CE QUI L'INTÉRESSE DANS LA MATIÈRE
c’est l’histoire d’un cul
le cul i sballade
puis le cul i meurt
POUR VLAD
Alors on va faire semblant
semblant de baiser
semblant d’écrire
semblant de manger
semblant de mourir
J’ai lu Maïakovski en regardant derrière moi. Par ce qu’il y a dans ses vers le visage qui hurle et celui-ci, bien qu’aimant sa propre bouche, nivelle la vie des orifices en plusieurs catégories : grandeur, folie ou parole (cela revient au même) et suicide. Et l’on se suicide toujours lorsque les plus hautes hiérarchies intérieures atteignent le niveau de cette bouche : l’orifice du faux-pas. On se trompe jamais quand l’on chie ou l’on se nettoie les oreilles. J’ai regardé derrière moi pour être sûr que lorsque j’écrirai après l’avoir lu je sois totalement conscient que le faux-pas ne peut plus avoir lieu puisque le faux-pas est le signe des révolutions.
LE COCA ZÉRO ME REGARDE
écrire c’est dialoguer
‘fin non c’est pas vraiment dialoguer
c’est tutoyer en tout cas
SELON UN POINT DE VUE, IL EXISTE BEL ET BIEN, LUI
j’ai haché les mots
j’en ai fait des petits bouts
je les ai disposé sur la table
et je me suis énervé
j’en ai bouffé un peu
j’en ai laissé de côté
EXTRACTIONS
Extraits de mon corps
Mes os droits
Ma campagne blanche
Plus blanche
Que les Os
Tre
Du KFC
Extraits de mon corps
Il est aujourd’hui
L’heure est à aujourd’hui
L’heure ne m’ennuie
L’heure est mon sexe
VOUS VOILÀ
et les mots exécutent un travail particulier
sans que je regarde
sans aucun conflit
si la poésie
c’est lier,
faire bloc,
construire un champ de signaux
alors,
il est probable que je sois poète
un seul trou et nous voilà
LA FAKE FAUX
mes mouvements brutaux
dans les souvenirs fous
je dois frapper et encaisser
les coups de la mouche.
Il y avait un pantin
il a brûlé
il reste l’articulation notoire
de mes mouvements violents
le coup de feu résonne à mon oreille
Y'A L'OEIL MASTER, ET J'EN VEUX PAS, MERCI
De prier aussi
j’ai oublié…
J’ai beau me faire la tête de Pikachu
rien ne vient,
tout s’ébroue,
tout se maintient dans la solitude de la masturbation
Des larmes parfois
et des frissons, souvent.
Des frissons dans le silence de ma chambre.
Parce que tout est inexacte,
vigoureusement déplacé de ce tout habituel
(où il y avait Sabrina, la poésie)
un vagin édenté et tous mes partis pris
*
Et les racines de mes cheveux pleurent
lors de l’onanisme rituel
avec Brandi Belle.
et je sue et je sue et je sue
et putain ça pue la solitude.
Puis chaque jour est une forêt :
complexe, brute, naturelle
sans espace de lol.
Du bien casse gueule
*
Alors on fait quoi ?
On se douche
on s’habille
on va boire un café
et on écrit.
*
On écrit pour s’en rappeler
de cette solitude d’enfant
à qui on ne dit rien
sinon l’aimer.
On l’inscrit sur les murs des châteaux forts playmobils.
On l’inscrit sur les portes construites par les fous
*
On devient fou à en crever.
Alors le tout se dégonfle,
c’est la rue de Charonne qui se minimise
et la cage thoracique
aussi.
Et on en crève
comme ça
comme rien
et on crève…
NULLITÉ
la voix est nulle
au départ tout est nul en nous
on est ramolli dès la naissance
un petit pourtout
puis
du cri du cri cric cric
la voix se nullifie toujours dans
le parlé parlé
dans le sang contaminé
une sorte de langue râpeuse
à la dent carié, d’un juste plomb
puis le pus
la langue nulle lacet autour de toi
elle est une force incontournable
une émission de CO2
elle se sent plus, elle arrête : arrêté essentiel
plus qu’à crever. ensemble.
MODA XL
paris à faim ce soir
la nuit claire
“parfum” - on s’en bat les couilles du symbolisme :
pas parfum : tête de cheval forme une constellation
les enfants qui l’ont abattu sont plus têtus
et le sommeil
boit
le corps retourné des âmes détruites de mes enfants
j’ai l’impression de défier le destin, ou suis-je simplement
en train de l’éviter ?
sèche et méchante :
la faim a faim
comme
toi
peut-être.
une bougie écarlate illumine notre monde comme du pneu qui crisse
dans un parking plein d’amour pour l’obscurité
ou du faux diamant contre les
miroirs
d’une maison close
ce peu d’ombre qui fuit
par le bord effilé de la nuit :
un oiseau peut-être, ou un papillon qui crève
et mes 720 euros de modafinil
c’est tout ce que j’ai
alors je dirai
“se taisait” :
quelqu’un a écrit un poème.