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l’agriculture pour nourrir le monde
la poésie pour nourrir les morts
L'oeil
Je fais trembler la terre
pour que l’œuf divin
que je le couve que
l’œil divin… l’œuf
je veux dire l’œuf
quand l’œil di.. merde
l’œuf je le couvrirai
je n’ai pas peur
et je n’ai pas froid
Pastiche Guillevic
Qui frappe là dehors
À la fenêtre ?
Ce n’est rien
C’est toi
Mais moi,
Je suis dans mon lit
Et j’ai sommeil
Je ne veux pas parler
Ou, pareillement
Mettre en jeu ce désir
Je veux que la nuit parte
Par moi
Qu’elle me traverse
De l’intérieur
Simplement
Discrétement
Je veux abolir une partie de la vérité
Et que la paroi ne laisse rien passer
Je veux
Que le matin soit plus confortable
Après la nuit
Comprends-tu ?
Le comprends-tu ?
Je ne comprends pas,
Laisse le entrer
La nuit est ouverte
Et celui-là
Qui frappe à la fenêtre
C’est moi
À l’écart de toi-même
Il veut parler
Moi je ne veux rien
Lui,
Il veut
Il continue
À frapper,
Il continue
Ouvre lui
(Quelque chosse glisse sur son corps)
Ouvre lui
(Il ne veut plus d’une écume des nuits)
(Elle descend
Du lit
Et ouvre
Cette porte)
(En la regardant -
murmurant…)
Je te regarde dans les yeux
Ce qui ne veut pas
Ce qui ne veut plus
Tu es la syntaxe exacte
Tuer est un trou
Affirme quelqu’un
Mourir est une évsasion
Affirme l’autre
Mais,
Qui voudrait ?
Qui voudrait ?
Le sonnet de papa
Lorsque j’avais 11 ans mon père m’a enfermé à clé dans ma chambre en me criant dessus que je ne sortirais pas sans avoir écrit un sonnet valable.
Je ne suis toujours pas sorti de la chambre.
Réfléchi poétique : Rainer Maria Rilke à Paris
Il n’y a qu’une voie pour la fin du 19ème, celle qui passe par Rodin et Cézanne.
Si la Terreur de Paris développe en Rilke le geste pur, comme la caresse d’Auguste en son métier immense qui parachève la terre meuble et invisible de la Nature.
Ou ce malgré lui cruel geste tout latent porté à son comble du bout des doigts humides tenant le sexe courbé imitant le mythe que la montagne Sainte-Victoire sert en son cœur battant.
Il n’y a que le rien qui est tout à faire durcir.
Traduction d’une étoile, forme invisible, ou archéologie de la couleur sans parole. Remise à sac du terreau trop lent pour être compris, trop furtif et véloce pour être oublié… Joie draguée par le génie d’apposer l’infini coloris bleu enserrant l’objet, le galvanisant, le durcissant comme l’Un des philosophes qui soutiennent toute l’entreprise impossible et pourtant nécessaire au déroulement des choses magiques et matérielles.
Bien qu’un jour le terrestre ne saura plus qui a dit quoi et pour quelle raison ce fut dit, absorbé, versifié, il faut donc convenir que la vie n’imite pas assez bien l’art.
C’est pourquoi la souffrance est nécessaire, unique, pourtant faute poétique puisque manque elle est soustraite de la Chose. Car elle touche et comprend Rilke comme une pierre comprend l’eau qui la poli avec tendresse et cependant donne à la pierre conscience d’être ce qui fera l’or ; élaborant comme sournoisement la relation à la vie impossible, chaste, contradictoire, folle ;
en vers ça donne :
et s’il n’était que le réel
qui dirait : « qui est moi ? »
bouchant l’évier à tout jamais
le regard n’est pas dans les yeux
la beauté est dans le regard et non dans la chose vu
la magie est dans la Mère non dans la voix de son Fils
un mort dans la chemise
de papier kraft
il reçoit les premières foules du monde
un recueil
un item seulement
seulement je me suis trompé
j’ai cru parler
j’ai cru retenir
maman on s’est trompé
j’ai cru souffrir et écrire Rainer Maria Rilke
en frontispice du poème
il existe du présent
n’en doute
pas
persuade-t-en
maman il nous reste que cela
maman on s’est trompé
alors,
alors on parlera de Lénine
on ira au musée d’Orsay pétrir, voler le catalogue
on rattrapera les mains du peintres perdues dans la mémoire
De l’été
On montera la porte fumante de n’avoir jamais été ouverte
On y collera des bouts de rien
et avec ça on s’en félicitera
(Existe-t-il une balance à Aubervilliers ?
Si oui a-t-elle déjà chanté ?...
Le nombre zéro
La mort
L’expérience de la magie s’en fout
Il faut juste peser
Et écrire
Puis repeser
Et mourir
d’en avoir trop dit)
TEXTE (CIR)CONCIS
Cela faisait maintenant longtemps qu’il était allongé au bord de la mer. Le bruissement délicat de l’eau contre les galets le plongeait dans un doux demi-sommeil et l’idée de pénétration utérine exaltait ses rêveries à peine commencées, à peine finies que d’autres faisaient irruptions. Le vent s’ajoutait à cette perception du plein de réel lié avec douceur à l’imaginaire sexualisé. Il attendait que l’eau monte sans l’attendre car ses rêves fugitifs ne savaient saisir le plaisir d’une montée, mais, il l’attendait quand même comme il avait attendu le matin même que la cyprine monte des cols pour que son sexe rigide rentre doucement à l’endroit de l’anarchie rêvée. Il existait maintenant autour de lui plusieurs choses : son intimité avec le sable doux comme de la chair, son ouïe attentive au temps qui passait entre les cris et l’évidence de son érection. L’homme se leva, son dos avait brûlé et était maintenant ivre des rayons de fumée rouge. Son corps tout entier se dressa, rouge comme un gland, sur la plage où au moins mille femmes étaient à même de se faire troncher.
Le dîner fut merveilleusement bon car ardemment désiré. Europe et Isilde s’étaient régalées et l’homme percevait au dessert, dans leurs yeux, un désir incroyablement chaud pour la personne triangulaire qu’ils formaient tout trois. L’homme pris la main d’Europe, lui caressa avec son annulaire le creux de sa paume, doucement comme pour réveiller un peu plus le dragon fendu. Il la senti se plier et accepter encore une fois. Il se tourna vers Isilde qui n’avait rien vu à la scène et lui montra le couteau qui lui avait servi à manger ; elle comprit tout de suite : elle le nettoya avec sa langue puis fit mine de se le mettre… L’homme, après ce rituel qui avait eu lieu au moins mille fois se leva et rejoignit sa chambre. Sur le lit, un sachet de beuh l’attendait, le lobby-boy n’avait pas fait que de se faire enculer… Il était aussi adroit dans la distribution du plaisir…
La serrure recelait bien peu de mystère pour lui, la serrure était comme sa connaissance du sacrifice original.
De la plage, les paroles de la mer était discordantes, il se réveilla, sourit béatement devant l’immensité de tout ceci. Il ne mesurait que 1m37 et se rappela que son anniversaire de ses 12 ans était pour ce soir.
PASTICHE DE PRESERVATIF BUCAL DE DANIEL CABANIS (NIOQUES12) – MON FILS M'ÉCRIT DANS 30 ANS
Entre nous soit dit, ton éducation de larve qui ne peut accepter moindre frustration me débécte et m’as toujours débecté. Tu me l’as répété maintes fois que tu n’étais qu’un petit enfant qui a réussi à exister que par ce que d’autres gens le permettait ! Comme Emmanuelle ou papy. Oui tu me l’as dit comme si me parler de toi aller me permettre de t’aimer, mais jamais, non jamais papa je ne t’aimerai, tellement tu as été indifférent à la moindre de mes performance. Car dans ton petit monde rempli à ras-bord de tes petits moi recroquevillés et pathétiques tu ne pouvais accepter qu’être une chose, un christ qui souffre et un christ que l’on devait aduler. Tu ne pouvais permettre que l’on aille à l’encontre de ton plaisir, ton cœur tellement pourri gâté que tu ne pouvais même pas accepter que ta chair, le produit de ton sperme perverti puisse pénétrer ta petite église de village tellement laide mais que tu tenais en si haute estime. Ces « autres gens » ces autres gens tu les as bien manipulé avec ton petit ego merdique et ton incapacité congénitale à admettre que tu ne vivais qu’à l’intérieur de sentiments qui ne t’étaient pas propre et aussi juste que par le représenté que tu nous as donné. Tu n’es rien par toi même et en ça tu es détestable, tu n’es rien et ne sera jamais rien, toi, pauvre petite chose manipulatrice et tordu. Tu ne m’a rien appris sinon la lâcheté, la pauvreté d’âme et d’actions quelles soient-elles. Non papa ou devrais-je t’appeler père plutôt, si étrange que tu as pu être à ta propre chair, tes propres enfants. Je t’appellerai même plutôt Antonin, défini mais distancié, voilà ce que tu as toujours été. Défini par ta propre mythologie de pacotille. Et distancié par tout les moyens que tu pouvais le cacher à maman, tu ne nous a jamais aimé sinon pour être tes adorateurs. Ah… Je devais être sale je suppose, malpropre à pouvoir t’aider ou te révérer d’une quelconque manière. Je te hais comme je hais les gens qui m’ont fait du mal. Et qu’est-ce que tu m’en as fait du mal, avec ta fausse honnêteté, honnêteté que tu croyais avoir puisé chez papy, cette fausse honnêteté avec moi, ce faux « amour honnête » et ton « respect pour tes enfants ». Ah ! Ce respect, alors que tu épiais chacun de mes mouvements vers ce qui me permettait de m’émanciper un tant soit peu de toi, ce respect qui n’était qu’une façade pour l’histoire que tu te faisais de toi même et de ton rapport complétement taré, délirant, aux gens. Dans ton petit cerveau pourri tu hais tout ce qui n’est pas toi, même un tant soi peu à savoir moi, ton fils. Je te hais Antonin, je te hais par ce que je ne pourrais jamais t’aider.
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Aujourd’hui comme hier, comme demain aussi je n’ai toujours pas vomi. Malformé, dans la loge de la pendule, qui ondule dans les creux, je n’ai pas vomi. Et si j’avançais d’un mètre dans le silence, peut-être que je verrais, peut-être que je ne verrais pas. Peut-être que l’espace du silence est habité, habitué à ne plus s’émouvoir. Pas de traces de vomi pour lui, certainement l’heure de l’os.
Il ne s’est pas assis. Il ne s’est pas assis pour ne pas avoir à se lever. Il touche une sphère plate et le squelette s’éloigne. Il. Il a aux quatre coins de sa géographie et puis l’azur l’azur. Il vomit. Il est celui qui a chanté. Il. Malformé est un étui pour la mort. Il vomit en silence : la terre ne pourrait pas lui jeter de virgule.
Tu n’es pas la chair. La chair ne se fait pas en toi, tu ne fais pas la chair par-ce-que la chair c’est toi. L’enfin. Vous, n’est pas vrai. Vrai est plus-que-ça. Le contraire c’est les abdiqués. Le résistant à la neige, formule le malformé, et, malformé s’imagine avoir une glotte. Et la glotte n’aime pas le vomi. Et le vomi, s’il éteignait la lampe, ne serait pas le vomi.
Aujourd’hui comme hier, comme demain aussi, vous n’avez toujours pas vomi. Il est le squelette dans le silence du cimetière. Un monticule de terre recouvre ses désirs. Vous formez, chacun de vous, par grain organisé, le monticule. Monticule est arrangement entre les vivants. Et vous formez, en bataillon, le dernier chant. celui qui n’a plus qu’une île sait, il sait bien, alors il invente. Il brave l’interdit de pénétrer la mer. Angoisse
premier lieu, premier bâillement des portes. C’est la loge de la pendule des heures qui écrit encore, s’il faut exister.
J’ai gratté sans vie, mais j’ai gratté quand même.
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Si l’humanité entière a réussi à penser pourquoi n’y arriverais-je pas ?
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ceuillez là, je vous tends
mes branches allez-y ceuillez
ce qui me reste
après la dosette blanche
mon corps en est empli
ampli nom de sono : ContreDalle
ceuillez-la ceuillez tous
puisque qu’en poète je n’ai jamais été autre qu’un nombre
dans la pénombre des mots
ceuillez, ceuillez
peut-être tomberais-vous sur 23
alors ne ceuillez plus,
alors ne vous étonnez plus
c’est bien un morceau de bras qui vous revint
de la statue de sel érigée en mon honneur dans les
profondeurs
j’ai 23 ans, et je coupe ma chair
j’ai mélangé vos sexes au mixeur
vos alcools et vos drogues
je ne marche qu’à ça : le tombeau de l’enfant qui naît perpétuellement dans la pierre
moi le père qui éjac vous vos petits trous
l’enfant le poème
et ces poèmes de rebut, ces poémes ratés et orphelins
je les mâche comme paissaient les faims de Rambo