note
Il faut dire non pas quoi mais pourquoi
Réfléchi
« Rien n’a eu lieu que le lieu » / Mallarmé /
Le poème est retourné sur lui-même, il est néantisation à défaut de suicide, destruction absolu, acte absolu, il prend la forme d’un scepticisme poétique. Une annulation interne du poème. Un discontinu qui va et vient sans revenir avec sa négativité : « la rose absente de tout bouquet ». La rose est néant phrasé par le poème et le bouquet réceptacle insatiable de la mère que l’homme-Mallarmé admet comme forme originelle et amorphe. C’est l’Idée, c’est-à-dire ici la rose, qui manque puisque le Néant est l’unique solution au conflit du langage se parlant lui-même – le poème parlant du Poème.
note derrida
la vie est survie
Note psychotique
L’homme naît, le hasard avec. Sans l’homme il n’y a pas de hasard. Il n’y a qu’une suite de causes. Et donc, si on se suicide on rend à l’être sa pureté. La matière se retrouvera matière.
Le manque
Se doucher, se laver les dents, écouter le café se faire, allumer sa première clope.
Y a-t-il un concept pour comprendre tout cela ?
Court-métrage
45 PREMIÈRE SECONDES :
Au loin s’établissent
Des perfections
« Je vous donne deux heures »
on sait plus trop où se trouve le mot. Pas sûr les gens, de leurs tropismes.
Puis ça barge, ça coagule comme le réel. Ça
chuinte on ferme les yeux : les cils couchent ensemble
C’est ouvert, on y pénètre, la langue sur la ligne est ivre quand on a
peur.
Voilà ma chatte
j’suis pas un mec
/ temps /
cet os
ce vibrant dans ma chair.
loin d’elle j’ai sauté de moi jusqu’à l’aube.
(y aurait-il des formes ?
non qu’elles soient niées et pourtant
arbre et arbre).
Vos fusils avec minutie mais le réel
non qu’ils soient niés et jamais
que seul ce cœur
cette imagination
en collages
et j’imagine que tu aimes pourtant
cet os
ce collé dans ma chair.
se retire mais est-il perpétuel
une fois le poème une fois le tir
une fois l’élégance c’est
décrire
mais encore ?
mais rien, un faible vent.
SCÈNE DU DRONE PUIS DE MARJOLAINE JUSQU’À CE QUE LEMAIRE RENTRE EN APPELANT AU THÉ
et c’est là précisément
là dans là
le coin du là
ton refus des peuples
j’arrache une dent à ton sexe
dans l’angle
des mots crachent éructent jettent du sel
aux yeux de l’assassin
des exactement
des presque-là
rien de sinueux faire sinon toucher l’os derrière ta nuque
ce sens brut de ta nuque un poisson
qui brûle
des collages d’aliments dans mon oreille contemporaine
ta bouche une table
j’y mets alcool et couverts
puis nous mangeons l’infamie
la pierre
et son espace
le boucher a une idée qui lui échappe
alors qu’elle le creuse
le boucher te veut te tease te cogne jusqu’à la juste mesure
et l’on sait que l’on accède à l’indépendance par le rythme
diriger puis scier construire dans le champ vide
un ciel se vide
descend la violente remarque des mots tels que
thé, Marjolaine, assassin
que je te rends pour que tu me regardes
encore une fois
dans le là de la crevaison de l’être
qui se distribue par son souffle
dans les moments accordés soufflés à l’oreille du boucher
dans l’il y a primordial
le là de toute chose
Le vers
S’il y a folie
Il y a rougenoir
S’il y a démence
Il y a ingestion
S’il y a défécation
Il y a eu trou
Un ver fume une cigarette
Un poème
Je songe à la qualité, la quantité, la densité, la longueur, l’élasticité…
Je songe à un poème…
La linguistique
Je lis Julia Kristeva. Je lis Roland Barthes. Je lis Bakhtine. Je lis Jakobson. Je lis Benveniste. Je lis Troubetzkoy. Je lis Martinet. Je lis Perrot.
Mais je ne comprends toujours foutrement rien à la linguistique.
On est tous un peu des Marc Levy
J’ai du mal à respirer. Mon thorax se comprime. Mes poumons s’amenuisent. La vie est perdue.
Pourtant il reste l’air qui passe par le cœur, celui-là n’est pas matériel. N’a pas besoin de ma physiologie.
Il me maintient à un niveau d’accessibilité poétique.
Je suis Marc Levy.
Non je suis Antonin Veyrac : je brûle tête, je fais des coups du lapin poétique, j’arrache les crocs des lions. Tout ça pour écrire des poèmes avec les résidus d’animaux.
Un voisin est venu me donner son caca dans un sac plastique vers 6h30.
Au début je n’ai pas compris, j’ai examiné l’étron. Puis tout à coup la coulée de merde m’a fait rendre compte d’une chose.
Que malgré tout, on est tous un peu des Marc Levy.