Les électrochocs d'Artaud
On s’allonge, on nous attache, on nous prend le petit peu de nous que l’on avait gardé. L’on nous fait de nous des musiques réalistes. On gélifie les tempes on accroche les ronds de fers, on nous pique et on nous dit je vous endors. Et on tord la tête et on est petitement mort. Et on décharge et on se réveille. Et on se rappelle plus de rien et on est perdu et on mange des petites compotes.
Rapport sur la chambre qui s'aère
aérez un petit peu votre chambre on arrive
d’accord je vais aérer un petit peu ma chambre et vous attendre
À la mort de ma mère
et je ne veux pas de larme
je ne veux pas de serrage
je ne veux pas de je veux
je veux que tout se passe
comme si rien ne s’était passé
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Je fais attention à ne pas compromettre ma situation de douleur
Je dolorise pas mal, j’encule pas mal
je me fais enculer
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voici une chenille, elle rampe
elle ne sait pourquoi mais
elle rampe
elle ne sait pas le papillon
comme toi tu ne sais pas
vers quoi tu écris
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Finalement, dans toute cette série de catastrophes que reste-t-il ? Les mots
il reste les mots
et les mots ils font quoi ?
ils forment, ils forment
mais quoi ?
de la durée