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Articles récents

Le pays et son étranger

11 Décembre 2018

Étranger tu n'as pas eu le courage
A la source de tes bras et de tous tes membres
Tu criais ta joie
Sale enfoiré, des fois tu jouais à qui va être le méchant
Et tu as gagné pendant quelques jours
A la fin tu ne pouvais dire mot
Tu t'es caché sous tes airs
De Gaulle préférait la nation entière
Alors on t'a laissé
Mais tu avais placardé
Sur ton magasin
Pas de juif dans mon bain
Tu es l'inique et tu étais homme
Comment pouvais tu croire en Dieu
Tu aurais dû connaitre Ashem
Plus clément à mes yeux

 

2012, sur l'aryen

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La boule de nerf

5 Décembre 2018

une boule de nerf

s’aligne sur le reste

le monde

une boule de nerf

produit de la surenchère

le temps s’invente normal

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L'écriture de l'article sur Tsetaeva et Bonnefoy

5 Décembre 2018

Infatigable de procrastination

L’article sur les rythmes de Tsvetaieva et Bonnefoy

Coule soudainement au dedans de ma gorge

Dans un cri hors pair où nullité

Et plénitude s’arrangent

Comme elles peuvent m’étouffant

Avec l’allonge du café

En un désert de signifiance chelou

En une possible étape qui

Tout à fait faisante

me fait me détester.

 

Puisque le Travail m’inquiète

Je m’inquiète à mon tour

Pour de bon – Oui –

Non pas de l’incréé

Plutôt de ce sentiment :

M’en voudra-t-elle ?

Celle qui ne me reconnaitra plus

Si un jour je la croise vers Filles Du Calvaire

Me voudra-t-elle ?

Celle que j’ai guélar sous un poème ?

 

Alors :

Retirer des moments

Aux jours

Et des jours Youtube

Et des heures de masturbation

Et des minutes où l’on ferme les yeux

 

Retirer un regard

Au café

Où l’on se voyait

Où l’on se dévisageait

Où l’on s’aimait

 

Alors :

Je regarde derrière moi

Nulle trace de procrastination

Avec Sabrina

 

Mais – mais – mais

Je ne pouvais plus

Lui prendre pour lui donner

Mais je ne pouvais plus…

 

 

Bonnefoy me dit – ce vieux connard - :

L’oubli a recouvert ce peu qu’ il fut

Sans âme – bête à deux têtes du regret et du désir

L’une se retournant

L’autre ouvrant sa gueule – signifiant

Ce qu’un être découvre

Lorsque apparaît l’essentiel transformation

Ce renouveau de lui-même par

Le truchement de cette pure décision consciente –

 

Puis

Marina Tsvetaieva en bonne Russe

N’indique à ma conscience

Aucun angle

Aucune concavité étrange

Seulement l’insomnie qui recouvre

En un écart et son contraire

La présence toute passionnée

De la brûlante Chloé !

 

Alors si cet article

Ne veut pas encore féconder

Les pages blanches de mon carnet

C’est peut-être parce qu’il faut du temps

Pour ouvrir les yeux

Distinguer la métamorphose de la rumeur des jours

Cette nouvelle façon d’accepter le Réel

Le matin sous un angle inédit

Puis de les fermer – ces yeux congestionnés –

Sur ce poème

Qui va s’éteindre

En ayant eu ce désir

D’inscrire sur l’arbre – pour vous, huit tout au plus –

En cette heure volée

L’Art et l’Éternité d’écrire

Pour mourir puis aimer.

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Baby boom - Basquiat

2 Décembre 2018

Baby boom - Basquiat

La clarté

Régule

 

Ainsi en va du mythe

Qui obscurcit

 

Demandez moi la couleur de la peau de Basquiat

Je dirais claire

Régulée et obscurément profonde

 

D’un si rentré

En soi-même

Qu’il explose

De clarté

 

Rayures à rayons

Moins que rien

Nous buvons à l’aube

Nous buvons à midi

Nous buvons l’héroïne

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PERSPECTIVES POUR UN TEXTE – MI OCTOBRE 2016

2 Décembre 2018

 

 

 

            Dans le salon d’un mort j’écris. Pour qui ?

Pour le comédien. Le comédien c’est qui ? Peut-être aurais-je le début de la réponse lorsque je me branlerai tout à l’heure.

            Dans ma petite chambre avec mes petits livres et mes petites mortes blanchâtres. Car la jouissance est un oubli de soi, l’objet n’existe pas, il n’existe que lorsqu’il s’absente, disparaît.

            Lorsqu’on lit un bon poème on endure la présence du Sujet qui a dévoilé le poème en le confondant avec un lieu. C’est ce lieu qui est le poème, le Sujet s’efface lorsque le poème arrive à son terme et que nous lecteurs nous éprouvons le désir et l’actons en s’installant dans le poème ; le désir du Sujet disant. Le poème d’Apollinaire n’existe que dans la présence et l’absence d’Apollinaire et de l’absence puis la présence de notre lecture, de notre investissement.

            Le comédien c’est donc celui qui s’installe dans la jouissance en détruisant la Main de Dieu dans l’anecdotique Réel ; la jouissance en faisant disparaître la main de l’artiste.

                                                                       *

 

            Je découvre que je suis jeune, que j’ai beaucoup de choses à endurer pour écrire, pour vivre dans la perpétuel donne artistique. Faire avec le jour. Ne pas s’oublier. En cela, profondément aimer l’existence, la déraison de l’existence, l’arbitraire de l’existence, l’anarchie des débuts.

 

                                                                       *

 

            Place au jour. Il est 17h49. La rue grouille par la fenêtre de la morte. Ils sont là, tous, s’indiquant les chemins, respectant les passages cloutés, arborant fièrement leur minable petite douceur à qui veut le voir. La vie est un calvaire. Ils sont petits du 5ème étage, ridicules, abjects. Faut-il que je les haïsse ? Finalement ils ne sont que des humains. Ce ne sont pas des peintres, des musiciens, des poètes, des scientifiques, des hommes d’états, des conquérants, des animaux.

            Ils sont définitivement humains les fils de putes. En cela ils sont haïssables.

           

                                                                       *

 

            Aujourd’hui la pluie s’est présentée à mes oreilles (encore engourdies par le silence de la nuit) lorsque je me suis réveillé vers midi. Elle crépitait sur ma fenêtre. Puis après 58 cafés je suis allé au cinéma voir Une fille inconnue, je suis parti au bout de quelques minutes tant les Dardenne m’assommaient avec leur réalisme en transit dans leurs colons, toujours minables, toujours proches de l’œil des petits hommes avides de scénographie plate, pas trop compliqué à endurer, à produire encore. Le film était tellement nul. Je suis sorti du cinéma sous la pluie qui avait continué de tomber sur Paris.

 

                                                                       *

           

            Pessoa m’émeut. Son rythme lent, presque pâteux mais tellement sûr de lui, est à chacun de ses poèmes liés à la structure du recueil : pensée de l’étrange inquiétude que procure un rapport au réel, pensée du là.

            Dans la bibliothèque de Marie j’ai trouvé un texte de Philippe Bidaine sur Pessoa. Le livre doit bien avoir 30 ou 40 ans tant il est jauni. Le design graphique, lui aussi jauni, kitsch, fait penser au livre des années 70 ou 80.

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ivre mort

2 Décembre 2018

ici jeté dans la tuile de vin

ici perdu le berceau d’anneaux

les mots bourrés balancent

et frappent doucement

sur une Voix

 

où est-il ? dit-elle

où va-t-il ?

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2 Décembre 2018

Je me rappelle à moi, l'unique parole est poétique
Le reste est vomi, déflagration, antithèse


 

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2 Décembre 2018

LES QUATRE HISTOIRES

 

 

L'HISTOIRE DU PORTABLE QU'ELLE A LAISSÉ DANS LE UBER

on s’éternise

on se couche

on va voir jarmusch

 

des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie

la merveille éclot

 

L'HISTOIRE DE LA FUMÉE

la plus pure des vies

extraction de la pierre

 

de folie

 

comment s’appelle le nom ?

« l’Incalculable »

 

 

L'HISTOIRE DE LA FUMÉE DE L'APPEL DU PORTABLE LAISSÉ DANS LE UBER

Et surtout regarder avec innocence, comme s’il ne se passait rien. Ce qui est sûr.

 

QU'ON L'ENTENDE L'HISTOIRE TRISTE MAIS BELLE MAIS TRISTE

Et qu’on l’entende ce sanglot derrière la table où est posé le bose de Diego qui gravite autour de moi avec une musique qui s’appelle Stay the same de Bonobo et qui est lointaine et un peu lunaire sauf que c’est une lune où aucun pied ne s’est posé.

 

Et qu’on l’entende l’appel sans retour derrière la fenêtre où les corps tombent comme des nuages de couleurs pourpres (c’est bien ça pourpre comme couleur : on sait pas trop ce que ça représente mais ça fait penser à la noblesse de robe)

 

Et qu’on l’entende ce Wiko qui va sonner lorsque Behar se sera réveillé et verra le message où il est dit : au noir soleil du silence les mots se doraient

 

Et qu’on l’entendre l’appel sans réserve de mon lexomil assis contre le mur de ma chambre, attendant son heure, ce fils de pute.

 

Et qu’on l’entende le bruit du café chaud, ce matin est laid comme du café chaud.

 

LE SONNET QUE J'AI PAS EU ENVIE DE FINIR

 

 

Et l’on m’arrachait la mémoire

et l’on martyrisait mon chaos

/ René Char /

 

 

Pris dans le rets de l’habitat,

Les minutes sont des fusils

Et les corps des Opéras.

Et les lampes sont des pays.

 

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POIEN

2 Décembre 2018

 

 

il manque alors

                                  

 

                                   les rouges

                                   les suspendus

 

l’attrapent aux lèvres

 

alors, ce qui est passé à travers lui

le besoin de retenir qui ne gravite plus

autour des lèvres

 

Pire : une présence

 

                       ma voix

 

 

 

semblable au désert,

un jeu

 

ce qui n’est pas la poème

 

            le langage fait gisement

 

ce n’est qu’un sentiment entre moi

et l’émigrant de moi

 

            nous jouons avec la peur et le jet du pour-sens

 

une massive lenteur

 

 

elle gagnait

à jouer,

elle.

 

Plus tard, un évadé leur appris

qu’elle ne jouait pas

mais qu’elle essayait simplement de loger l’ombre

 

 

s’exprimer avec la matrice artificielle

qu’engorge l’enfer musical

à retourner les signes

et retourner encore

 

son désir

 

lorsque Tamara dit « Il est un Dieu »

elle ne fait rien d’autre

que signer le vide

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À Fanny G.

26 Novembre 2018

Il a changé

En briques

Des gens

Des maîtres

Des blouses

Des fous

Des morts

 

Il a changé

En tuiles

Des gens

Des érudits

Des lecteurs

Des fous

Des noirs

 

Il a changé

En meubles

Des mers

Des poèmes

Des amis

Des alcools

 

Il a changé

En lui

Des fous

Des croyants

Des blouses

Des personnes et

Des personnes

 

 

Il a changé et changé.

 

Ainsi il s’est fait

Architecte, Dieu,

Servile dans la prison de ses os,

Dans sa sombre maison bâtit par les mots qui signent l’étrangeté de l’habitude.

 

Pourtant, en l’espace haït des révélations, quelque chose s’est tu en lui-même

Fécondant le sacré du verbe

Cela était.

Je ne dirais quoi ou qui.

Mais tu le sais bien, oui,

Qu’est-ce ou qui.

 

Au creux de la cheminée, te souviens-tu de mes yeux ?

Lorsque à leur source,

Je jetais un filet dans la mer d’errance et que, sans fin je tentais de me venir en aide

Pêchant un poisson dans les rets d’une algue, puis m’en acquittant en le nommant

Le poisson du sens et du non-sens.

Il était,

Il était en nous.

 

Celle qui nait de savoir et meurt de vivre.

Celle-là n’était pas un poème,

Ni un jouet,

Elle était une distance sans point de départ ni d’arrivée.

Celle-là était

Celle-là était toi.

 

Elle était le Tu et le Je pourtant sans territoire, sans langage,

Sans jeu.

T’en rappelles-tu ?

 

Et te rappelles tu de nos amis communs ?

Et de ta peau tatouée

Et tatouée

Et béante

Cette surface même qui m’aidait à creuser en eux, fussent-t-ils chers à nos cœurs,

Leur ignorance en la marque du hasard dont l’art a le secret.

Anton, Julien et d’autres

Vénérant le manque que seuls

Celle-là qui meurt de vivre par ses yeux pendus à la connaissance de ce qu’est un hasard, une vie, une mort,

Celle-là qui en son espace

Est elle-même, identique et pourtant différente, énigmatiquement étrangère aux Concessions à la meute qui en elle distribue le réconfort attendu ;

 

Et celui-là qui n’écrit que dans le sentier étroit battu par elle,

Ces deux corps qui se suivent, propulsant le sens et le non-sens dans l’intime de leurs regards emprunts de douleurs de ne pouvoir se fixer, considèrent le manque comme absurdité.

Car ne participait au vide le monde, sauf eux.

 

Te rappelles-tu de nous au creux de la cheminée ?

Où tu ne me laissais aucunement te circonscrire dans le si peu

Ou dans le pas assez ?

Où tu ne me permettais pas de me faire

Architecte ou Dieu car pressée par la fertilité de la graine du lierre, de sa vélocité en sa génération,

Tu m’enjoignais à ne pas rebâtir mon entière prison d’os :

« Cela ne sert plus à rien, regarde ce lierre, il s’étend en l’air si vite,

Si magistralement, qu’il n’a pas besoin de tes doutes, de tes geôles

De ton corps, de tes os ; il grimpe vers le sens et le non-sens du secret. »

Cela je l’ai écouté.

Cela provenait de tes lèvres,

Et c’est cela qui m’a rendu étranger aux bruits rigides de mes os,

Car ton secret, en son voilement et son dévoilement m’a fait mieux considérer

Ce qui doit exister.

 

Et je n’entends désormais plus craquer de mille façons, de mille mots assourdissant cette prison,

À sa place j’y ai bâti un temple dont les fondations sont immémoriales et secrètes

Pleines de toi jusqu’à moi et de moi jusqu’à toi, de sens et de non-sens. De vie.

Ne reste que le végétal et son hasard ainsi que le principe de sa vie, son errance, et de sa mort, sa sincérité.

 

Choses que tu connais si bien.

Cela,

Je le sais.

 

Je n’écrirais désormais plus pour bâtir ce qui peut exister, mais pour me recomposer, tel le secret dans le secret de notre secret.

 

Antonin.

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