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Articles récents

L’amour le matin en hiver

3 Novembre 2022

 

Je feuillette. Je range. Je regarde par la fenêtre. C’est blanc. Je reviens feuilleter. Tsvetaeva. Puis Darwich. J’écris un pastiche de Darwich. Je l’écris. Je le fais. Faire un pastiche. La journée commence bien.

Il y a une relation féconde entre le café et la cigarette qui s’engendre en moi. La dopamine parmi les synapses. Je reviens feuilleter. Je tombe sur la fin d’un poème « Car ce frisson – là – se peut-il / Qu’il ne soit, lui, qu’un rêve ? - / Car, par une délicieuse ironie, / Vous – Vous n’est pas lui ». Je le relis. Je vois à travers et s’engendre une autre relation tout aussi féconde que la première. Le mot, puis la suite de mots m’exaspère doucement, je tombe. J’écris cela. Je le fais. Je suis tombé sur ce poème, sur cette fin de poème. Je m’en souviens. Je le connaissais. C’est une femme qui aime comme dans une tragédie. Mais lui. Le lui générique. Le vous est détestable : vous n’est pas lui. Je le relis. La neige. La énième cigarette de la matinée. Un jour concevable. Blanc. Manteau au dehors de mon corps l’appartement. Et je feuillette, j’avise une sieste pour 15 heure. Vous – Vous n’est pas lui. Je rage d’une délicieuse ironie. J’écume sans jouir. Je projette sur le plafond blanc mon sang. Je l’écris. Je le fais. Je ne suis pas lui. Celui qui ignore. Je suis celui qui dort, nuance qu’en l’ignorance n’est pas de répit. Et pourtant ignorance n’est pas bêtise. La bêtise s’arrête devant l’évidence du poème. L’ignorance le craint. Je relis le pastiche de Darwich. Il est mauvais. Je le savais, ignorant. Y avait-il des yeux me voyant écrire ? Je ne sais pas. Les miens regardent le texte et se détournent, et en moi amertume et dégoût. Pas la couleur, la nuance, rien que la nuance.

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Nota bene

3 Novembre 2022

Les mots ont la faiblesse de croire qu’ils sont seuls.

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Propos taisant

3 Novembre 2022

lorsque tu te tais

il n’y a pas d’absent

car au contraire les décors restent

et les estomacs pondent

lorsque tu te tais

une matière suffoque

et ses lignes brûlent

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Où toujours est jamais

2 Novembre 2022

Ne laisse pas le temps convertir 

Les desseins qu’il a pour toi

En autres choses

Que ces mêmes desseins

 

Accroupis toi laisse planer le temps

Qu’il pèse comme une facture

Affectée à ta mort

 

Le temps a des desseins qui sont mots

 

Et c’est dans l’enveloppe du temps

Que nous avons fait avec les mots

 

Par exemple un proscrit qui ne veut pas

Se convertir en poème et qui oblige :

Toujours

 

Lui seul nous a engagé dès le premier matin

 

Et son lieu désenglué de la bouche :

Jamais

 

Lui seul nous a engagé jusqu’à au dernier soir

 

Tu ne pourras jamais surprendre le temps

Qui jadis fut toujours

 

Il est aujourd’hui une grammaire 

Oublié : la date

Le temps, le temps, le temps

 

Est un ami qui a des desseins de maquereaux

Pour ta fleur virginale

Cesse l’écoute 

Cesse

 

Tiens la cause de la vie

 

À bout de bras

Toi mon enfant

Aujourd’hui

 

Évapore toi en lui à jamais

Durcit ton armure pour toujours

 

Comme un autre : ô tâches de hasard

Prévenez moi de l’aurore lorsqu’elle ouvrira les yeux 

Chauds de la première naissance

Faites que votre indéterminé soit mon mot : toujours

Et sans glue

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Robbie Williams

2 Novembre 2022

La musique est belle

Feel de Robbie Williams

 

La musique est un centre sans contours ;

Là penser est quelque chose d’inquiétude

Là il n’y a pas de là c’est /quoi/

 

On peut penser qu’il y a un bâtiment texan 

Mais il n’y a que le visage du bâtiment

 

Il y a un tranchement bête

La musique un des derniers quatuors de Beethoven

N’est pas un segment linguistique

Il est un niveau moyen entre le rien et le tout

Il se meut au milieu -

 

La danse est la seule réponse possible à la musique

 

Ce qui est humain est humain je vais vous raconter une histoire :

 

C’est une vieille texane qui pleure dans sa maison

Et sa maison pleure de rire

Pourquoi ? -

 

Peut-être parce qu'elle a bu trop d’alcool -

Et la maison est vide il n’y a personne

 

Donc peut-être que la maison a un visage où les larmes de rire coulent.

 

Une algue

Un humain

Une planète

l’ensemble raté d’une chorale -

Chante juste

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Penser à sa fille du Texas / La pensée d’Anoushka est musique

2 Novembre 2022

Loin de la tête d’Anoushka

Loin aussi

De son langage ou

Plutôt

De ses mots patients

 

Elle pense à moi certainement parfois je sais pas je penseespère

Un enfant de deux ans et demie a un cerveau de pierre de taille pliées

 

La pierre se plie sur l’hémisphère de sa tête

 

Elle pense à moi je pense elle

 

Comme de la musique il n’y a pas de langage quand on pense à sa fille à son père

Le cou sert d’endroit pour déglutir la

musique

 

Elle pense à moi comme le son pense

Électricité ça there is no there there dit 

Quelqu’un

Mais pour synapses il y à synapses

 

Une théorie de la pensée d’un enfant remplit l’univers

Et l’univers est une infime partie de cette théorie

Même

 

Même

 

Pas de la compote de pomme

Qu’elle mange avec un toit au dessus d’elle

N’est contenu dans l’univers 

Sa tête enfant 

 

Au dessus de sa tête rêve rêve il rêve de théorème

 

Sifflet

 

Chut elle va s’endermer

 

Je suis son endermement

Elle me témoigne j’existe pas là par là par là-bas ici aussi

 

Elle commence à devenir coupable :

Elle commence à parler

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Austin

2 Novembre 2022

À la terrasse d’un café à Austin (à mon sens plutôt banlieue d’Austin puisque je vois passer des voitures vrombissantes).

 

Voitures après voitures la vie se manque -

Je bois un café lolé à plat de couture,

Les gens entrent dans le café, il ne fait pas beau, les nuages sont aussi bas

Que des nuages qui sont bas -

 

Les arbres ressemblent à des arbres européens et le café à le même goût.

 

Alors comment sentir ce parfum texan ?

 

Peut-être dans cette citrouille posée là pour Halloween,

Peut-être dans la masse graisseuse autour de l’abdomen de la femme qui vient de sortir ?

Ou dans mon cœur loin de la station de métro poisseuse Pyrénées… ?

 

Je suis assis beaucoup, je fume, personne ne fume, je ne bois pas.

 

Les aliens sont pas loins, dans leurs berlines et leur astéroïdes.

 

Rien ne se passe, tout passe : dans un mois je serai chez moi. 

Et je ne déteste pas l’étrangeté de cette situation. Les sillons des vers écrits sous le ciel raffermit d’hydrocarbure et d’une peur lointaine de ne pas participer à cette année, époque, régime, planète… 

 

Ô je te sens plurielle Alejandra, entre mes jolis yeux et la chatte de ta mère. Entre mon membre privé et le cœur de ton pays où tu es venue à l’existence et dont le sol entre ces maisons indistinctes t’as permis de marcher pour la première fois. 

Les lois ne sont pas les mêmes mais le ciel ne diffère pas de Paris. Chaque atome a fait le tour de la Terre : le monde est unique et se résume à une rondeur un peu écrasée, presque de la purée parfois. 

 

Mes veines sont collées à mes muscles. Et mes clavicules sont des ponts sous lesquelles coulent nos sangs mêlés. Je ne vais rien comprendre à la soirée. Il n’y a pas d’astuce, il faudra attendre une dizaine de jours pour que mon cerveau comprenne à peu près de quoi il est question dans ce nouveau pays. Ce pays qui n’as pas un jour. Ce pays qui hurle et qui rit. Comme un enfant à l’approche d’un événement important.

 

Nous avons fait le tour du pâté de maisons à 7 heure du matin, nous étions imbriqués dans les rues pareilles à des squelettes que parcourt l'ineffectivité de l’espace

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Aux signes

24 Octobre 2022

Aux signes : la dégénérescence

Aux icônes : La pâleur

La cible géante qui pouvait tromper

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Les américains

24 Octobre 2022

Le lieu de la mort

Est à un miles de la vie

Et ce miles c’est les américains qui s’en servent

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Note

24 Octobre 2022

La peur et le double

De l’idée de peur

Car avoir peur ne suffit pas

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