Sonnet sur le langage
J’ai des guerres et des guerres ouvertes je le promets
Je suis un guerrier et les guerres je les connais
Pourtant ma peau, pourtant ma queue servent de palais
Au chef des armées au chef des femmes et
Le lointain criait son sort de dénudé
Ainsi vont les jours sous le soleil de
La sobriété. Je jette la mer dans de
Rares et pourtant multiples lances et épées
Ainsi va la vie à bord du redoutable
Ainsi va la redoutable vie détestable
La guerre des signes, structure inévitable
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Cette incommodité des jours
jamais ne m’autorisera
même si je la supplie,
à un quelconque déclin,
à une anonyme perte de vitesse.
L'attitude d'un visage
L’attitude désolante du coin d’un visage
Dont l’espérance en la matière est louable
Puisque ma mère, puisque mon père ont l’âge
Il faudra déchirer les restes bleus. Le Tage !
Parfois je m’en vais, souvent je me casse ; c’est dire
L’ironie désolante du coin d’un visage
J’arrache à ma mère l’alcool et c’est bien pire
Qu’une simple espérance qu’à mon père de l’âge
Des révolutions sur la peau au nez coké
Des directions d’une dent tombante dans le fruit
Des passions tristes, larme brûlante de ma vie
Et c’est dire qu’il n’existe qu’un boucher lové
Et cicatrisant la plaie d’une grosse montée
Est-ce mordre a force de pulvériser la mort, l'été ?
Recueuil : La bouche ouverte
1.
j’écho le poème
puits sans nombres
sinon la profondeur
et je suis beau
puisque la révolte consiste à regarder la rose jusqu’à s’en pulvériser les yeux
2.
sept fois
le dieu au secret blessé
s’est imaginé fini
Ou
sept fois
le dieu au secret serré
s’est imaginé fini
3.
je suis assis dans l’ombre
le ciel a des yeux
au plus profond du savoir
je suis debout dans la poussière
rien n’arrive
dans ce monde vierge
le blanc
reste à vif
4.
Le soudain. À Sabrina
La très haute langue de l’insomnie
navigue dans les ports
ta peau rauque s’exténue dans ma poésie
et je soulève soudain mon corps
pour te retrouver là
si peu de vision
pour un haut et large mat
fuite des intelligences
rivière folle
5.
je tourne sans relâche
jusqu’à enlacer l’Univers
et ma bouche ouvre le Temps
et mes bras ferment le Temps
je tourne sans relâche
héroïne libidinale
je mange cette prison
pour la poser dans mon cœur
6.
lecture de l’immeuble
7.
tant de mots pour trembler juste
accent irrévélé
8.
ma nuque se casse mille morceaux d’amour
l’extension du mot c’est la pointe
la dérive des blocs
9.
l’image que nous permet de voir l’image qui nous permet tout
dans ce tout cette fenêtre un précipité se dégage : une nouvelle école
de nouveaux parents de nouveaux amours
un gouffre se donne en mes yeux
10.
Hommage à René Char
« Juxtapose à la fatalité la résistance à la fatalité. Tu connaitras d’étranges hauteurs »
Nul grille ne s’y oppose. mon rire est large comme le monde et mes amis ont des langues industrielles
11.
Le vent commence par souffrir
12.
qui peut se dire heureux ou malheureux avant de mourir ?
13.
le thème
le fenêtre
le contre-jour
14.
mes haches sont des dents
l’ampoule qui me sert de langue
est une dague
mes haches sont des dents
où poursuivre le poème
est une tentative de souffle
mes haches sont des dents
où poursuivre le poème
est une tentative d’holocauste de la mâchoire
mes dents sont des haches
pour dévorer l’imaginaire
ma poésie reste claire
15.
il a appliqué la peau
elle a collé comme il fallait
le nerf s’est levé, c’était un serpent vide
un espace neuf
l’œil plus qu’œil : une once de
violence
il a appliqué la peau
et tout s’est raréfié
même l’élan noir
16.
l’étroit désert
des mains seules
parcourues de sables noires
la coïncidence d’un sexe dressé
dans l’espace ouvert
une entité utile termine la poussée poétique
et l’action du poème se fait habiter
par un autre mouvement
la bandaison blanche
17.
une histoire chaude
éclot dans ma main
une histoire japonaise
qui brode et coud
les différentes pulsations
de la membrane de l’œil
plongé dans le chaos sempiternel
de la chaise
18.
j’appuie sur la veuve
une goutte de plus la traverse
et par ses os je me souviens des
notes de la malheureuse musique
de la perte
19.
en dehors du ciel
un amer rivage
là où point le visage
du sourire, du miel
et s’épanouit la poésie
dans la rondeur des années
se scrutent du grand paradis
tous les cadavres terminés
20.
Personne
le travail rend libre : envahit par la pudeur l’être se consume dans un voile de négatif. je cherche un être en moi à pester à prendre et retourner. je cherche à te parler toi qui m’a troué de ton amour. je suis ton mort tout craintif de l’aube. le soleil montera et je me baisserai pour ramasser le galet d’être brûlant. et je ne le jetterai pas, je le laisserai sur le bord de la fenêtre de Personne pour qu’il m’envahisse à son tour. pour qu’il m’en perce les veinules. je resterai attentif.
je resterai dans cette salle de cinéma avec toi : nul silence mais ici des phrases
nous serions alors tous les deux des
animaux blancs ?
À moi
lorsque tu te tais
il n’y a pas d’absent
car au contraire les décors restent
et les estomacs pondent
lorsque tu te tais
une matière suffoque
et ses lignes brûlent
Le fantôme
Au loin la fenêtre de l’appartement d’une jeune fille allumée, elle est la fenêtre, allumées ; j’insiste… Elle m’allume. Je la connais. Trop. Je regarde presque tous les soirs danser sur de la grosse techno des années 2000, j’entends d’ici le bruit. Elle se dandine, bouge son cul dans tous les sens. Je remercie la perdition d’en être le spectateur. La musique est belle. Grosse et belle. Comme la queue de Teddy Rinner. Je l’appelle, je fais des gestes dans tous les sens mais elle n’entend rien, elle est au paradis. Comme le note la chanson de Cookie Dingler : c’est une femme libérée. Parfois je la vois se pencher sur son bureau taper un rail. La fenêtre se trouve à peu près à 200 mètres de la mienne. Elle est blanche comme du savon de Marseille, elle aurait pu être une beurette. Comme une prune. Ç’aurait été aussi excitant, voire plus. Enfin je sais pas. Tout ce que je sais c’est qu’elle est méga sexy. Je ne connais ni son nom, ni là où elle travaille, ni ses amis ou ses parents. Je fais la vigie le soir vers minuit et je la vois. Personne n’est jamais avec elle. Pourquoi ? Moi je pourrais être avec cette femme libérée. Je l’appelle Claire dans mes pensées visqueuses. Je ne la reconnaitrais pas dans la rue. Son endroit, sa place est nettement délimité dans mon cerveau : ce petit rectangle allumée au sixième étage.
C’est ma petite récompense en rentrant du boulot (je finis tard). J’aurais pu m’acheter des jumelles mais je n’en ai pas besoin. Claire n’a pas de visage, elle n’a qu’un corps et de la sueur.
Claire s’anime à partir de 23h30. Elle allume Basshunter et c’est l’extase. Parfois je m’allonge sur mon lit je n’entends plus que la musique au fond de l’être et je me masturbe l’être. Je m’endors la fenêtre ouverte après avoir jouis. Avec toujours au fond de moi cette clarté.
Je crois qu’il faut que je me trouve sérieusement une meuf. Ou, ou alors je reste avec cette horizon fantasmatique qui me fait trembloter comme si j’avais un peu froid. Un jour peut-être que je la baiserais. Peut-être qu’elle se suicidera (trop de cocaïne) avant. Alors que faire ? Demain je m’achète un mégaphone et je la hèle, espérant couvrir David Guetta. Me répondra-t-elle ? A-t-elle au moins une voix ? Une sexualité ? Je vois jamais d’autre êtres qu’elle dans cet appartement. Le décor est simple, il y a une table blanche avec tous les soirs de la coke dessus. Un canapé beige deux places. Je connais tout ça. Trop. Et une grosse chaîne stéréo Bose ©, blanche aussi. Je sais tout ça. La journée elle n’existe pas. Elle ne se montre pas. Ou elle dort pour se préparer afin d’être au top pour moi le soir. J’aime Claire.
Logique de la discussion apaisée ou le principe du tiers-exclu
Avec mon pote on était pas d’accord.
Alors on a dit que c’est la faute de l’autre.
Trouville
J’aurais bouffé du pâté pour chien pour elle si elle me l’avait demandée. Je crois que son ascendant sur moi, ses seins, ses côtes, ses mains (ses si belles mains d’humaine) ; tout m’affectait d’un enivrement sexuelo-masochiste qui ne redescendait à la sobriété qu’après que l’océan ne soit revenu à marée basse, c’est-à-dire lorsque j’entendais les cris des mouettes de Trouville qui le matin mangeait les crustacés qui avaient raté la redescente d’acide iodé, après une longue nuit sexuel interdite, fulgurante et insatiable de beauté divine qui en elle-même était le dieu au Premier Commandement me disait TU L’AIMERAS ET TU FERMERAS TA GUEULE.
Homme libre toujours tu chériras la mer, la mer est ton miroir, tu contemples ton âme.
La mer et Elle c’était bien ; c’était pas assez je ne pouvais pas aller plus loin. Je fermais ma gueule.
Une nuit je me levais pour fumer une cigarette, vers une heure ; je me réveillais depuis à peu près un an toutes les nuits à une heure, c’est cinglant ça force le cerveau à abréger le rêve, ce qui est par ailleurs assez étrange, car ces rêves dans tout leurs déroulements et leurs formes se finissaient exactement au bon moment. Une heure n’est pas le bon moment de l’arrêt de tous rêves ; bref j’ouvrais la fenêtre et avala ma première bouffée. Le ciel était nuageux, les étoiles indistinctes. Quelques-unes perçaient pourtant. Je croyais reconnaître l’étoile du berger. Enfin j’y connais rien en étoile.
Comme dans la chanson de l’autre là, je lui remontais le drap sur elle pour pas qu’elle n’attrape froid, nous étions en automne, le vent rentrait dans la chambre et notre virée allait s’achever deux jours plus tard.
Quand nous nous réveillâmes ensemble après un léger coït pas fabuleux nous descendîmes prendre le petit déjeuner.
Elle avait l’air morne des gros chiens dont on a l’impression qu’ils font toujours la gueule même lorsqu’ils sont excités. Je lui demandai ce qui allait pas. Elle fermait sa gueule.
Ça me faisait chier car je savais que quand elle faisait la gueule, je m’en contaminais vite et je me fermais aussitôt.
Mais il nous restais un jour et demie a Trouville avant de reprendre la voiture pour Les Lilas, alors j’obtempérais car mon surmoi, celui-là qui calme les passions tristes ou joyeuses voulait tout simplement que la fin du séjour se passât correctement, pour ne pas en avoir de mauvais souvenir.
Les laveurs de carreaux maliens
Je suis une tour de contrôle sous morphine. Je vois le 29 Bobby Story ça va ouais enfin à part que je suis dans un hôpital à Vendôme avec on se double fracture péroné erroné qui vient mais carrément un message bravo tu as tellement après je t’appelle d’appareil pour développer et je te dis FaceTime Y vendrait il est grand d’après toi mon seconde ça se casse ses soucis causés mon appareil toi et connais bien en fait et de vous Paul ou Adrien paragraphe suivant habitant avec sa d’accord OK si Obama j’ai dimanche à tous pour le maintien c’est pas d’enfants aussi je poste s’est voilà aller voir un pote et Adrien de toute enfance est et puis premier soir chez le twist et le cassage en gros donc se partir de quatre jours et là je repars à Paris aujourd’hui y’a cinq minutes de samedi me cherchant voiture je le patronat ouais ça va se capter en vacances la présente toi qui viendras chez moi suivre déplacer ça danse tac tac tac va voir ma chérie en s’appelle Olga journée je jeudi 11h11 = d’accord OK et toi salut non seulement c’est passé ouais c’est alcoolisé lol d’accord et Samir comment ça va de moins place à ton honneur ce mercredi jour j’en profite toi de voir les trouve très bien comme tu veux sur mon mur sur mon mur Facebook de son blog ouais je t’appelle ce vendredi ou samedi tout, mais vaguement. Une tour en forme de vagin. Molle et agréable. Des objets comme le chirurgien orthopédiste ou des poèmes de pizarnik m’arrivent dans la gueule. Je ne comprends pas bien. Ça parle de plâtre, et poupées. Je n’ai plus mal à la jambes. Je veux retourner à Paris. Sentir le carburant. Me laver d’eau mousseuse des laveurs de carreaux maliens, misérables et pourtant propres.
Saby compressor
Je crois que je l’aimais. Ça vient de loin mais je crois oui. Comme quelque chose que je récupère aujourd’hui nostalgiquement d’un amour précis mais lointain. Des brumes entachent cette relation avec Saby, avec Jul je crois bien qu’on était dans un café rouge. Des luminaires rouges. J’étais en up et en up tout est possible. Althusser ou de grands patrons d’entreprise sont bipolaire. En up est boom tout se fissure, tout est simplex on défonce toutes les portes, on parle à qui on veut quand on veut, pour rien parfois, pour un peu plus souvent. Là ce fut-elle. Je disais à Jul : on fait un concours de drague, celui qui baise ce soir remporte la victoire. Je m’étais empressé d’aller parler à cette fille un peu ronde mais avec de beaux yeux et ma foi une belle poitrine.
Elle était allemande. Je baragouinais quelques mots de ce si lointain anglais de lycée. Finalement je lui laissais mon numéro. Up. Jul remporta la victoire quand même, mais moi je m’en foutais un peu. En fait j’attendais qu’elle me rappelle toute la soirée.
Le lendemain matin elle m’appelle, elle m’explique qu’elle est en Erasmus de troisième année de licence de lettre.
Quelques années plus tard, après deux séparations, nous avions décidés de tenter nôtre chance une dernière fois.
J’arrivais à Frankfurt, elle m’embrassa sur la bouche. Ok, j’étais d’accord, je signais : la relation était donc remise au point de départ du bisou dès la gare.
Par ailleurs sale gare la gare de Frankfurt. Ils ont beau avoir des buildings, MainHattan comme ils disent (Frankfort est sur le Main) ça puait la drogue encore pire que gare du Nord. Les shootés au crack, les héroïnomanes côtoyaient les Relay © allemands où des gamins demandaient à leur maman d’acheter un magazine pokécrack. Bref c’était méga glauque.
On arrivait dans son studio à côté d’une fac de prêtre, un séminaire.
Je n’avais pas pris de drogue
J’avais repris la morphine, comme une femme c’est-à-dire par faiblesse et elle était partie, encore une fois, de Paris. Elle m’expliqua un an plus tard qu’elle était avec Vincent le barbu.