Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Articles récents

l'ivre

21 Mai 2018

parfait de l’air

comme l’on discute de la peau

je devance d’une seconde l’orage

 

et les plaques rouges dans le ciel

m’ont déjà demandées comment je faisais

 

j’ai répondu :

retenir

Lire la suite

Réfléchi

21 Mai 2018

 

 

Il faut se contenter du langage

le langage c’est assez

les mots c’est assez pour faire bruire le sens

pour le saupoudrer comme on réanime un animal domestique

le hasard = la chance

la poésie = le hasard

le hasard = la chance

 

-

 

 

j’exécute encore

comme l’œil exécute un mouvement

 

il y a dans le mot azur

la niaiserie mais aussi l’inviolé par le firmament

 

ils tombent

ils meurent

ces peintures

ils touchent la terre

dégouline sur la paroi des origines

 

je sens mes mains

j’ai des fusillés

dans mes mains

 

je les ai appelés

 

ils tombèrent ensemble le poème et son adieu

au fond de ce que l’on porte aux choses importantes

comme trouver du travail

pourtant le poème

 

pourtant le malaise de refuser

Lire la suite

Publié depuis Overblog

21 Mai 2018

quel est ce lieu

            où la naissance nous écoute

nous rapatrie à l’extrême possession

cet avoir qui passe du sang au bois

comme les corps d’animaux qui soutiennent l’insuffisance de notre chair

 

existe-t-il des lieux où l’horizon est une frontière

où l’horizon n’a pas lieu

 

et nous carnivore d’air

 

c’est vrai, le blanc suffit.

Pas besoin de contraste sur le sentier représenté en son origine

forclos dans le tableau monumental

 

des pingouins

             de mystères

 

bonne eau gazeuse engloutie par un dieu

 

un ministère.

 

j’en reviens à la terre

encore à toucher les yeux

des seuls virgules

hachant le texte dans une ronde de nuit

 

la seule qui donne naissance à l’écoute

au premier souffle qui s’écoute

au premier lieu

Lire la suite

NOEUD PAP

21 Mai 2018

la subjectivité est un crime qu’il dit

la subjectivité est surtout une geôle pour toi qui me lis

 

un fasciste du représenté

qui se présente lui-même

 

dans le mur l’autruche réelle

la subjectivité oui

mais à quel prix ?

Lire la suite

La fille parfaite

21 Mai 2018

Je ne sais plus parler

le feu

illustre feu des dents blanches

 

et du sourire qui boucle

 

quelle est moche cette puissance

 

                       et quelle est vaste !

 

                                                                                   ne sais plus parler.

                                                         

 

 

Les horizons d’aigles et d’algues

 

Peut-être qu’un jour je serai dans le puits des puits

dans la tombe

 

peut-être, oui.

Lire la suite

Publié depuis Overblog

21 Mai 2018

Le Monde signe ma vie,

 à reculons

j’habite le lieu du conflit

 

                       Dans mes viscères,

quelque chose a une bouche

et parle en roulant plusieurs fois la langue :

 

                       Qui es-tu ? Que détiens-tu ?

 

            Je détiens dans ma paume le visage antisémite, et son herbe est grasse

                       Je retiens dans ma gorge le vomi du dîner sanglant et tribale

                                   Je maintiens l’eau du mur dans mes yeux anéantis

 

 

Une moto s’incline dans mon dos, fait son bruit et me nargue dans mon sang.

 

                                   Où vas-tu ? Qu’espères-tu ?

 

            Je vais vers le champ raser l’éventualité de la haine

                       Je mets les casques barbares dans le Mont-Blanc en feu

                                   Je sais qui je suis et tu ne le sais pas,

 

je suis parole entière et schizophrène

je suis la nuit du Monde et l’éclatement

je suis la pluie arabe et le canon juif

Lire la suite

A peu près Apopo

21 Mai 2018

le corps hélas n’a pas l’éternité

il a la fonction de jouir

mais il n’a pas l’amour

Lire la suite

THEATRE, POESIE, IMAGES

19 Mai 2018

 

                                               le maître, dis :

                                                          tu n’as pas ?

                                      où se rencontrer pour répondre –

 

 

Dans la plus grande lueur de vérité. Il lui

                                                  parle de médica

            ments, de rendez-vous

                       avec ce que je veux,

                                                              ça ressemble à de la soupe

 

                                               Je crache pas, j’invente

 

                       le maître, dis :

tu veux pas m’acheter ce que je veux

                                  faire un mouve

            ment de bras.                                              accompagner les ondulations

                                                                        sortir un peu du

                                              

 

                                   peu.

 

                                                                                 

 

 

            Un tutu pédophile / Dis, hé, dis ; tu veux pas me rens’

saignée de cheveux             le petit pied en pointe

                       une photo du pied de France

 

dans le salon où imaginer est mentir.

 

                       quelque chose se prive de l’espace qu’il avait acquit par la violence

 

                                                                      pas

                                                                    la viol’

            ence. Non, je vous en supplie.

                        Ca shlingue dans l’estuaire. C’est un drame qui va nouer la corde

                                   à des dents.

                                                          C’est le maître

                                               qui ne veut plus apprendre à

                                                            celui qui sait encore

                                  

 

 

                                                                                    un peu

 

 

                                   plus.

 

 

Il fait sombre, le plateau est par terre. Un sein se forme dans une connexion quelconque

Il fait sombre le maître n’a plus d’oreille. Une muqueuse se décompose

dans l’histoire d’une folie

 

                                   la fleur recouverte

peut-être par la foi

la croyance

                       peut-être par le poème

 

 

 

Alors, dans l’espace balayé par le radar

un tutu, il dit.

Lire la suite

RÉFLÉCHI CHIANT : LYRISME ET FICTION

19 Mai 2018

La poésie contemporaine s’applique, par divers registres qui vont du néo-formalisme tarkossien à l’expression instantanée du présent qui se meut par et pour la conscience de l’instant ; mais pas du temps, ou en tout cas d’un travail à son encontre d’un Guillevic,  à dématérialiser le pathétique du Moi. Le Moi qui se conscientise dans la forme grammaticale et poétique bien connu du Je. On sait que le lyrisme parcourt l’expérience poétique de toute part, dans le temps et dans l’espace du poème. Voyez l’expression, le ton d’un Vigny, d’un Lamartine ou d’un Hugo ; expression qui s’incarne le plus profondément et le plus véritablement (c’est à dire qui en a la conscience et le pouvoir d’accomplir le désir lyrique) dans le romantisme. Les contemporains ne se réclamant pas du lyrisme l’abhorrent par déconstruction plutôt que par instinct de rébellion contre l’ordre établi de la poésie romantique. Pennequin par exemple s’appliquera à utiliser le quelque chose plutôt que l’objet défini et donc perceptible à l’expérience subjective du Je pour et dans le vers. Il faut noter que le lyrisme a généré une immensité de recours au sujet disant : dans le surréalisme Eluard ou le Aragon du Fou d’Elsa applique consciencieusement la dialectique du rapport entre sujet lyrique et objet amoureux, qui ne peut s’exprimer (pour lui) que dans un excèdent du simple poème, c’est à dire la mise en danger de soi dans la première syllabe du syntagme « je suis à toi ».  Pour le surréalisme il ne peut exister que de poésie du Je qui noue l’abstraction de la conscience de son propre poème à la construction consciente et palpable du Moi ivre des méandres du Moi non-encore perçu comme Moi.          

Le multiple, le désincarné par une unité qui transcende le foisonnement de point de vue peut s’exprimer dans la poésie symboliste, ainsi, on note qu’un Rimbaud décrit la condition d’un garçon de dix-sept ans, par le on. Il est évident que le on s’inscrit dans une négation du point de vue, et, applique à la forme lyrique sa désincarnation, son dilluement dans la multiplicité existentielles que Rimbaud connaît dans sa vie. Je n’est pas on mais il le décrit comme un courant qui passe entre le poète et sa représentation fantasmatique. Il vit dans le fantasme des bocks de limonade, il vit par la désincarnation de son personnage : c’est le le qui précède le vent plutôt que l’absorption poétique de la figure de la brise va sur le je. Le réel est décrit par l’imaginaire : l’irréel. On avance dans la poétisation de l’indéterminé par la subjectivité existentielle du jeune Rimbaud. Pour autant, ce jeune Rimbaud existe, architecte du plan construit pour le lecteur, pour qu’il s’y mêle et qu’il s’identifie au je de Rimbaud. Il désincarne pour s’incarner dans chaque lecteur. Le fictif (du on, du ce) se réalise dans la conversation avec le lecteur qui ne peut plus qu’incarner, vivre le poème, comme s’il était lui-même un jeune garçon du 19ème siècle, un Rimbaud qui s’évade, qui lutte et cri d’épouvante.

Lire la suite

Publié depuis Overblog

19 Mai 2018

Le regard s’abîme

dans le ciel sans cicatrices

 

Les mêmes personnages attendent

le répit d’un nuage

 

Bruit d’hiver, large cerceuil ;

gisant

le ciel se laisse écouter

 

Un rayon raciste

emmêle l’or

à une statue :

elle produit des Feuillet d’Hypnos ;

 

Et elle me voit,

regarder

abîmé par la pluie :

l’alcool

Lire la suite