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3 Avril 2018

 

tu fuis, tu veilles

quelque chose comme

une autre fuite en moi

une fuite d’aube ou de midi

j’en sais rien

 

mais ma langue est poétique

 

et quand reparaît

ce travail sur le silence et la flamme

ce travail consciencieux

ce travail des signes qu’on appelle poésie,

mes mains levées et pleines d’ombres

m’excluent dans le hasard que de t’écrire

car ce hasard c’est toi

 

quand reparaît cette extrême limite à moi-même

c’est qu’elle n’est pas sans point de départ

et pourtant nul ne connaît le point de chute

ni moi ni toi ni les images

et c’est tant mieux

sinon il ne resterait que des corps

 

ma langue est poétique

elle te siffle t’attrape

te tue te souffle

 

elle est un cadeau comme un autre

mais dans cette veille

dans cette entente à la fuite de ma langue

où tu fuis toi-même dans le poème

 

nudité jeune cri

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30 Mars 2018

Expo Delacroix au Louvre

 

Delacroix à Baudelaire «vous me traitez comme on ne traite que les grands morts »

 

Journal de Delacroix 19 avril 1824 : « La gloire n’est pas un vain mot pour moi. Le bruit des éloges enivre d’un bonheur réel »

 

ESO (écrits sur oeuvres)

 

La Grèce sur les ruines 1826

 

L’hellène

dans un vase brisé

l’empereur moyennant son double

est en lui-même son idée

 

Lithographie. Macbeth consultant les sorcières 1825

 

elles voient en son œil un œuf à féconder

une pierre à ramasser

 

Lithographie. Méphistophélès apparaissant à Faust

 

et le noyau

jamais, fusse-t-il

plein de plastique

plein de pollen

ne rira dans mon cœur

 

Mood de l’expo

 

Et des brosses pleines de poudre de cocaïne

s’agitent dans la main enculante

 

-

 

Portrait de Schmitter, 1826

 

aux lettres :

les lignes

aux mots :

les couleurs

à cet homme :

le poème

 

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Le paysan

29 Mars 2018

du terreau de

la terre du paysan

du seul émerge du seul

rageusement du seul

sortent des carottes seules

des pommes de terre seules

c’est là la naissance

démangeaison de la langue

 

oui, le centre est une surprise

 

le paysan bat la chair

il excite le paradis

et fait sortir un peu de famine de ses mains

 

non pas carottes

ni pomme de terre

mais famine ici-bas

 

 

le paysan travaille,

il couche avec le nom

avec un ange

 

la poésie travaille à sa cécité

à son aveuglement

à l’impossible de ce qui se mêle

de ce qui doit se voir s’emmêler pour toujours

un souvenir brillera, j’en conviens

 

pourtant il faut s’accuser comme coupables pour accéder à l’invisible

au seulement de l’invisible

au centre à la semence

rageusement semence

 

nous, homme et pierre

et pierre et homme

et terreau du trop lent

 

sinon que rechercherions-nous?

que voudrions-nous ?

nous

irréels dans notre milieu

non pas milieu de jardin milieu de faune et de flore

mais milieu rentré en nous jusqu’à l’enjambement

 

 

ce qui doit être dit est extension

meute chœur

encore chair

 

 

la trace ma suture

entre ce qui doit être plus dansants

et ce qui doit avoir la faim jusqu’à la crevasse  

du terreau

est désigné dans le feu clair

 

et il y a la répétition différente

dans le cœur dans le noyau de braise

de ce qui veut pousser de la terre

mouvante est le mot, je crois

 

le centre est la surprise,

 

et je peux soudainement dire de ma main

elle subjugue et soudainement encore

de remarquer sous des yeux du paysan

des cernes intolérables

 

de quel droit cherchions-nous le monde ?

Lui et moi

Lui pour se rhabiller et partir ?

Moi pour écouter le bruissement négatif de la langue et son ascension ?

 

c’est ce que nous concédons au centre

 

il faut le dire !

il y a paix dans les brisements

défaillance essentielle à la question du centre

ici est un répété du noyau, je le précise

 

la persécution des feuilles est un royaume

elles battent des paradis

mais est-ce bien des feuilles ?

et elles mourront

et nous les rechercherons demain à l’aube

submergé de nos pas silencieux

 

nous avions à rendre hommage,

le livre me l’a dit

 

j’accuse et je graverai

sur la table où le vin fait geste

où les os toussent

où la dépouille du travail

de la journée

du labeur des moments entamés

est présence et claire

 

le seul centre

le seul poème

 

le paysan et moi n’avons qu’accepté l’aventure

 

je vous l’ai dit

 

le centre est une surprise.

 

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23 Mars 2018

Au loin s’établissent des perfections

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Les mamans l'aiment

23 Mars 2018

 

J’ai discuté avec moi ce matin

Plein de rires débiles

Pleines étaient les mamans qui me regardaient

 

Et moi je perçais avec mon dialogue

Leurs ventres leurs os

Et il y a des bébés qui sont apparus

 

J’ai discuté avec moi ce matin

J’en tiens que je suis poète

Et que les mamans m’aiment

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23 Mars 2018

J’ai dit ça ne colle pas

La sagesse au corbeau

 

Mieux que photocopier la phrase

Il faut fuir, s’envoler, ne pas revenir

 

Des petits maîtres de la poésie

Ont dit ça ne colle pas

 

Entre dans la demeure de Cézanne

Tu opéreras de petit maître à grand académicien

 

Le lit ne peut s’étirer puisqu’il y a un vase

Je ne peux m’étirer puisqu’il y a une nouvelle maison

 

Je rate la Lune

Puis la femme vient

Je ne la rate plus

Plus jamais

 

 

 

 

2018

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Réfléchi

20 Mars 2018

 

            J’ai cessé depuis fort longtemps de réfléchir en homme sensé sinon en poète. Et c’est bien là mon désarroi. À la place du syllogisme, la rime ; à la place de l’argumentation, le désordonné du vers libre.

            Je me confonds avec ce qui ne va pas de soi, s’étouffe dans la prime incompréhension, même de mes propres mots.

            De moi aux gens des liens à peine visibles faits de morceaux de vie, de morceaux de vers.

            Aussi, ce qui me tourmente, au vu de ce que je viens de noter, c’est ma tendance inexorable à toujours chercher les principes : la philosophie, sœur cruelle, me donne à voir ses postures, ses cambrures, ses courbes à priori salvatrices. C’est son élan fraternel et je ne cesse de l’imiter. Pourtant les mots qu’elles me concèdent je ne les digère pas, de l’incompréhension naît comme je note mon incompréhension de ce qui s’opère en moi lorsque j’écris un poème.

            Cruelle car elle me donne à voir son corps magique mais m’interdit de le toucher, l’inceste qui me sauverait m’est interdit.

            Parler m’est difficile, donner mes raisons encore plus. Comme un enfant je dois réapprendre à échanger, à lier des mots entre eux en vue d’un but social. Je ne dois pas, à mon âge, m’aventurer encore plus loin dans les délires des vocables, des mélodies oublieuses du sens que l’on veut communiquer.

            En somme je dois réapprendre à vivre en citoyen et élire non le poète et son sacrifice mais l’élu, le maire, la patrie, le pays ; pour l’habiter non en délirant mais, et c’est là mon ultime aveu, en frustré normopathe.

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17 Mars 2018

il faut plus qu’un poème,

c’est-à-dire un autre poème

pour célébrer le poème.

 

la nuit ouvre ses yeux en moi.

je puise dans le puits

j’assaille la poésie

mais, ivre de cela, une once de démence même, au centre du corps

point pourtant une question :

devrais-je le faire ?

en tout état de cause je n’en ai pas le droit.

 

Les filles sont toutes blondes.

 

l’oreille bouchée par les comètes

je fête avec les yeux l’arrivée

du tableau représentant le train.

 

de la pluie subordonne le poème

c’est que je pleure souvent lorsque j’écris

c’est que je pleure souvent lorsque j’écris

 

avant de dire le poème

de le fabriquer

j’aimerais que tu relises le début

car il n’y a pas de noyade sans eau

 

il faut faire durer la courbe.

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17 Mars 2018

j’ai laissé des troncs d’arbres :

des factures,

au gardien des faux.

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17 Mars 2018

Et tu mets les pieds dans l’eau, noyé seul.

Et tu pries, et tu rejoins, et tu vois ton idéal.

 

                                    Par où la mer fini.

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