l'éther
j’ai un mort en
moi
je suis son cercueil
j’ai un mort
en moi
pour une minute de vie brève
Le jour passe
je suis content quand c’est fini
c’est-à-dire étrangement caméleonesque
je
m’habille avec ma veste Kooples hors de prix
j’écris un poème
et je vais acheter
du gin
la flash à la main radieuse
je reviens
je
pense à toutes mes meufs
et tous les dauphins
et je perpétue dans la
journée une
sorte de
frustration
que d’être né homme plutôt que chien
c’est alors qu’arrive
une meuf
dont je ne connais pas les origines
elle est seulement à la porte on m’a quitté
je veux la vraie vie
écrire
pour en finir avec le fait d’écrire
dans la nuit rien que le jour
une lumière je sais pas plus
écrire pour faire place à autre chose
mais toujours
écrire
même quand c’est la fin
même lorsqu’on a 84 ans
dérouiller les fils de pute
et les fils de
vierge
et encore ramener l’effort
au présent
que de se taper une journée encore
je suis faible quand je suis pété
et quand je suis pété
j’arrive à aimer quelqu’un
le temps d'une minute
DELACROIX
aux lettres :
les lignes
aux mots :
les couleurs
à cet homme :
le poème
Petit saut au PMU
Petit saut au dessus du sol
On rencontre des
gueules
tailladées shtarisées balafrées
des gueules du trou du cul
du
diable
et pourtant
quand
je me regarde dans la glace
je n’y vois rien qu’une gueule qui n’a pas souffert
qui a été bourgeoise
qui s’est faite refaire les dents
qui a survécu du déluge
pourtant quand
je me regarde dans la glace
la nuis je suis et nous avons perdu
perdus les traces de
meufs
et des amis
et des parents crevés
les absents soufflent grisement et la nuit danse
les absents c’est les contrôleurs
les terrassiers
les peintres
les mal
foutus
les équarisseurs de thorax de bestiaux
et je m’y retrouve
après
de longues
années
d’errance dans le blanc de la coke
et je m’y retrouve plus vrai que nature
comme
eux
absents
virtuositement absent
dans la gueule le loto les paris PMU la lune qui touche ou pas une météore
le soleil
tout craintif dans l’aube
la mémoire des paysans
et le tumulte de la mort
affamés nous sommes allés nous courbés
vers
le creux et le cratère
nous sommes allés à l’abreuvoir Seigneur
tout déjetés
comme des ossements sans chair à remettre à plat
comme cette feuille
où l’encre et mon futal
baigne dans
le
même
chloroforme
nous avons abdiqués les bras ballants
nous les innocents
nous avons tués la mère pondeuse
pour des miettes de pains d’amour de chasteté
pourquoi ?
pour rien
Publié depuis Overblog
Je te lèche comme la mère son chaton. J’irrigue ton sang de mon enlèvement et de ce fait j’enlève les globules rouges aux globules blancs
Je tue
J’avale
Je suis amoureux
Publié depuis Overblog
La tortue a une carapace
et des pattes molles
la carapace sert à se protéger
et les pattes (aussi la tête) peuvent s’y plonger
pour
se protéger d’un agresseur
mais combien de temps une tortue peut tenir ?
comme j’ai sur le
dos une capeline
et
des mains d’écrevisses ébouillantées
pourtant je
ne renonce pas
je persiste avec Diego
a surface
territorialisée
de broyer
du noir
sous ma peau
entre
mes tendons
et la mort avec des yeux de mort
je la dévisage un temps
puis me remets /…/
Publié depuis Overblog
Ils reprendront tes livres
Pour une misère
Vas y
Et crève la dalle
De vendre des pléiades à 8 euros
Des bouts de tes reins à 7
Vas y
Crève de honte
Tu ne sais de toute façon pas crever
Et pourtant tu sais très bien comment t’y prendre
Pour crever
Publié depuis Overblog
Du tour de magie
est né la fille
excepté son intolérance cardiaque
elle a pris de la coke
a 17 ans
je lui avais pourtant dit de ne pas en prendre
que ça la tuerait comme
moi
ça m’a tué
mais elle ne
m’a pas écouté
et rester sans bornes
j’engendre je quitte je meurs
Publié depuis Overblog
Y’a samy qui dit
Pas
Toujours des conneries que tout ce que
J’écris
De-
Puis ce matin
c’est très bukowskien
sauf qu’il se trompe
la nuance se
trouve non dans la forme
(césure, ironie et toutes autres conneries de Hank)
mais dans l’exercice de l’état
une poudre
un maladresse qui allu-
me
l’explosion pour évaluer l’absence
du lieu sus-
dit de l’amitié approximative
il ne faut pas réveiller les morts
Publié depuis Overblog
J’ai parfois eu l’idée
comme maintenant
de dégueuler tout
les moines, HSBC, les mouettes, des herbes folles et les agneaux et bien d’autres choses qui m’empêchent
au sens strict
du
mot
d’élever ma fille
de l’étreindre
l’argent, la mitraille, les cendars, l’Être et le Néant de Sartre, une rognure d’ongle des pieds que je me contorsionne pour l’enlever
quelqu’un tue quelque chose d’autre
ça c’est ce que dit Pizarnik
moi j’en pense pas moins
pourtant je prends l’avion et je suis dans la soute
je dirais que quelque chose tu quelque chose
preuve
que
je ne suis rien qu’un amas de protons
c’est ça mon
conflit
un fait banal et physique
je
vais devoir
me recycler