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A peu près Apopo

21 Mai 2018

le corps hélas n’a pas l’éternité

il a la fonction de jouir

mais il n’a pas l’amour

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THEATRE, POESIE, IMAGES

19 Mai 2018

 

                                               le maître, dis :

                                                          tu n’as pas ?

                                      où se rencontrer pour répondre –

 

 

Dans la plus grande lueur de vérité. Il lui

                                                  parle de médica

            ments, de rendez-vous

                       avec ce que je veux,

                                                              ça ressemble à de la soupe

 

                                               Je crache pas, j’invente

 

                       le maître, dis :

tu veux pas m’acheter ce que je veux

                                  faire un mouve

            ment de bras.                                              accompagner les ondulations

                                                                        sortir un peu du

                                              

 

                                   peu.

 

                                                                                 

 

 

            Un tutu pédophile / Dis, hé, dis ; tu veux pas me rens’

saignée de cheveux             le petit pied en pointe

                       une photo du pied de France

 

dans le salon où imaginer est mentir.

 

                       quelque chose se prive de l’espace qu’il avait acquit par la violence

 

                                                                      pas

                                                                    la viol’

            ence. Non, je vous en supplie.

                        Ca shlingue dans l’estuaire. C’est un drame qui va nouer la corde

                                   à des dents.

                                                          C’est le maître

                                               qui ne veut plus apprendre à

                                                            celui qui sait encore

                                  

 

 

                                                                                    un peu

 

 

                                   plus.

 

 

Il fait sombre, le plateau est par terre. Un sein se forme dans une connexion quelconque

Il fait sombre le maître n’a plus d’oreille. Une muqueuse se décompose

dans l’histoire d’une folie

 

                                   la fleur recouverte

peut-être par la foi

la croyance

                       peut-être par le poème

 

 

 

Alors, dans l’espace balayé par le radar

un tutu, il dit.

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RÉFLÉCHI CHIANT : LYRISME ET FICTION

19 Mai 2018

La poésie contemporaine s’applique, par divers registres qui vont du néo-formalisme tarkossien à l’expression instantanée du présent qui se meut par et pour la conscience de l’instant ; mais pas du temps, ou en tout cas d’un travail à son encontre d’un Guillevic,  à dématérialiser le pathétique du Moi. Le Moi qui se conscientise dans la forme grammaticale et poétique bien connu du Je. On sait que le lyrisme parcourt l’expérience poétique de toute part, dans le temps et dans l’espace du poème. Voyez l’expression, le ton d’un Vigny, d’un Lamartine ou d’un Hugo ; expression qui s’incarne le plus profondément et le plus véritablement (c’est à dire qui en a la conscience et le pouvoir d’accomplir le désir lyrique) dans le romantisme. Les contemporains ne se réclamant pas du lyrisme l’abhorrent par déconstruction plutôt que par instinct de rébellion contre l’ordre établi de la poésie romantique. Pennequin par exemple s’appliquera à utiliser le quelque chose plutôt que l’objet défini et donc perceptible à l’expérience subjective du Je pour et dans le vers. Il faut noter que le lyrisme a généré une immensité de recours au sujet disant : dans le surréalisme Eluard ou le Aragon du Fou d’Elsa applique consciencieusement la dialectique du rapport entre sujet lyrique et objet amoureux, qui ne peut s’exprimer (pour lui) que dans un excèdent du simple poème, c’est à dire la mise en danger de soi dans la première syllabe du syntagme « je suis à toi ».  Pour le surréalisme il ne peut exister que de poésie du Je qui noue l’abstraction de la conscience de son propre poème à la construction consciente et palpable du Moi ivre des méandres du Moi non-encore perçu comme Moi.          

Le multiple, le désincarné par une unité qui transcende le foisonnement de point de vue peut s’exprimer dans la poésie symboliste, ainsi, on note qu’un Rimbaud décrit la condition d’un garçon de dix-sept ans, par le on. Il est évident que le on s’inscrit dans une négation du point de vue, et, applique à la forme lyrique sa désincarnation, son dilluement dans la multiplicité existentielles que Rimbaud connaît dans sa vie. Je n’est pas on mais il le décrit comme un courant qui passe entre le poète et sa représentation fantasmatique. Il vit dans le fantasme des bocks de limonade, il vit par la désincarnation de son personnage : c’est le le qui précède le vent plutôt que l’absorption poétique de la figure de la brise va sur le je. Le réel est décrit par l’imaginaire : l’irréel. On avance dans la poétisation de l’indéterminé par la subjectivité existentielle du jeune Rimbaud. Pour autant, ce jeune Rimbaud existe, architecte du plan construit pour le lecteur, pour qu’il s’y mêle et qu’il s’identifie au je de Rimbaud. Il désincarne pour s’incarner dans chaque lecteur. Le fictif (du on, du ce) se réalise dans la conversation avec le lecteur qui ne peut plus qu’incarner, vivre le poème, comme s’il était lui-même un jeune garçon du 19ème siècle, un Rimbaud qui s’évade, qui lutte et cri d’épouvante.

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19 Mai 2018

Le regard s’abîme

dans le ciel sans cicatrices

 

Les mêmes personnages attendent

le répit d’un nuage

 

Bruit d’hiver, large cerceuil ;

gisant

le ciel se laisse écouter

 

Un rayon raciste

emmêle l’or

à une statue :

elle produit des Feuillet d’Hypnos ;

 

Et elle me voit,

regarder

abîmé par la pluie :

l’alcool

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RÉFLÉCHI POÉTIQUE

19 Mai 2018

 

Délié de l’image Antonin s’anime plus. Il lui est plus simple de comprendre le mot. Il est plus simple le mot lorsqu’il est dérangé de sa place en mouvement : sa connexion entre son et image. Antonin est heureux lorsqu’il écrit autre part que dans l’espace de signes communs. C’est probable que je ne sois qu’un con.

Antonin écrit pour se délier. Mais c’est compliqué. D’abord il faut lire, voir un espace, un champ de signes. L’habitude permet de fair naître une relation à l’objet qui est absorption du signifié et mise en écho du signifiant. Alors, Antonin au fil de l’écriture écrit quelque chose de digéré. Quelque chose qui n’appartient qu’à lui ; mais ce quelque chose est noué, comme adossé à d’autres réseaux de signes, et lié à des substances elles même intérieures de plans. Il se crée un équilibre qui est la poésie : Antonin est heureux.

 

                                    figure éclatée ; cuivre aux joues

                                                lorsqu’il la régurgite.

                                                   la mer intérieure est amer

                                    relation au même ; veut dire création d’œufs

                                                    Il dit oui à sa propre mastication

                                          de terreurs en petits pots :

                       

                        chasse lumineuse ; éloignement de terre

                                                                           presqu’au bord

 

 

 

                                                            tous les panneaux sont suicidaires.

 

                                                                       

 

                                                            --

 

 

 

il est allongé, voit un sein dans une balle. le roi l’attend. aime.

retiré du plastique, il croit.

 

la mystique éclaire ;

l’effondrement aussi.

 

Il n’est que l’application du théorème

 

                                                            --

 

 

enfermé dans l’air, un bouquet s’excuse

en se ramassant la gueule

 

Faut-il que je m’excuse ?

Je ne serai jamais qu’une pliure de mains

 

les prières ont une sale gueule

sont cannibales

 

            Les torches sonnent une masse

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Le dealer

19 Mai 2018

Le cœur de la cocaïne comme un film lent

Se sert de l’iris noir en la décomposant

Une miette de ciel, comme irréelle, s’allonge là-bas

Derrière la maison vide quelqu’un passe : un tala

 

Plus que la pierre qu’il porte c’est la sale pluie

Qui va, profonde, sur le poteau de la haine

Me regarder dilater des mots dans sa nuit.

Marchand des profondeurs, souriez votre Seine

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Note

19 Mai 2018

L'Histoire est la fatalité de la perspective

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EBAUCHE DE CHANSON

19 Mai 2018

Dans ma chambre c’est moisi. C’est de la matière moisi c’est bleu. C’est bleu il est où le jeu d’échec ? Il est pas là, il se cache dans tes frontières. C’est toujours triste ça. C’est toujours elle. Elle dit. Et c’est bleu ça se consume dans la vitre. Imagine toi dans un squelette. Le tapis tala la lampe ikéa. Ca sent le moisi. Ca sent le savon. C’est pluriel c’est tout noir c’est bleu. C’est bleu et beau et vivant. Regarde toi par la fenêtre en bas le gazon de ta mère. Bleu le ciel. Bleu l’abeille. C’est niqué c’est tout pédé. Imagine toi dans un squelette. A l’époque des petits squelettes tu parles l’ancien grec tu dis des mots magiquement bêtes – tu es un squelette dans dans la moisissure bleue ça à mal fini les 34% d’écart. Le risque c’est femme j’en ai pris plein la gueule elle dit elle en a pris plein la gueule elle reste dans sa chambre elle a été défouraillée par des renois elle sait pas dire. Elle sait pas coller avec la moquette elle colle la moquette à ses yeux écumes et ça vibre. Ca vibre. Ca vibre dans son squelette. Dans ma chambre c’est moisi qu’elle dit c’est moisi de lumière.

 

(… ?)

 

Un tatouage au fond des yeux, il joue aux échecs elle en a pris plein le cul. Elle est belle lointaine. Une vitre posée dans les yeux elle joue aux échecs avec le petit garçon elle prend pas garde.

 

Dans ma chambre c’est moisi méticuleusement moisi par le verbe être. Ça vibre le risque d’une femme ça vibre les testicules des arbres bleus. Le matin une tartine de caca le midi une tartine de caca le soir une tartine de caca. Elle bouffe que tu sais plus où ça tient le risque d’écrire ça la déchéance d’une femme moyennement laide. Une malchance pour le gardien de but.

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APRÈS AVOIR LU « L’AMATEUR DE POÈMES » DE VALÉRY - RÉFLÉCHI SUR MA POÉSIE

19 Mai 2018

SI je regarde le trou, le puits idéal où je vois la parole scintiller (n’est-ce pas dans le puits qu’on voit les étoiles ?), alors je me noie sans y être tombé. J’accepte l’indifférence des pierres qui font les contours sémantiques – il faut bien… Mais, et je suis en cela esthète, la moelle érotique et vaginale de la construction déjà dépecée me donne une force et une conviction morale quant à la liberté (écrire et liberté sont intrinsèquement lié).

 

MAIS je n’ai pas tous les jours l’envie d’exacerber la danse volcanique, la pure et parfaite éruption s’entremêlant à l’eau (cyprine de bon goût) pour se rigidifier comiquement, ludiquement. Je préfère parfois faire parler l’absent ; ou plus concrètement lâcher au moins une bride du continent noir. Non pas que je sois dans ces moments (du reste trop rares et peu productifs) un oiseau de passage dans la pensée, mais un marcheur solitaire sur des terres froides et trop pliées pour vraiment dire.

 

UN poème n’est qu’un produit, il s’accapare un site éventuel, qu’il ramène à la concrétude et éloigne la pensée. Site véritablement livré à lui-même dans le chaos : il se meut par multiples superposés, par plateaux, par désirs (suivant sa fonction, sa fin)

 

JE m’abandonne alors à l’adorable allure : extirper de la chose pour la foutre dans mes mains. De la merveille, de la boue (c’est pareil) s’accapare le site que j’ai investi pour me déplacer, ceci perpétuellement. Je laisse le poème être un risque, un risque pour ma santé, un risque pour mon esprit.

 

MÛ par l’écriture fatale, j’imagine (lorsque je suis enclin à écrire) que rien n’est mêlé et que tout est une verticalité sans faille ni clinamen. Le puits donc… Le pluie, la puissante, l’écho d’un raisonnement, contre le schème poétique (le mien évidemment), contre tout ce qui a de mou, molletonné, finalement tout ce qui ne laisse pas un poète être poète ou l’inverse.

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17 Mai 2018

et donc, cette photo qui éternue encore,

quand même la peau qui se sait ne répond rien

quand même lorsqu’on égorge l’enfant

et bien, il refait la photo avec son sang,

pour faire chier

pour faire chier

un nombre

un nombre toujours pensant

          

et lui, de toujours dire, (toujours) :

 

« j’envoies à l’adresse homme@gmail.com que ça coince, que ça arrive encore aux mots de se coincer dans les dents qui consentent à garder coincer ce qui ne veut pas consentir »

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