Contre qui ?
Athènes contre Jérusalem
La raison contre la foi
J’entends dehors le foot
Moscou contre Mossoul
Un toit
ciel ciel
ciel bas
ciel bas, aussi bas
aussi lourd
aussi aphone
précocement nocturne
ciel, ciel bas et presque
ciel gris, qu’importe
la monnaie du poème
as
pirée par le gris
de l’absorption
abs
ortion de la vision et un oiseau
vole en lui-même
la vision d’un œil qui se répète
je veux l’ensemble
un oeil
qui veut tout
ciel, ciel
ciel
ciel bas pourtant
pénètre la nuit
est nocturne déjà
qu’importe
liquide du ciel dans les veines du volatile
il est déjà noir et pourtant.
Publié depuis Overblog
tu t’imagines Parménide
tu secoues tu fais
tu bois
perspective de danseuse de ballet
geste abstrait
acte juste
Cet os
cet os
ce vibrant dans ma chair.
loin d’elle j’ai sauté de moi jusqu’à l’aube.
(y aurait-il des formes ?
non qu’elles soient niées et pourtant
arbre et arbre).
ta lecture avec minutie mais le réel
non qu’il soit nié et jamais
que seul ce cœur
cette imagination
en collages
et j’imagine que tu aimes pourtant
cet os
ce collé dans ma chair.
se retire mais est-il perpétuel
une fois le poème
une fois l’élégance c’est
décrire
mais encore ?
mais rien un faible vent.
Réfléchi
L’idée d’un poème me vient lorsqu’il y a un léger décalage entre ce que je pensais, le moment absent où je pense, et le moment où j’ai pensé. Comme une étrangeté dans mon flux de conscience qui me dit « là il y a le poème ». Par exemple, en roulant ma cigarette, je songeais à la fumer, donc à bien la rouler, la rouler normalement, puis, le papier s’est déchiré, énervé je l’ai jeté en boule par terre, puis j’ai repris mon entreprise.
Et là, je me suis dit il y a le poème : on s’énerve sur des objets alors qu’ils en ont rien à foutre.
Je pensais faire bien, j’ai fait mal, et l’absence est faite de l’objet inanimé que je bouscule dans son être en le rendant vivant (car je me suis énervé contre lui)
C’est tout con la poésie.
Victoria Shalisheva
L’amour est slave
L’art est français
Le roman est américain
La révolution est asiatique
La poésie est allemande
La lune est belle
Les yeux sont vairons
La lune est belle
L’art est français
Le musée est d’Orsay
La seringue est anglaise
Le crack est ligne 4
Les halles sont belles
Le temps est blanc
L’amour est slave
L’amour est slave
L’amour est slave
*
La cigarette est cancérigène
Le sexe est interdit par les mamans
Les mots ont des couleurs c’est désarmant
Demain est un jour
Aujourd’hui est un jour aussi
Le film est de Jim Jarmusch
Le film à l’air sympa
Le porte-monnaie est vidée de toute substances sonnantes et trébuchantes
*
Parfois on se trompe dans l’art
Parfois il vaut mieux pas se faire avoir par un tableau de Delacroix
Parfois on s’éclate à écrire de la poésie
Parfois non
Mais l’amour reste slave
Il y reste et il s’y tient
Il se caractérise par des mots comme priviet
*
C’est ceux-là qui ont criés en 1870
C’est moi leur crieur de la rue
Je vais me faire un autre café je reviens
C’est donc ceux-là qui ont participé à une chose qu’ils appellent la poésie
C’est ceux-là comme Arthur qui sont montés sur les barricades
Et c’est d’autres ceux-là comme Victor qui ont trouvé que la Commune bah c’était pas très bien
*
Le ciel reste vaste du cinquième étage
Un croquis de Giacometti est accroché à côté de l’armoire
Il évoque par ses traits fins ce ciel blanc découpé de nuages de décembre
Les fleurs du croquis sont italiennes
L'amour est slave
Le ciel est parisien
Je suis amoureux.
La poésie casse couilles
Pas de poésie hermétique
C’est de la merde la poésie hermétique
Faut pas pousser le bouchon
La poésie hermétique tu t’emmerdes
Faut de la poésie rythmée
Pas de poésie lyrique
La poésie lyrique c’est trop nature
Et drame de toi à elle la nature
Faut pas enfoncer le bouchon
La poésie lyrique c’est que le matin
Faut de la poésie connectée
Pas de poésie performative
C’est trop répétitif ça casse un peu les couilles
Tu veux lire sur les lèvres mais tu ne lis que « Zut, zut, zut !! »
Faut pas retrouver le bouchon
La poésie performative c’est trop 90’
Et ça fait 30 ans que ça dure
Et on s’en branle de vos performances
Faut de la poésie qui materne un peu le receveur
Pas de poésie symboliste
La poésie symboliste c’est un peu comme du gâteau
Mais du gâteau où quand tu le dames t’as envie de crier des insultes
Non, rimbaud verlaine laforgue copée allez-vous faire enleks
Faut pas retirer le bouchon
Faut de la poésie pas trop sûre d’elle-même
Pas de poésie médiévale
Non, non la poésie médiévale c’est trop des odes
Des chansons et des guitares
Puis on ne comprend rien à l’ancien français
Faut pas laisser tomber le bouchon
Faut de la poésie en français du futur (ECT…)

