tout ça ne se faufile pas au loin
vers autre chose
vers un autre café, un autre jour,
un autre corps aux jambes calmes ?
écrire comme un fils de pute ou écrire comme un ange ?
j’ai heurté la multitude grise
pour la rendre soit noire
ou pour la rendre soit blanche
qu’importe du moment
qu’elle pigmente l’écriture
comment se souvenir
de la route
celle que prennent les fils de pute
et celle que prennent les anges ?
Le début d'un match
le texte m’a fait perdre l’original de celui-ci
les phrases sont noyées
et les mots aussi
aujourd’hui j’ai eu peur de le retrouver
alors j’écris
encore un peu plus
encore un peu plus
pour ne pas me noyer moi aussi
ce début des choses
LA PETITE MAIN
Quoique petite
la main enlace
plus de choses que l’on ne croit
reste à savoir pourquoi
et pour qui ?
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flotté bas
la mesure
d’une arrête
et celle-ci
s’agrandit
il n’y a pas
de limite à
la poésie
s’affirmant comme
agrandissement
nous avons
une mâchoire
transpercée
de vérité
flotte bas
la ligne d’or sur les dents
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il est si simplement évasif
il ne se dédit pas
il mastique déjà l’information
sa coupe des possibilités
de possibles vérités
dans le champ de cette coupe
il a cru bon se dire poète
il est sérieux et séduisant
il n’a pas l’air de se retourner
Le retour
La rougeur maligne
sur le bout de mon sexe programme
le retour à la question de l’éjaculation poétique.
Celle-ci se pose telle-quelle ;
un miroir rond l’accueille.
Le miroir signe car il renvoie le regard,
infatigable mouroir
la puissance entre l’exactement inerte,
la ressemblance exactement inerte.
Le miroir reflète le mouroir
et la plus profonde des conjurations serait, peut-être
que ce poème reflète mon corps.
2015