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Articles récents

Réfléchi

20 Mars 2018

 

            J’ai cessé depuis fort longtemps de réfléchir en homme sensé sinon en poète. Et c’est bien là mon désarroi. À la place du syllogisme, la rime ; à la place de l’argumentation, le désordonné du vers libre.

            Je me confonds avec ce qui ne va pas de soi, s’étouffe dans la prime incompréhension, même de mes propres mots.

            De moi aux gens des liens à peine visibles faits de morceaux de vie, de morceaux de vers.

            Aussi, ce qui me tourmente, au vu de ce que je viens de noter, c’est ma tendance inexorable à toujours chercher les principes : la philosophie, sœur cruelle, me donne à voir ses postures, ses cambrures, ses courbes à priori salvatrices. C’est son élan fraternel et je ne cesse de l’imiter. Pourtant les mots qu’elles me concèdent je ne les digère pas, de l’incompréhension naît comme je note mon incompréhension de ce qui s’opère en moi lorsque j’écris un poème.

            Cruelle car elle me donne à voir son corps magique mais m’interdit de le toucher, l’inceste qui me sauverait m’est interdit.

            Parler m’est difficile, donner mes raisons encore plus. Comme un enfant je dois réapprendre à échanger, à lier des mots entre eux en vue d’un but social. Je ne dois pas, à mon âge, m’aventurer encore plus loin dans les délires des vocables, des mélodies oublieuses du sens que l’on veut communiquer.

            En somme je dois réapprendre à vivre en citoyen et élire non le poète et son sacrifice mais l’élu, le maire, la patrie, le pays ; pour l’habiter non en délirant mais, et c’est là mon ultime aveu, en frustré normopathe.

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17 Mars 2018

il faut plus qu’un poème,

c’est-à-dire un autre poème

pour célébrer le poème.

 

la nuit ouvre ses yeux en moi.

je puise dans le puits

j’assaille la poésie

mais, ivre de cela, une once de démence même, au centre du corps

point pourtant une question :

devrais-je le faire ?

en tout état de cause je n’en ai pas le droit.

 

Les filles sont toutes blondes.

 

l’oreille bouchée par les comètes

je fête avec les yeux l’arrivée

du tableau représentant le train.

 

de la pluie subordonne le poème

c’est que je pleure souvent lorsque j’écris

c’est que je pleure souvent lorsque j’écris

 

avant de dire le poème

de le fabriquer

j’aimerais que tu relises le début

car il n’y a pas de noyade sans eau

 

il faut faire durer la courbe.

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17 Mars 2018

j’ai laissé des troncs d’arbres :

des factures,

au gardien des faux.

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17 Mars 2018

Et tu mets les pieds dans l’eau, noyé seul.

Et tu pries, et tu rejoins, et tu vois ton idéal.

 

                                    Par où la mer fini.

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17 Mars 2018

Et si j’écris c’est pour pousser

vers le rendez-vous

qu’est la mer

la mort seule

nue

 

Et lorsque je fais le mot je fabrique en dehors

de moi.

 

Lorsque je dis le texte

elle revient intacte.

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Le Grand Maïakovski

16 Mars 2018

il est à marseille

 

laissez le

il parle

 

admettez qu’il

est quand même

assez beau

 

buvons une vodka

et écoutons le

  • c’est beau

dit une voix

 

c’est déjà fini !

il sort –

son front cogne le

ciel

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La vieille Eve

13 Mars 2018

 

à l’intérieur d’elle

il y a :

  • des organes
  • des poteries
  • des glaces
  • des ports
  • des pas ports
  • des longs organes
  • des petits
  • des loisirs
  • des charrues
  • des noms facebook
  • des sacs
  • des mollets
  • des plats de couscous
  • et rien d’autre.
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Poème à mon père

13 Mars 2018

Non insistante reconnaissance du geste d’amour

Plutôt annonce d’une fleur auparavant ployée en son erreur

Car par quels moyens s’ouvrir lorsque tout est intérieur ?

Annonce alors du tournesol se tournant en son secret, au zénith de son cœur,

Terreau qui abrogeât la longue et douloureuse naissance du recueil : fruit tardif, pur secret.

Ainsi soustrait à l’âpre chaleur du Narcisse, le tournesol est préservé dans son secret

En se laissant voir par qui veut lui ajouter sa splendeur en le humant, juste le humant.

Et tu fus une tournoyante abeille humant, le long de mes mots, le souvenir de Marie.

Et tu fus ce que tu es,

Notre père.

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Poème possédé à Fanny Metzli-Gadan

13 Mars 2018

 

poème possédé à Fanny Gadan

 

 

tu n’as pas à savoir plus que la stèle

puisque déjà le souvenir

s’est tu            en ton regard

seul l’instant – oiseau ou lumière

            (charme filtrant ma mort)

me dicte ce poème

en l’écorce du jour, nous allons voir Cézanne –

            et le tronc sera la stèle

            le tronc de la peinture

            tu n’as pas à le savoir, je serai là

            comme une feuille, Ô une seule et moi

 

mort certes et ami

et ami et vivant certes

car notre union ne connaît que ce qui guérit.

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Poème à mon psychanalyste

13 Mars 2018

Pour cela il faudrait

Pour cela

Parler

Pour cela il faudrait

Saisir au vol l’image

 

À la mesure de…

Mais je n’en parlerais pas

Il faudrait

Oui c’est vrai

Il faudrait

Une personne imbibée de silence dans la pièce où nous nous trouvons

 

Il faudrait ce peu de bruit
Entre votre visage et mon visage

Il faudrait encore

Encore et encore

 

Il faudrait travailler le silence

Et aussi la flamme

Car vous dire ce poème vaut bien des vies

Un massacre entre mes lèvres je le redis

 

Pour cela il faudrait

Des certitudes

De loin en loin

Afin que l’ombre de votre bras droit

(Je suppose votre bras droit comme celui de la masturbation)

Afin que cette ombre disparaisse

Qu’il ne reste que le bras nu

Et qu’il se tienne sans que je ne le comprenne ni vous ni moi

Ni la personne silencieuse derrière nous

Et qu’il se tienne ce bras pour nous protéger

De l’ombre de toutes les autres objets

 

Oui il faudrait cela et cela et cela

Et l’adrénaline

Éclaire ce peu de bruit que je dis

Et ce peu d’agir

Ce peu

 

J’ai essayé

Mais j’y retourne souvent

Au lieu

Au lieu d’écrire ma sœur la vie

Au lieu où ma sœur la vie s’épuise

Dans ce cabinet sans ombres n’en doutons pas

Oui il faudrait

Une attention abstraite à toute chose

Dans le doute

Nous pourrions envisager le suicide

 

Nous deux

Pour le monde

Pour mes paroles serrées entre l’enclos de mes dents

Pour leur rendre hommage

Celles-là qui de leur cage n’ont jamais pu s’envoler

Comme une lionne dans une boite

Qui grogne et on en a pitié

 

La personne nous écoute

Je clos

Par maîtrise du retrait

Par ma langue morte

Le poème est l’élevé

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