A peu près Apopo
le corps hélas n’a pas l’éternité
il a la fonction de jouir
mais il n’a pas l’amour
THEATRE, POESIE, IMAGES
le maître, dis :
tu n’as pas ?
où se rencontrer pour répondre –
Dans la plus grande lueur de vérité. Il lui
parle de médica
ments, de rendez-vous
avec ce que je veux,
ça ressemble à de la soupe
Je crache pas, j’invente
le maître, dis :
tu veux pas m’acheter ce que je veux
faire un mouve
ment de bras. accompagner les ondulations
sortir un peu du
peu.
Un tutu pédophile / Dis, hé, dis ; tu veux pas me rens’
saignée de cheveux le petit pied en pointe
une photo du pied de France
dans le salon où imaginer est mentir.
quelque chose se prive de l’espace qu’il avait acquit par la violence
pas
la viol’
ence. Non, je vous en supplie.
Ca shlingue dans l’estuaire. C’est un drame qui va nouer la corde
à des dents.
C’est le maître
qui ne veut plus apprendre à
celui qui sait encore
un peu
plus.
Il fait sombre, le plateau est par terre. Un sein se forme dans une connexion quelconque
Il fait sombre le maître n’a plus d’oreille. Une muqueuse se décompose
dans l’histoire d’une folie
la fleur recouverte
peut-être par la foi
la croyance
peut-être par le poème
Alors, dans l’espace balayé par le radar
un tutu, il dit.
RÉFLÉCHI CHIANT : LYRISME ET FICTION
La poésie contemporaine s’applique, par divers registres qui vont du néo-formalisme tarkossien à l’expression instantanée du présent qui se meut par et pour la conscience de l’instant ; mais pas du temps, ou en tout cas d’un travail à son encontre d’un Guillevic, à dématérialiser le pathétique du Moi. Le Moi qui se conscientise dans la forme grammaticale et poétique bien connu du Je. On sait que le lyrisme parcourt l’expérience poétique de toute part, dans le temps et dans l’espace du poème. Voyez l’expression, le ton d’un Vigny, d’un Lamartine ou d’un Hugo ; expression qui s’incarne le plus profondément et le plus véritablement (c’est à dire qui en a la conscience et le pouvoir d’accomplir le désir lyrique) dans le romantisme. Les contemporains ne se réclamant pas du lyrisme l’abhorrent par déconstruction plutôt que par instinct de rébellion contre l’ordre établi de la poésie romantique. Pennequin par exemple s’appliquera à utiliser le quelque chose plutôt que l’objet défini et donc perceptible à l’expérience subjective du Je pour et dans le vers. Il faut noter que le lyrisme a généré une immensité de recours au sujet disant : dans le surréalisme Eluard ou le Aragon du Fou d’Elsa applique consciencieusement la dialectique du rapport entre sujet lyrique et objet amoureux, qui ne peut s’exprimer (pour lui) que dans un excèdent du simple poème, c’est à dire la mise en danger de soi dans la première syllabe du syntagme « je suis à toi ». Pour le surréalisme il ne peut exister que de poésie du Je qui noue l’abstraction de la conscience de son propre poème à la construction consciente et palpable du Moi ivre des méandres du Moi non-encore perçu comme Moi.
Le multiple, le désincarné par une unité qui transcende le foisonnement de point de vue peut s’exprimer dans la poésie symboliste, ainsi, on note qu’un Rimbaud décrit la condition d’un garçon de dix-sept ans, par le on. Il est évident que le on s’inscrit dans une négation du point de vue, et, applique à la forme lyrique sa désincarnation, son dilluement dans la multiplicité existentielles que Rimbaud connaît dans sa vie. Je n’est pas on mais il le décrit comme un courant qui passe entre le poète et sa représentation fantasmatique. Il vit dans le fantasme des bocks de limonade, il vit par la désincarnation de son personnage : c’est le le qui précède le vent plutôt que l’absorption poétique de la figure de la brise va sur le je. Le réel est décrit par l’imaginaire : l’irréel. On avance dans la poétisation de l’indéterminé par la subjectivité existentielle du jeune Rimbaud. Pour autant, ce jeune Rimbaud existe, architecte du plan construit pour le lecteur, pour qu’il s’y mêle et qu’il s’identifie au je de Rimbaud. Il désincarne pour s’incarner dans chaque lecteur. Le fictif (du on, du ce) se réalise dans la conversation avec le lecteur qui ne peut plus qu’incarner, vivre le poème, comme s’il était lui-même un jeune garçon du 19ème siècle, un Rimbaud qui s’évade, qui lutte et cri d’épouvante.
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Le regard s’abîme
dans le ciel sans cicatrices
Les mêmes personnages attendent
le répit d’un nuage
Bruit d’hiver, large cerceuil ;
gisant
le ciel se laisse écouter
Un rayon raciste
emmêle l’or
à une statue :
elle produit des Feuillet d’Hypnos ;
Et elle me voit,
regarder
abîmé par la pluie :
l’alcool
RÉFLÉCHI POÉTIQUE
Délié de l’image Antonin s’anime plus. Il lui est plus simple de comprendre le mot. Il est plus simple le mot lorsqu’il est dérangé de sa place en mouvement : sa connexion entre son et image. Antonin est heureux lorsqu’il écrit autre part que dans l’espace de signes communs. C’est probable que je ne sois qu’un con.
Antonin écrit pour se délier. Mais c’est compliqué. D’abord il faut lire, voir un espace, un champ de signes. L’habitude permet de fair naître une relation à l’objet qui est absorption du signifié et mise en écho du signifiant. Alors, Antonin au fil de l’écriture écrit quelque chose de digéré. Quelque chose qui n’appartient qu’à lui ; mais ce quelque chose est noué, comme adossé à d’autres réseaux de signes, et lié à des substances elles même intérieures de plans. Il se crée un équilibre qui est la poésie : Antonin est heureux.
figure éclatée ; cuivre aux joues
lorsqu’il la régurgite.
la mer intérieure est amer
relation au même ; veut dire création d’œufs
Il dit oui à sa propre mastication
de terreurs en petits pots :
chasse lumineuse ; éloignement de terre
presqu’au bord
tous les panneaux sont suicidaires.
--
il est allongé, voit un sein dans une balle. le roi l’attend. aime.
retiré du plastique, il croit.
la mystique éclaire ;
l’effondrement aussi.
Il n’est que l’application du théorème
--
enfermé dans l’air, un bouquet s’excuse
en se ramassant la gueule
Faut-il que je m’excuse ?
Je ne serai jamais qu’une pliure de mains
les prières ont une sale gueule
sont cannibales
Les torches sonnent une masse
Le dealer
Le cœur de la cocaïne comme un film lent
Se sert de l’iris noir en la décomposant
Une miette de ciel, comme irréelle, s’allonge là-bas
Derrière la maison vide quelqu’un passe : un tala
Plus que la pierre qu’il porte c’est la sale pluie
Qui va, profonde, sur le poteau de la haine
Me regarder dilater des mots dans sa nuit.
Marchand des profondeurs, souriez votre Seine
Note
L'Histoire est la fatalité de la perspective
EBAUCHE DE CHANSON
Dans ma chambre c’est moisi. C’est de la matière moisi c’est bleu. C’est bleu il est où le jeu d’échec ? Il est pas là, il se cache dans tes frontières. C’est toujours triste ça. C’est toujours elle. Elle dit. Et c’est bleu ça se consume dans la vitre. Imagine toi dans un squelette. Le tapis tala la lampe ikéa. Ca sent le moisi. Ca sent le savon. C’est pluriel c’est tout noir c’est bleu. C’est bleu et beau et vivant. Regarde toi par la fenêtre en bas le gazon de ta mère. Bleu le ciel. Bleu l’abeille. C’est niqué c’est tout pédé. Imagine toi dans un squelette. A l’époque des petits squelettes tu parles l’ancien grec tu dis des mots magiquement bêtes – tu es un squelette dans dans la moisissure bleue ça à mal fini les 34% d’écart. Le risque c’est femme j’en ai pris plein la gueule elle dit elle en a pris plein la gueule elle reste dans sa chambre elle a été défouraillée par des renois elle sait pas dire. Elle sait pas coller avec la moquette elle colle la moquette à ses yeux écumes et ça vibre. Ca vibre. Ca vibre dans son squelette. Dans ma chambre c’est moisi qu’elle dit c’est moisi de lumière.
(… ?)
Un tatouage au fond des yeux, il joue aux échecs elle en a pris plein le cul. Elle est belle lointaine. Une vitre posée dans les yeux elle joue aux échecs avec le petit garçon elle prend pas garde.
Dans ma chambre c’est moisi méticuleusement moisi par le verbe être. Ça vibre le risque d’une femme ça vibre les testicules des arbres bleus. Le matin une tartine de caca le midi une tartine de caca le soir une tartine de caca. Elle bouffe que tu sais plus où ça tient le risque d’écrire ça la déchéance d’une femme moyennement laide. Une malchance pour le gardien de but.
APRÈS AVOIR LU « L’AMATEUR DE POÈMES » DE VALÉRY - RÉFLÉCHI SUR MA POÉSIE
SI je regarde le trou, le puits idéal où je vois la parole scintiller (n’est-ce pas dans le puits qu’on voit les étoiles ?), alors je me noie sans y être tombé. J’accepte l’indifférence des pierres qui font les contours sémantiques – il faut bien… Mais, et je suis en cela esthète, la moelle érotique et vaginale de la construction déjà dépecée me donne une force et une conviction morale quant à la liberté (écrire et liberté sont intrinsèquement lié).
MAIS je n’ai pas tous les jours l’envie d’exacerber la danse volcanique, la pure et parfaite éruption s’entremêlant à l’eau (cyprine de bon goût) pour se rigidifier comiquement, ludiquement. Je préfère parfois faire parler l’absent ; ou plus concrètement lâcher au moins une bride du continent noir. Non pas que je sois dans ces moments (du reste trop rares et peu productifs) un oiseau de passage dans la pensée, mais un marcheur solitaire sur des terres froides et trop pliées pour vraiment dire.
UN poème n’est qu’un produit, il s’accapare un site éventuel, qu’il ramène à la concrétude et éloigne la pensée. Site véritablement livré à lui-même dans le chaos : il se meut par multiples superposés, par plateaux, par désirs (suivant sa fonction, sa fin)
JE m’abandonne alors à l’adorable allure : extirper de la chose pour la foutre dans mes mains. De la merveille, de la boue (c’est pareil) s’accapare le site que j’ai investi pour me déplacer, ceci perpétuellement. Je laisse le poème être un risque, un risque pour ma santé, un risque pour mon esprit.
MÛ par l’écriture fatale, j’imagine (lorsque je suis enclin à écrire) que rien n’est mêlé et que tout est une verticalité sans faille ni clinamen. Le puits donc… Le pluie, la puissante, l’écho d’un raisonnement, contre le schème poétique (le mien évidemment), contre tout ce qui a de mou, molletonné, finalement tout ce qui ne laisse pas un poète être poète ou l’inverse.
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et donc, cette photo qui éternue encore,
quand même la peau qui se sait ne répond rien
quand même lorsqu’on égorge l’enfant
et bien, il refait la photo avec son sang,
pour faire chier
pour faire chier
un nombre
un nombre toujours pensant
et lui, de toujours dire, (toujours) :
« j’envoies à l’adresse homme@gmail.com que ça coince, que ça arrive encore aux mots de se coincer dans les dents qui consentent à garder coincer ce qui ne veut pas consentir »