9 janvier
Tu sais depuis quand ça ne va pas bien ? Depuis que j’ai failli mourir de convulsion épileptiques après avoir pris 30 cachets de Tramadol © dans la salle d’attente de mon psychanalyste à Sainte Anne. La symbolique est grosse comme une merde. Je montre que je me tue là où est sensé me soigner ma mère, mon père, mon petit frère, des amis, des petites copines, Dieu ou peut-être même un dealer. En un bon gros transfert, pourtant je ne voulais pas mourir – je voulais me défoncer. Au bout du 5ème je ne sentais rien et tout est allé très vite, j’ai tout gobé, mon inconscient a bien rusé, je voulais bel et est me crever dans la salle d’attente de mon psychanalyste. 6 crises d’épilepsies plus tard et deux jours d’un lourd sommeil je me réveille heureux. Ça va pas bien depuis ce moment-là. Il y a un an et demie. Tu t’es rendue compte que je pouvais mourir avant toi ; souffrir certes, mais ça tu l’acceptes. Mourir, impossible, ce serait trop douloureux ; tout ne va pas pour le mieux pour toi mais je pense que cette simili mort (le pronostic vital était engagé) t’as fait définitivement changer. Tu as dû te dire et avec raison qu’il fallait que nous nous séparions car comme Camille et Sabrina tu « n’en pouvais plus ». Comme je te comprends. Personne ne m’a dit tout ce que je t’écris, ni Faucher, ni papa, ni Kahwati. C’est moi qui le pense. Je le pense avec de la peine pour toi.
Tu ne vas pas mal qu’à cause de moi, mais j’en suis un des principal responsable.
Dès lors je vais essayer de faire bouger les choses.
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j'étudie la position de mes côtes
j'étudie l'ivresse de mes ongles
j'étudie la clarté de l'obscur
j’étudie le parlé juif
j'étudie le structuralisme
j'étudie ta mère la pute
L'amour et la bite
ET BOOBA LE BAOBAB SA BITE GRANDIOSE COMME IL EN FAUT
3ème poème à Sarah
extraits du corps
adulte sa peau
nous voici verticaux
sous l’étoile
presque peaux
presque plages
presque sexes
presque chairs
plaie dépliée pour s’y faire
langue
tu souffles
tu piques
tu fais
la ruche est vivante
les mots
les mots déjà
faune
flore
presque dieux
est-ce clair ?
Ma soeur la vie
tu seras celle qui me branlera
en me parlant
et ce sera agréable
et ce ne sera ni la mort
ni le destin
ce sera la proclamation de la vie
de la vie
oui
Journal
J’ai lu entre le métro Ledru-Rollin jusqu’à la gare Montparnasse et hier La Maladie de de Mort de Duras. Intrigué, presque mécontent, je ne comprends pas tout de suite… la mort… la femme. Vous vous dites qu’elle est belle. Elle est belle, je n’arrive pas à attraper le sein de la forme-fonction que Duras avait annoncée, développée dès la première ligne. Mais cette absence de tour de magie logique qu’opère le reconnaissable du style dans un énoncé précis, romanesque ou poétique n’avait plus lieu d’être. Il n’y avait pas de style. Seulement le style. Et cet homme, et cette femme mourante de ne pas mourir. Et lui de la troncher, troncher en étant malade. Ne rien voir. Ou tout voir sinon rien. Ni la chatte, ni la mer noire. Les Parques assombrissent et justifie tout le style tout en cette apposition : Vous ; Vous la voyez, vous lui faites l’amour. Vous êtes en train de mourir.
Journal 7 janvier
7 Janvier 2019
Je reprends le journal. Jambe fracturée au péroné et au tibia après un petit twist craquant. J’étais au château de Paul Le Maire, avec lui-même, Behar et Paul Gondry et Adrien (l’encadreur). La première journée était agréable, sans stress, de l’alcool et compétition du meilleur cul entre moi et Adrien.
A part Behar ce sont des amis d’enfance entre New York et Paris. Un soupçon d’envie me ramène à moi et il n’y a rien à dire de plus sur cela.
À 1h le SAMU est arrivé. Cela fait 3 jours que je suis dans une clinique à Vendôme. J’aime bien le nom de la ville. En plus d’être associé à la maison de campagne de mon enfance à Cloyes dont Vendôme était la ville la plus proche, le mot lui-même accompagne une certaine rondeur. Un vent sur un dôme ad vitam aeternam tournoyant sur lui-même. Invincible.
Mes trois livres de chevet sont Pizarnik à qui je pompe quelque punchline pour le poèmes, Le poème de Parménide présenté par Beaufret (que j’avais déjà lu à Murs avec maman il y a exactement deux ans) – j’avais oublié cette puissance de lego métaphysique, dans le retrait pur de la vérité se cogne la Parole comme un ricochet -, et Kristeva bien sûr, ma sœur la vie comme dirait Pasternak.
Samy, ce bon vieux Samy qui fait la tronche et parfois se donne comme un grand animal obscur et bienveillant. J’espère que Marius viendra aussi comme il me l’a proposé.
J’ai enfin des amis. Je vais les compter : Samy Lariby, Hugo Behar, Julien Aubert, Paul Lemaire, Paul Gondry, Marius et Adrien que je ne connais pas encore mais qui est d’une gentillesse insoupçonnée pour un étranger.
Mon chirurgien s’appelle Champion. Il a l’air d’être à la hauteur de son ombre. Les noms sont des ombres.
Aletheia
Le soupesé
Freaky
Bise
Mémoire hassidique
Juste ciel de fidélité
Détresse veut dire fidélité
Freaky de vérité
Aletheia dévoilement contact
Représentant de commerce nazi
Bise
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Un extrait de ton corps alcoolique
C’est lui que tu as aimé
Dans un filet aux mailles ouvertes
Où endurer et être
Enduré veut dire aimer
