la cause
Des moments bizarres, sans enjeu.
Publié depuis Overblog
Dans ce soir du monde, l'errance paraît inachevée
LES PORTES ET LES FLAMMES
Là, entre deux nuances noir et grise
deux Portes mouillées
deux Flammes _____ à un moment tout devient feu_____
le moment de la schizophrènie matèrielle
ça veut mourir dans la flamme
des flammes / mon soleil glorieux
mon autorité suprême
mon autorité suprême
mon plaisir suprême
Là, entre deux nuances
deux Portes qui hurlent
dans un bain
où j’atteins
une brûlure
une autre mémoire
LA CHUTE
Lorsque j’écris il n’y a pas de capture la capture est elle-même écriture
Lorsque j’écris il n’y a pas de mots
Les mots sont eux-mêmes la capture vers l’écriture
Il faut brasser le lieu du Monde
Ce lieu il se désorganise dans l’écriture
Ce lieu désorganisé n’est pas une capture
Lorsque j’écris je suis dans la chute du lieu du
Monde
Ce lieu du Monde c’est l’essaim des choses
Ce lieu du Monde c’est ce-qui-s’y passe
Sur le pourtour jusqu’au centre de mes connexions neuronales
Il faut abréger la course et la transformation
Il faut êtrre le boucher des bouches
Il faut se dire « il faut »
Si rien ne se passe
Alors
Tu n’écris pas
La beauté d'un ciel nuageux de mai
Les nuages sont des nuages
et ces trois personnes n’ont rien à se dire.
Si elles se révèlent être vraies,
ces deux affirmations engagent mon existence en deux voies :
l’inexistence de la beauté et l’existence de l’angoisse.
Car si les nuages ne sont que des nuages alors la beauté n’existe pas.
Puisque la beauté se trouve toujours dans le lieu ouvert par la matière – lieu immatériel d’où une parole peut s’échapper.
Si ces trois personnes n’ont réellement rien à se dire alors l’angoisse existe.
Car l’angoisse se dévoile toujours lorsque l’homme est à découvert,
lorsqu’il n’a pas de toit pour se protéger de la pluie,
lorsqu’il n’a pas comme rempart la parole, l’angoisse provient de cette vulnérabilité,
cette extinction de la parole, ce manque qui donne lieu au non-lieu.
Peut-être est-ce par ce que la beauté n’existe pas que ces trois personnes sont angoissés.
La beauté n’existe que dans la profondeur de la joie,
l’angoisse dans la profondeur de la merde.
Il m’est angoissant de ne voir seulement que des nuages dans le ciel
autant qu’il m’est angoissant de voir ces trois personnes n’avoir rien à se dire
et se forcer à parler pour ne pas laisser les blancs les envahir.
Mon angoisse est celle-là de voir les choses telles qu’elles sont :
des nuages blancs, des gens tendus.
Pourtant de ces deux affirmations je ne peux être sûr de leur vérité :
il y a une hésitation dans mon jugement.
Cette hésitation fait lieu de poème.
Le poème est habité par l’hésitation.
Cependant je choisis de pencher d’un côté,
Le plaisir d’avoir à dire
De la beauté d’un ciel nuageux de mai.
Un instant, puis un autre
un instant
puis un autre
et encore un autre
quand cela cessera-t-il ?
penser à ton corps
comme le pinceau pense la couleur
il la brosse sur l’infinité du tableau
un instant… c’est bien Dieu ?
et non, ce n’est que le peintre
qui pense le paysage
comme je te pense langage
la brosse sur tes cheveux bleus
la brosse qui peint le ciel
et le pinceau changeant, presqu’éternel
Ailleurs, nous irons
faire de nos vies des cérémonies bien trop pures
C’est pourquoi chaque mot dit ce qu’il est en plus :
Le dessein moi vers toi et de toi vers moi
bouche pleine de bruit
bouche ouverte et cette insomnie
bouche pleine de nuit
Réfléchi beaux-arts
Sculpture : adoration (des totems à la vierge marie)
Peinture : juste admiration
Giacoco
« Complétement détaché de ce moi auquel cela arrive »
/ Giacometti / 1963
L’un l’autre
Sans fusion
Ni mur
Pourquoi ?
Je le sais et je le nie,
Et niant, je fais totalement, tout le temps avec.`
Le Chien
Le Chien est assis
Il S’est assis
Il a mangé son pâté
Et s’est assis à côté de moi
Je me suis courbé
J’ai prié pour que ses pattes nuisent à la Terre
Entrevu dirigé par un soldat qui se fait devenir dieu
Et je n’ai jamais eu de complexe
A part quand j’avais les pattes de chien sales sur mes oreilles
Alors le docteur me les a enlevées
Il a été un saint ce jour-là
J’ai baisé sa fille
Pour lui prouver mon amour
J’ai construit de la cendre autour du pentacle où je l’ai adoré
Comme le Chien
J’ai mangé du pâté
Me suis retourné vers l’étendue blanche
Et j’ai écrit un poème
Le centre du poème est fume
Le pourtour du poème est fume
Le centre du poème est au centre du Chien
Je n’ai jamais voulu écrire
Mais j’ai écrit pour redevenir le premier Chien
Et la fille du docteur m’a ramené à l’asile
Les grands
Mon cœur bat trop vite – je prends un lexo –
Pourquoi le prendre si c’est pour étouffer ?
Au Peintre je vois un père et sa fille, de l’autre côté ;
Ce gars était au lycée avec moi
Qu’ai-je oublié pour ne pas avoir d’enfant moi ?
Que n’ai-je pas informer de ce qui fait ma jeunesse ?
La maladie ? Les toxiques ? Ou mon visage, tout simplement ?
(Pourquoi me suis-je courbé ? Puisque mon visage s’est tu…
Je dis : si mes os sont blancs, ma chair est fasciste : brune)
Demain ne sera pas – deuxième lexo –
J’ai perdu la partie, lassé de me branler sur xhamster.
J’ai du oublier je pense. Oublier la signifiance des beaux gestes…
Il discute avec sa fille. Elle ne doit pas avoir plus de six ans.
Si je fais un peu d’algèbre, je pense qu’elle naquit alors que ce gars avait 21 ans.
Et moi ? Et lui ? Et elle ?
- troisième lexo –