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EBAUCHE DE CHANSON

19 Mai 2018

Dans ma chambre c’est moisi. C’est de la matière moisi c’est bleu. C’est bleu il est où le jeu d’échec ? Il est pas là, il se cache dans tes frontières. C’est toujours triste ça. C’est toujours elle. Elle dit. Et c’est bleu ça se consume dans la vitre. Imagine toi dans un squelette. Le tapis tala la lampe ikéa. Ca sent le moisi. Ca sent le savon. C’est pluriel c’est tout noir c’est bleu. C’est bleu et beau et vivant. Regarde toi par la fenêtre en bas le gazon de ta mère. Bleu le ciel. Bleu l’abeille. C’est niqué c’est tout pédé. Imagine toi dans un squelette. A l’époque des petits squelettes tu parles l’ancien grec tu dis des mots magiquement bêtes – tu es un squelette dans dans la moisissure bleue ça à mal fini les 34% d’écart. Le risque c’est femme j’en ai pris plein la gueule elle dit elle en a pris plein la gueule elle reste dans sa chambre elle a été défouraillée par des renois elle sait pas dire. Elle sait pas coller avec la moquette elle colle la moquette à ses yeux écumes et ça vibre. Ca vibre. Ca vibre dans son squelette. Dans ma chambre c’est moisi qu’elle dit c’est moisi de lumière.

 

(… ?)

 

Un tatouage au fond des yeux, il joue aux échecs elle en a pris plein le cul. Elle est belle lointaine. Une vitre posée dans les yeux elle joue aux échecs avec le petit garçon elle prend pas garde.

 

Dans ma chambre c’est moisi méticuleusement moisi par le verbe être. Ça vibre le risque d’une femme ça vibre les testicules des arbres bleus. Le matin une tartine de caca le midi une tartine de caca le soir une tartine de caca. Elle bouffe que tu sais plus où ça tient le risque d’écrire ça la déchéance d’une femme moyennement laide. Une malchance pour le gardien de but.

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APRÈS AVOIR LU « L’AMATEUR DE POÈMES » DE VALÉRY - RÉFLÉCHI SUR MA POÉSIE

19 Mai 2018

SI je regarde le trou, le puits idéal où je vois la parole scintiller (n’est-ce pas dans le puits qu’on voit les étoiles ?), alors je me noie sans y être tombé. J’accepte l’indifférence des pierres qui font les contours sémantiques – il faut bien… Mais, et je suis en cela esthète, la moelle érotique et vaginale de la construction déjà dépecée me donne une force et une conviction morale quant à la liberté (écrire et liberté sont intrinsèquement lié).

 

MAIS je n’ai pas tous les jours l’envie d’exacerber la danse volcanique, la pure et parfaite éruption s’entremêlant à l’eau (cyprine de bon goût) pour se rigidifier comiquement, ludiquement. Je préfère parfois faire parler l’absent ; ou plus concrètement lâcher au moins une bride du continent noir. Non pas que je sois dans ces moments (du reste trop rares et peu productifs) un oiseau de passage dans la pensée, mais un marcheur solitaire sur des terres froides et trop pliées pour vraiment dire.

 

UN poème n’est qu’un produit, il s’accapare un site éventuel, qu’il ramène à la concrétude et éloigne la pensée. Site véritablement livré à lui-même dans le chaos : il se meut par multiples superposés, par plateaux, par désirs (suivant sa fonction, sa fin)

 

JE m’abandonne alors à l’adorable allure : extirper de la chose pour la foutre dans mes mains. De la merveille, de la boue (c’est pareil) s’accapare le site que j’ai investi pour me déplacer, ceci perpétuellement. Je laisse le poème être un risque, un risque pour ma santé, un risque pour mon esprit.

 

MÛ par l’écriture fatale, j’imagine (lorsque je suis enclin à écrire) que rien n’est mêlé et que tout est une verticalité sans faille ni clinamen. Le puits donc… Le pluie, la puissante, l’écho d’un raisonnement, contre le schème poétique (le mien évidemment), contre tout ce qui a de mou, molletonné, finalement tout ce qui ne laisse pas un poète être poète ou l’inverse.

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17 Mai 2018

et donc, cette photo qui éternue encore,

quand même la peau qui se sait ne répond rien

quand même lorsqu’on égorge l’enfant

et bien, il refait la photo avec son sang,

pour faire chier

pour faire chier

un nombre

un nombre toujours pensant

          

et lui, de toujours dire, (toujours) :

 

« j’envoies à l’adresse homme@gmail.com que ça coince, que ça arrive encore aux mots de se coincer dans les dents qui consentent à garder coincer ce qui ne veut pas consentir »

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13 Mai 2018

l’agriculture pour nourrir le monde

la poésie pour nourrir les morts

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L'oeil

13 Mai 2018

 

Je fais trembler la terre

pour que l’œuf divin

que je le couve que

l’œil divin… l’œuf

je veux dire l’œuf

quand l’œil di.. merde

l’œuf je le couvrirai

je n’ai pas peur

et je n’ai pas froid

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Pastiche Guillevic

10 Mai 2018

 

 

Qui frappe là dehors

À la fenêtre ?

 

Ce n’est rien

C’est toi

 

Mais moi,

Je suis dans mon lit

Et j’ai sommeil

 

Je ne veux pas parler

Ou, pareillement

Mettre en jeu ce désir

 

Je veux que la nuit parte

Par moi

Qu’elle me traverse

De l’intérieur

 

Simplement

Discrétement

 

Je veux abolir une partie de la vérité

Et que la paroi ne laisse rien passer

 

Je veux

Que le matin soit plus confortable

Après la nuit

Comprends-tu ?

Le comprends-tu ?

 

Je ne comprends pas,

Laisse le entrer

 

La nuit est ouverte

Et celui-là

Qui frappe à la fenêtre

C’est moi

 

À l’écart de toi-même

Il veut parler

 

Moi je ne veux rien

 

Lui,

Il veut

Il continue

À frapper,

Il continue

 

Ouvre lui

(Quelque chosse glisse sur son corps)

 

Ouvre lui

(Il ne veut plus d’une écume des nuits)

 

(Elle descend

  Du lit

   Et ouvre

   Cette porte)

 

(En la regardant -

  murmurant…)

 

Je te regarde dans les yeux

Ce qui ne veut pas

Ce qui ne veut plus

 

Tu es la syntaxe exacte

Tuer est un trou

Affirme quelqu’un

Mourir est une évsasion

Affirme l’autre

 

Mais,

Qui voudrait ?

Qui voudrait ?

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Le sonnet de papa

5 Mai 2018

Lorsque j’avais 11 ans mon père m’a enfermé à clé dans ma chambre en me criant dessus que je ne sortirais pas sans avoir écrit un sonnet valable.

Je ne suis toujours pas sorti de la chambre.

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Réfléchi poétique : Rainer Maria Rilke à Paris

5 Mai 2018

Il n’y a qu’une voie pour la fin du 19ème, celle qui passe par Rodin et Cézanne.

            Si la Terreur de Paris développe en Rilke le geste pur, comme la caresse d’Auguste en son métier immense qui parachève la terre meuble et invisible de la Nature.

            Ou ce malgré lui cruel geste tout latent porté à son comble du bout des doigts humides tenant le sexe courbé imitant le mythe que la montagne Sainte-Victoire sert en son cœur battant.

            Il n’y a que le rien qui est tout à faire durcir.

            Traduction d’une étoile, forme invisible, ou archéologie de la couleur sans parole. Remise à sac du terreau trop lent pour être compris, trop furtif et véloce pour être oublié… Joie draguée par le génie d’apposer l’infini coloris bleu enserrant l’objet, le galvanisant, le durcissant comme l’Un des philosophes qui soutiennent toute l’entreprise impossible et pourtant nécessaire au déroulement des choses magiques et matérielles.

            Bien qu’un jour le terrestre ne saura plus qui a dit quoi et pour quelle raison ce fut dit, absorbé, versifié, il faut donc convenir que la vie n’imite pas assez bien l’art.

            C’est pourquoi la souffrance est nécessaire, unique, pourtant faute poétique puisque manque elle est soustraite de la Chose. Car elle touche et comprend Rilke comme une pierre comprend l’eau qui la poli avec tendresse et cependant donne à la pierre conscience d’être ce qui fera l’or ; élaborant comme sournoisement la relation à la vie impossible, chaste, contradictoire, folle ;

            en vers ça donne :

 

et s’il n’était que le réel

qui dirait : « qui est moi ? »

 

bouchant l’évier à tout jamais

le regard n’est pas dans les yeux

la beauté est dans le regard et non dans la chose vu

la magie est dans la Mère non dans la voix de son Fils

 

un mort dans la chemise

de papier kraft

il reçoit les premières foules du monde

 

un recueil

un item seulement

seulement je me suis trompé

j’ai cru parler

j’ai cru retenir

maman on s’est trompé

 

j’ai cru souffrir et écrire Rainer Maria Rilke

en frontispice du poème

 

il existe du présent

n’en doute

pas

persuade-t-en

 

maman il nous reste que cela

maman on s’est trompé

 

alors,

alors on parlera de Lénine

on ira au musée d’Orsay pétrir, voler le catalogue

 

on rattrapera les mains du peintres perdues dans la mémoire

De l’été

 

On montera la porte fumante de n’avoir jamais été ouverte

On y collera des bouts de rien

et avec ça on s’en félicitera


(Existe-t-il une balance à Aubervilliers ?

Si oui a-t-elle déjà chanté ?...

 

Le nombre zéro

La mort

L’expérience de la magie s’en fout

Il faut juste peser

Et écrire

Puis repeser

Et mourir

d’en avoir trop dit)

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TEXTE (CIR)CONCIS

5 Mai 2018

Cela faisait maintenant longtemps qu’il était allongé au bord de la mer. Le bruissement délicat de l’eau contre les galets le plongeait dans un doux demi-sommeil et l’idée de pénétration utérine exaltait ses rêveries à peine commencées, à peine finies que d’autres faisaient irruptions. Le vent s’ajoutait à cette perception du plein de réel lié avec douceur à l’imaginaire sexualisé. Il attendait que l’eau monte sans l’attendre car ses rêves fugitifs ne savaient saisir le plaisir d’une montée, mais, il l’attendait quand même comme il avait attendu le matin même que la cyprine monte des cols pour que son sexe rigide rentre doucement à l’endroit de l’anarchie rêvée. Il existait maintenant autour de lui plusieurs choses : son intimité avec le sable doux comme de la chair, son ouïe attentive au temps qui passait entre les cris et l’évidence de son érection. L’homme se leva, son dos avait brûlé et était maintenant ivre des rayons de fumée rouge. Son corps tout entier se dressa, rouge comme un gland, sur la plage où au moins mille femmes étaient à même de se faire troncher.

 

Le dîner fut merveilleusement bon car ardemment désiré. Europe et Isilde s’étaient régalées et l’homme percevait au dessert, dans leurs yeux, un désir incroyablement chaud pour la personne triangulaire qu’ils formaient tout trois. L’homme pris la main d’Europe, lui caressa avec son annulaire le creux de sa paume, doucement comme pour réveiller un peu plus le dragon fendu. Il la senti se plier et accepter encore une fois. Il se tourna vers Isilde qui n’avait rien vu à la scène et lui montra le couteau qui lui avait servi à manger ; elle comprit tout de suite : elle le nettoya avec sa langue puis fit mine de se le mettre… L’homme, après ce rituel qui avait eu lieu au moins mille fois se leva et rejoignit sa chambre. Sur le lit, un sachet de beuh l’attendait, le lobby-boy n’avait pas fait que de se faire enculer… Il était aussi adroit dans la distribution du plaisir…

 

La serrure recelait bien peu de mystère pour lui, la serrure était comme sa connaissance du sacrifice original.

 

De la plage, les paroles de la mer était discordantes, il se réveilla, sourit béatement devant l’immensité de tout ceci. Il ne mesurait que 1m37 et se rappela que son anniversaire de ses 12 ans était pour ce soir.

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PASTICHE DE PRESERVATIF BUCAL DE DANIEL CABANIS (NIOQUES12) – MON FILS M'ÉCRIT DANS 30 ANS

5 Mai 2018

Entre nous soit dit, ton éducation de larve qui ne peut accepter moindre frustration me débécte et m’as toujours débecté. Tu me l’as répété maintes fois que tu n’étais qu’un petit enfant qui a réussi à exister que par ce que d’autres gens le permettait ! Comme Emmanuelle ou papy. Oui tu me l’as dit comme si me parler de toi aller me permettre de t’aimer, mais jamais, non jamais papa je ne t’aimerai, tellement tu as été indifférent à la moindre de mes performance. Car dans ton petit monde rempli à ras-bord de tes petits moi recroquevillés et pathétiques tu ne pouvais accepter qu’être une chose, un christ qui souffre et un christ que l’on devait aduler. Tu ne pouvais permettre que l’on aille à l’encontre de ton plaisir, ton cœur tellement pourri gâté que tu ne pouvais même pas accepter que ta chair, le produit de ton sperme perverti puisse pénétrer ta petite église de village tellement laide mais que tu tenais en si haute estime. Ces « autres gens » ces autres gens tu les as bien manipulé avec ton petit ego merdique et ton incapacité congénitale à admettre que tu ne vivais qu’à l’intérieur de sentiments qui ne t’étaient pas propre et aussi juste que par le représenté que tu nous as donné. Tu n’es rien par toi même et en ça tu es détestable, tu n’es rien et ne sera jamais rien, toi, pauvre petite chose manipulatrice et tordu. Tu ne m’a rien appris sinon la lâcheté, la pauvreté d’âme et d’actions quelles soient-elles. Non papa ou devrais-je t’appeler père plutôt, si étrange que tu as pu être à ta propre chair, tes propres enfants. Je t’appellerai même plutôt Antonin, défini mais distancié, voilà ce que tu as toujours été. Défini par ta propre mythologie de pacotille. Et distancié par tout les moyens que tu pouvais le cacher à maman, tu ne nous a jamais aimé sinon pour être tes adorateurs. Ah…  Je devais être sale je suppose, malpropre à pouvoir t’aider ou te révérer d’une quelconque manière. Je te hais comme je hais les gens qui m’ont fait du mal. Et qu’est-ce que tu m’en as fait du mal, avec ta fausse honnêteté, honnêteté que tu croyais avoir puisé chez papy, cette fausse honnêteté avec moi, ce faux « amour honnête » et ton « respect pour tes enfants ». Ah ! Ce respect, alors que tu épiais chacun de mes mouvements vers ce qui me permettait de m’émanciper un tant soit peu de toi, ce respect qui n’était qu’une façade pour l’histoire que tu te faisais de toi même et de ton rapport complétement taré, délirant, aux gens. Dans ton petit cerveau pourri tu hais tout ce qui n’est pas toi, même un tant soi peu à savoir moi, ton fils. Je te hais Antonin, je te hais par ce que je ne pourrais jamais t’aider.

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