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Articles récents

Sonnet sur le langage

17 Janvier 2019

J’ai des guerres et des guerres ouvertes je le promets

Je suis un guerrier et les guerres je les connais

Pourtant ma peau, pourtant ma queue servent de palais

Au chef des armées au chef des femmes et

 

Le lointain criait son sort de dénudé

Ainsi vont les jours sous le soleil de

La sobriété. Je jette la mer dans de

Rares et pourtant multiples lances et épées

 

Ainsi va la vie à bord du redoutable

Ainsi va la redoutable vie détestable

La guerre des signes, structure inévitable

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Publié depuis Overblog

17 Janvier 2019

Cette incommodité des jours

jamais ne m’autorisera

même si je la supplie,

 

à un quelconque déclin,

à une anonyme perte de vitesse.

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L'attitude d'un visage

16 Janvier 2019

L’attitude désolante du coin d’un visage

Dont l’espérance en la matière est louable

Puisque ma mère, puisque mon père ont l’âge

Il faudra déchirer les restes bleus. Le Tage !

 

Parfois je m’en vais, souvent je me casse ; c’est dire

L’ironie désolante du coin d’un visage

J’arrache à ma mère l’alcool et c’est bien pire

Qu’une simple espérance qu’à mon père de l’âge

 

Des révolutions sur la peau au nez coké

Des directions d’une dent tombante dans le fruit

Des passions tristes, larme brûlante de ma vie

 

Et c’est dire qu’il n’existe qu’un boucher lové

Et cicatrisant la plaie d’une grosse montée

Est-ce mordre a force de pulvériser la mort, l'été ?

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Recueuil : La bouche ouverte

16 Janvier 2019

 

 

1.

 

j’écho le poème

 

                                   puits sans nombres

                                   sinon la profondeur

 

et je suis beau

puisque la révolte consiste à regarder la rose jusqu’à s’en pulvériser les yeux

 

2.

 

sept fois

le dieu au secret blessé

s’est imaginé fini

 

 

Ou

 

 

sept fois

le dieu au secret serré

s’est imaginé fini

 

3.

 

 

je suis assis dans l’ombre

le ciel a des yeux

au plus profond du savoir

 

je suis debout dans la poussière

rien n’arrive

dans ce monde vierge

 

le blanc

reste à vif

 

4.

 

Le soudain.                 À Sabrina

 

La très haute langue de l’insomnie

navigue dans les ports

 

ta peau rauque s’exténue dans ma poésie

et je soulève soudain mon corps

pour te retrouver là

 

                        si peu de vision

                        pour un haut et large mat

 

fuite des intelligences

rivière folle

 

5.

 

je tourne sans relâche

jusqu’à enlacer l’Univers

et ma bouche ouvre le Temps

et mes bras ferment le Temps

 

je tourne sans relâche

            héroïne libidinale

           

 

                        je mange cette prison

                        pour la poser dans mon cœur

 

6.

 

lecture de l’immeuble

 

7.

 

tant de mots pour trembler juste

accent irrévélé

 

8.

 

ma nuque se casse mille morceaux d’amour

l’extension du mot c’est la pointe

la dérive des blocs

 

9.

 

l’image que nous permet de voir l’image qui nous permet tout

dans ce tout cette fenêtre un précipité se dégage : une nouvelle école

de nouveaux parents de nouveaux amours

un gouffre se donne en mes yeux

 

10.

 

Hommage à René Char

 

« Juxtapose à la fatalité la résistance à la fatalité. Tu connaitras d’étranges hauteurs »

 

 

Nul grille ne s’y oppose. mon rire est large comme le monde et mes amis ont des langues industrielles

 

 

11.

 

Le vent commence par souffrir

 

 

 

12.

 

qui peut se dire heureux ou malheureux avant de mourir ?

 

13.

 

le thème

le fenêtre

le contre-jour

 

14.

 

mes haches sont des dents

l’ampoule qui me sert de langue

est une dague

mes haches sont des dents

où poursuivre le poème

est une tentative de souffle

mes haches sont des dents

où poursuivre le poème

est une tentative d’holocauste de la mâchoire

mes dents sont des haches

pour dévorer l’imaginaire

ma poésie reste claire

 

 

15.

 

il a appliqué la peau

elle a collé comme il fallait

le nerf s’est levé, c’était un serpent vide

                                   un espace neuf

 

l’œil plus qu’œil : une once de

violence

 

il a appliqué la peau

et tout s’est raréfié

même l’élan noir

 

16.

 

 

l’étroit désert

des mains seules

parcourues de sables noires

la coïncidence d’un sexe dressé

dans l’espace ouvert

 

une entité utile termine la poussée poétique

et l’action du poème se fait habiter

par un autre mouvement

la bandaison blanche

 

17.

 

une histoire chaude

éclot dans ma main

une histoire japonaise

qui brode et coud

les différentes pulsations

de la membrane de l’œil

plongé dans le chaos sempiternel

de la chaise

 

18.

 

j’appuie sur la veuve

une goutte de plus la traverse

et par ses os je me souviens des

notes de la malheureuse musique

de la perte

 

19.

 

 

en dehors du ciel

un amer rivage

là où point le visage

du sourire, du miel

 

et s’épanouit la poésie

dans la rondeur des années

se scrutent du grand paradis

tous les cadavres terminés

 

20.

 

Personne

 

le travail rend libre : envahit par la pudeur l’être se consume dans un voile de négatif. je cherche un être en moi à pester à prendre et retourner. je cherche à te parler toi qui m’a troué de ton amour. je suis ton mort tout craintif de l’aube. le soleil montera et je me baisserai pour ramasser le galet d’être brûlant. et je ne le jetterai pas, je le laisserai sur le bord de la fenêtre de Personne pour qu’il m’envahisse à son tour. pour qu’il m’en perce les veinules. je resterai attentif.

 

je resterai dans cette salle de cinéma avec toi : nul silence mais ici des phrases

 

                                                                              

 nous serions alors tous les deux des

 animaux blancs ?

 

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À moi

14 Janvier 2019

lorsque tu te tais

il n’y a pas d’absent

car au contraire les décors restent

et les estomacs pondent

lorsque tu te tais

une matière suffoque

et ses lignes brûlent

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Le fantôme

14 Janvier 2019

Au loin la fenêtre de l’appartement d’une jeune fille allumée, elle est la fenêtre, allumées ; j’insiste… Elle m’allume. Je la connais. Trop. Je regarde presque tous les soirs danser sur de la grosse techno des années 2000, j’entends d’ici le bruit. Elle se dandine, bouge son cul dans tous les sens. Je remercie la perdition d’en être le spectateur. La musique est belle. Grosse et belle. Comme la queue de Teddy Rinner. Je l’appelle, je fais des gestes dans tous les sens mais elle n’entend rien, elle est au paradis. Comme le note la chanson de Cookie Dingler : c’est une femme libérée. Parfois je la vois se pencher sur son bureau taper un rail. La fenêtre se trouve à peu près à 200 mètres de la mienne. Elle est blanche comme du savon de Marseille, elle aurait pu être une beurette. Comme une prune. Ç’aurait été aussi excitant, voire plus. Enfin je sais pas. Tout ce que je sais c’est qu’elle est méga sexy. Je ne connais ni son nom, ni là où elle travaille, ni ses amis ou ses parents. Je fais la vigie le soir vers minuit et je la vois. Personne n’est jamais avec elle. Pourquoi ? Moi je pourrais être avec cette femme libérée. Je l’appelle Claire dans mes pensées visqueuses. Je ne la reconnaitrais pas dans la rue. Son endroit, sa place est nettement délimité dans mon cerveau : ce petit rectangle allumée au sixième étage.

C’est ma petite récompense en rentrant du boulot (je finis tard). J’aurais pu m’acheter des jumelles mais je n’en ai pas besoin. Claire n’a pas de visage, elle n’a qu’un corps et de la sueur.

Claire s’anime à partir de 23h30. Elle allume Basshunter et c’est l’extase. Parfois je m’allonge sur mon lit je n’entends plus que la musique au fond de l’être et je me masturbe l’être. Je m’endors la fenêtre ouverte après avoir jouis. Avec toujours au fond de moi cette clarté.

Je crois qu’il faut que je me trouve sérieusement une meuf. Ou, ou alors je reste avec cette horizon fantasmatique qui me fait trembloter comme si j’avais un peu froid. Un jour peut-être que je la baiserais. Peut-être qu’elle se suicidera (trop de cocaïne) avant. Alors que faire ? Demain je m’achète un mégaphone et je la hèle, espérant couvrir David Guetta. Me répondra-t-elle ? A-t-elle au moins une voix ? Une sexualité ? Je vois jamais d’autre êtres qu’elle dans cet appartement. Le décor est simple, il y a une table blanche avec tous les soirs de la coke dessus. Un canapé beige deux places. Je connais tout ça. Trop. Et une grosse chaîne stéréo Bose ©, blanche aussi. Je sais tout ça. La journée elle n’existe pas. Elle ne se montre pas. Ou elle dort pour se préparer afin d’être au top pour moi le soir. J’aime Claire.

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Logique de la discussion apaisée ou le principe du tiers-exclu

12 Janvier 2019

Avec mon pote on était pas d’accord.

Alors on a dit que c’est la faute de l’autre.

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Trouville

12 Janvier 2019

J’aurais bouffé du pâté pour chien pour elle si elle me l’avait demandée. Je crois que son ascendant sur moi, ses seins, ses côtes, ses mains (ses si belles mains d’humaine) ; tout m’affectait d’un enivrement sexuelo-masochiste qui ne redescendait à la sobriété qu’après que l’océan ne soit revenu à marée basse, c’est-à-dire lorsque j’entendais les cris des mouettes de Trouville qui le matin mangeait les crustacés qui avaient raté la redescente d’acide iodé, après une longue nuit sexuel interdite, fulgurante et insatiable de beauté divine qui en elle-même était le dieu au Premier Commandement me disait TU L’AIMERAS ET TU FERMERAS TA GUEULE.

Homme libre toujours tu chériras la mer, la mer est ton miroir, tu contemples ton âme.

La mer et Elle c’était bien ; c’était pas assez je ne pouvais pas aller plus loin. Je fermais ma gueule.

Une nuit je me levais pour fumer une cigarette, vers une heure ; je me réveillais depuis à peu près un an toutes les nuits à une heure, c’est cinglant ça force le cerveau à abréger le rêve, ce qui est par ailleurs assez étrange, car ces rêves dans tout leurs déroulements et leurs formes se finissaient exactement au bon moment. Une heure n’est pas le bon moment de l’arrêt de tous rêves ; bref j’ouvrais la fenêtre et avala ma première bouffée. Le ciel était nuageux, les étoiles indistinctes. Quelques-unes perçaient pourtant. Je croyais reconnaître l’étoile du berger. Enfin j’y connais rien en étoile.

Comme dans la chanson de l’autre là, je lui remontais le drap sur elle pour pas qu’elle n’attrape froid, nous étions en automne, le vent rentrait dans la chambre et notre virée allait s’achever deux jours plus tard.

Quand nous nous réveillâmes ensemble après un léger coït pas fabuleux nous descendîmes prendre le petit déjeuner.

Elle avait l’air morne des gros chiens dont on a l’impression qu’ils font toujours la gueule même lorsqu’ils sont excités. Je lui demandai ce qui allait pas. Elle fermait sa gueule.

Ça me faisait chier car je savais que quand elle faisait la gueule, je m’en contaminais vite et je me fermais aussitôt.

Mais il nous restais un jour et demie a Trouville avant de reprendre la voiture pour Les Lilas, alors j’obtempérais car mon surmoi, celui-là qui calme les passions tristes ou joyeuses voulait tout simplement que la fin du séjour se passât correctement, pour ne pas en avoir de mauvais souvenir.

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Les laveurs de carreaux maliens

11 Janvier 2019

Je suis une tour de contrôle sous morphine. Je vois le 29 Bobby Story ça va ouais enfin à part que je suis dans un hôpital à Vendôme avec on se double fracture péroné erroné qui vient mais carrément un message bravo tu as tellement après je t’appelle d’appareil pour développer et je te dis FaceTime Y vendrait il est grand d’après toi mon seconde ça se casse ses soucis causés mon appareil toi et connais bien en fait et de vous Paul ou Adrien paragraphe suivant habitant avec sa d’accord OK si Obama j’ai dimanche à tous pour le maintien c’est pas d’enfants aussi je poste s’est voilà aller voir un pote et Adrien de toute enfance est et puis premier soir chez le twist et le cassage en gros donc se partir de quatre jours et là je repars à Paris aujourd’hui y’a cinq minutes de samedi me cherchant voiture je le patronat ouais ça va se capter en vacances la présente toi qui viendras chez moi suivre déplacer ça danse tac tac tac va voir ma chérie en s’appelle Olga journée je jeudi 11h11 = d’accord OK et toi salut non seulement c’est passé ouais c’est alcoolisé lol d’accord et Samir comment ça va de moins place à ton honneur ce mercredi jour j’en profite toi de voir les trouve très bien comme tu veux sur mon mur sur mon mur Facebook de son blog ouais je t’appelle ce vendredi ou samedi tout, mais vaguement. Une tour en forme de vagin. Molle et agréable. Des objets comme le chirurgien orthopédiste ou des poèmes de pizarnik m’arrivent dans la gueule. Je ne comprends pas bien. Ça parle de plâtre, et poupées. Je n’ai plus mal à la jambes. Je veux retourner à Paris. Sentir le carburant. Me laver d’eau mousseuse des laveurs de carreaux maliens, misérables et pourtant propres.

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Saby compressor

11 Janvier 2019

Je crois que je l’aimais. Ça vient de loin mais je crois oui. Comme quelque chose que je récupère aujourd’hui nostalgiquement d’un amour précis mais lointain. Des brumes entachent cette relation avec Saby, avec Jul je crois bien qu’on était dans un café rouge. Des luminaires rouges. J’étais en up et en up tout est possible. Althusser ou de grands patrons d’entreprise sont bipolaire. En up est boom tout se fissure, tout est simplex on défonce toutes les portes, on parle à qui on veut quand on veut, pour rien parfois, pour un peu plus souvent. Là ce fut-elle. Je disais à Jul : on fait un concours de drague, celui qui baise ce soir remporte la victoire. Je m’étais empressé d’aller parler à cette fille un peu ronde mais avec de beaux yeux et ma foi une belle poitrine.

Elle était allemande. Je baragouinais quelques mots de ce si lointain anglais de lycée. Finalement je lui laissais mon numéro. Up. Jul remporta la victoire quand même, mais moi je m’en foutais un peu. En fait j’attendais qu’elle me rappelle toute la soirée.

Le lendemain matin elle m’appelle, elle m’explique qu’elle est en Erasmus de troisième année de licence de lettre.

 

Quelques années plus tard, après deux séparations, nous avions décidés de tenter nôtre chance une dernière fois.

J’arrivais à Frankfurt, elle m’embrassa sur la bouche. Ok, j’étais d’accord, je signais : la relation était donc remise au point de départ du bisou dès la gare.

Par ailleurs sale gare la gare de Frankfurt. Ils ont beau avoir des buildings, MainHattan comme ils disent (Frankfort est sur le Main) ça puait la drogue encore pire que gare du Nord. Les shootés au crack, les héroïnomanes côtoyaient les Relay © allemands où des gamins demandaient à leur maman d’acheter un magazine pokécrack. Bref c’était méga glauque.

On arrivait dans son studio à côté d’une fac de prêtre, un séminaire.

Je n’avais pas pris de drogue

 

            J’avais repris la morphine, comme une femme c’est-à-dire par faiblesse et elle était partie, encore une fois, de Paris. Elle m’expliqua un an plus tard qu’elle était avec Vincent le barbu.

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