Réfléchi sur l'art - technique pour s'approprier une oeuvre
une méthode que j’appellerai « le jugement par filtre fascinatoire »
qui consiste, lorsque je suis devant une œuvre d’art quelle qu’elle soit de présupposer ma propre fascination pour l’œuvre donc « d’incliner » mon être vers l’œuvre comme absorbé par elle et d’en ressentir, au prix de cette fascination artificielle, la joie, l’augmentation ect..
Si l’œuvre résiste à la fascination artificielle c’est qu’elle est vraiment mauvaise.
La fascination serait donc utilisée comme moyen et non une fin
Rapport sur l’angoisse et la beauté
Les nuages sont des nuages
et ces trois personnes n’ont rien à se dire.
Si elles se révèlent être vraies,
ces deux affirmations engagent mon existence en deux voies :
l’inexistence de la beauté et l’existence de l’angoisse.
Si les nuages ne sont que des nuages alors la beauté n’existe pas.
Car la beauté se trouve toujours dans le lieu ouvert par la matière –
lieu immatériel d’où une parole peut s’échapper.
Si ces trois personnes n’ont réellement rien à se dire alors l’angoisse existe.
Car l’angoisse se dévoile toujours lorsque l’homme est à découvert,
lorsqu’il n’a pas de toit pour se protéger de la pluie,
lorsqu’il n’a pas comme rempart la parole, l’angoisse provient de cette vulnérabilité,
cette extinction de la parole, ce manque qui donne lieu au non-lieu.
Peut-être est-ce par ce que la beauté n’existe pas que ces trois personnes sont angoissés.
La beauté n’existe que dans la profondeur de la joie,
l’angoisse dans la profondeur de la merde.
Il m’est angoissant de ne voire seulement que des nuages dans le ciel
autant qu’il m’est angoissant de voir ces trois personnes n’avoir rien à se dire
et se forcer à parler pour ne pas laisser les blancs les envahir.
Mon angoisse est celle-là de voir les choses telles qu’elles sont :
des nuages blancs, des gens tendus.
Pourtant de ces deux affirmations je ne peux être sûr de leur vérité :
il y a une hésitation dans mon jugement.
Cette hésitation fait lieu de poème.
Le poème est habité par l’hésitation.
Cependant je choisis de pencher d’un côté,
Le plaisir d’avoir à dire
De la beauté du ciel de mai.
NOTE sur « Nature morte au guéridon », Picasso, 1932.
Ce tableau m’inspire cette pensée sur la façon qu’à le receveur de recevoir dans un tableau ou dans un poème ;
ici je ne « vois » pas l’utérus ou avec difficulté certaine, il ne m’est guère important d’avoir l’idée que Picasso a voulu déployer, sa volonté propre au tableau, ce qui m’importe c’est ce qu’il ait déposé un champ autonome de lignes souples, quadrillages comme structure (en bas) à la possibilité d’une déstructuration du milieu et du haut, yeux interrogeant le spectateur sur ses interrogations à lui ; car c’est autant de lieux à investir en utilisant les ressources formelles du tableau comme ces deux flèches noires dans les parties rouges qui me permettent un bain de cyprine dans une salle de bain fautive de n’avoir pas commis la faute en un espace libéré. Ah !
Réfléchi sur le langage
Il n’y a rien à voir derrière le langage. Il est partout et nul part. Il est le texte et non ce seul moyen d’atteindre le miel d’un poème, la logorrhée d’un monologue ou la discursivité d’un récit. Il est structure de tout. Et c’est seulement au prix de sa mise à mort qu’il se donne, en retour de refoulé comme conscience du Tout.
écrire
écrire c’est dialoguer
‘fin non c’est pas vraiment dialoguer
c’est tutoyer en tout cas
14 Juin 19h24
Infatigable de procrastination
L’article sur les rythmes de Tsvetaieva et Bonnefoy à écrire
Coule soudainement au dedans de ma gorge
Dans un cri hors pair où nullité
Et plénitude s’arrangent
Comme elles peuvent m’étouffant
Avec l’allonge du café
En un désert de signifiance chelou
En une possible étape qui
Tout à fait faisante
me fait me détester.
Puisque le Travail m’inquiète
Je m’inquiète à mon tour
Pour de bon – Oui –
Non pas de l’incréé
Plutôt de ce sentiment :
M’en voudra-t-elle ?
Celle qui ne me reconnaitra plus
Si un jour je la croise vers Filles Du Calvaire
Me voudra-t-elle ?
Celle que j’ai guélar sous un poème ?
Alors :
Retirer des moments
Aux jours
Et des jours Youtube
Et des heures de masturbation
Et des minutes où l’on ferme les yeux
Retirer un regard
Au café
Où l’on se voyait
Où l’on se dévisageait
Où l’on s’aimait
Alors :
Je regarde derrière moi
Nulle trace de procrastination
Avec Sabrina
Mais – mais – mais
Je ne pouvais plus
Lui prendre pour lui donner
Mais je ne pouvais plus…
Bonnefoy me dit – ce vieux connard - :
L’oubli a recouvert ce peu qu’ il fut
Sans âme – bête à deux têtes du regret et du désir
L’une se retournant
L’autre ouvrant sa gueule – signifiant
Ce qu’un être découvre
Lorsque apparaît l’essentiel transformation
Ce renouveau de lui-même par
Le truchement de cette pure décision consciente –
Puis
Marina Tsvetaieva en bonne Russe
N’indique à ma conscience
Aucun angle
Aucune concavité étrange
Seulement l’insomnie qui recouvre
En un écart et son contraire
La présence toute passionnée
De la brûlante Chloé !
Alors si cet article
Ne veut pas encore féconder
Les pages blanches de mon carnet
C’est peut-être parce qu’il faut du temps
Pour ouvrir les yeux
Distinguer la métamorphose de la rumeur des jours
Cette nouvelle façon d’accepter le Réel
Le matin sous un angle inédit
Puis de les fermer – ces yeux congestionnés –
Sur ce poème
Qui va s’éteindre
En ayant eu ce désir
D’inscrire sur l’arbre – pour vous, huit tout au plus –
En cette heure volée
L’Art et l’Éternité d’écrire
Pour mourir puis aimer.
Poème à Chloé 2017
Pizarnik dit un trou dans la nuit
subitement envahit par un ange
*
J’attendais dans les tourments
de l’absence
qu’une main grise
se pose à cet horizon
qu’est mon corps
(Puisqu’il n’y a de corps qu’aux limites
je veux dire : c’est fermer les yeux et éprouver un centre
(Puisqu’il n’y a de centre qu’en l’affection
je veux dire : c’est accueillir la main dans l’écart
(Puisqu’il n’y a de trou qu’en la pensée
je veux dire il fallait se noyer pour l’entendre)
Le père et la fille
Mon cœur bat trop vite – je prends un lexo –
Pourquoi le prendre si c’est pour étouffer ?
Au Peintre je vois un père et sa fille, de l’autre côté ;
Ce gars était au lycée avec moi
Qu’ai-je oublié pour ne pas avoir d’enfant moi ?
Que n’ai-je pas informer de ce qui fait ma jeunesse ?
La maladie ? Les toxiques ? Ou mon visage, tout simplement ?
(Pourquoi me suis-je courbé ? Puisque mon visage s’est tu…
Je dis : si mes os sont blancs, ma chair est fasciste : brune)
Demain ne sera pas – deuxième lexo –
J’ai perdu la partie, lassé de me branler sur xhamster.
J’ai du oublier je pense. Oublier la signifiance des beaux gestes…
Il discute avec sa fille. Elle ne doit pas avoir plus de six ans.
Si je fais un peu d’algèbre, je pense qu’elle naquit alors que ce gars avait 21 ans.
Et moi ? Et lui ? Et elle ?
- troisième lexo –
8 juin 2017
Ici le café déjà de l’ombre
ce sein troué retrouvé tard
les mots me débordent c’est tondre !
une nuit un jour et c’est ici dans ce bar.
Parfois j’oublie les phrases et
je retrouve l’autre
à l’horizon le poème exténue
déjà ces jours déçus
Ici le café déjà de l’ombre ; même :
L’ENCRE SERAIT DE L’OMBRE !
-
je ne travaille jamais
je dors tout le temps
je ne fais jamais la vaisselle
je m’en moque c’est pour maman
alors le fils mitraillette dit :
Un jour lorsqu’il sera trop tard pour réfléchir…. J’écrierai
et lorsqu’il sera trop tard pour écrire…. J’aimerai
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Pourquoi, nom de dieu
j’ai commencé ma vie
en disant Je ?
instance virginale ?
Si Apollinaire écrit
c’est pour forcer Marie à la Fellation -
et je doute écrire pour autre chose.
