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3 Août 2018

Jure que tu ne le feras pas

Toucher l’espace de ma poésie

Briser les lignes et les arrêtes

Sucer les couleurs

 

Plutôt, fais-en un moyen

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Réfléchi sur l'art - technique pour s'approprier une oeuvre

3 Août 2018

une méthode que j’appellerai « le jugement par filtre fascinatoire »

qui consiste, lorsque je suis devant une œuvre d’art quelle qu’elle soit de présupposer ma propre fascination pour l’œuvre donc « d’incliner » mon être vers l’œuvre comme absorbé par elle et d’en ressentir, au prix de cette fascination artificielle, la joie, l’augmentation ect..

Si l’œuvre résiste à la fascination artificielle c’est qu’elle est vraiment mauvaise.

La fascination serait donc utilisée comme moyen et non une fin

 

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Rapport sur l’angoisse et la beauté

1 Août 2018

Les nuages sont des nuages

et ces trois personnes n’ont rien à se dire.

 

Si elles se révèlent être vraies,

ces deux affirmations engagent mon existence en deux voies :

l’inexistence de la beauté et l’existence de l’angoisse.

 

Si les nuages ne sont que des nuages alors la beauté n’existe pas.
Car la beauté se trouve toujours dans le lieu ouvert par la matière –

lieu immatériel d’où une parole peut s’échapper.

Si ces trois personnes n’ont réellement rien à se dire alors l’angoisse existe.

Car l’angoisse se dévoile toujours lorsque l’homme est à découvert,

lorsqu’il n’a pas de toit pour se protéger de la pluie,

lorsqu’il n’a pas comme rempart la parole, l’angoisse provient de cette vulnérabilité,

cette extinction de la parole, ce manque qui donne lieu au non-lieu.

 

Peut-être est-ce par ce que la beauté n’existe pas que ces trois personnes sont angoissés.

La beauté n’existe que dans la profondeur de la joie,

l’angoisse dans la profondeur de la merde.

 

Il m’est angoissant de ne voire seulement que des nuages dans le ciel

autant qu’il m’est angoissant de voir ces trois personnes n’avoir rien à se dire

et se forcer à parler pour ne pas laisser les blancs les envahir.

 

Mon angoisse est celle-là de voir les choses telles qu’elles sont :

des nuages blancs, des gens tendus.

Pourtant de ces deux affirmations je ne peux être sûr de leur vérité :

il y a une hésitation dans mon jugement.

 

Cette hésitation fait lieu de poème.

Le poème est habité par l’hésitation.

 

Cependant je choisis de pencher d’un côté,

 

Le plaisir d’avoir à dire

De la beauté du ciel de mai.

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NOTE sur « Nature morte au guéridon », Picasso, 1932.

31 Juillet 2018

NOTE sur « Nature morte au guéridon », Picasso, 1932.

Ce tableau m’inspire cette pensée sur la façon qu’à le receveur de recevoir dans un tableau ou dans un poème ;

ici je ne « vois » pas l’utérus ou avec difficulté certaine, il ne m’est guère important d’avoir l’idée que Picasso a voulu déployer, sa volonté propre au tableau, ce qui m’importe c’est ce qu’il ait déposé un champ autonome de lignes souples, quadrillages comme structure (en bas) à la possibilité d’une déstructuration du milieu et du haut, yeux interrogeant le spectateur sur ses interrogations à lui ; car c’est autant de lieux à investir en utilisant les ressources formelles du tableau comme ces deux flèches noires dans les parties rouges qui me permettent un bain de cyprine dans une salle de bain fautive de n’avoir pas commis la faute en un espace libéré. Ah !

 

 

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Réfléchi sur le langage

26 Juillet 2018

 

Il n’y a rien à voir derrière le langage. Il est partout et nul part. Il est le texte et non ce seul moyen d’atteindre le miel d’un poème, la logorrhée d’un monologue ou la discursivité d’un récit. Il est structure de tout. Et c’est seulement au prix de sa mise à mort qu’il se donne, en retour de refoulé comme conscience du Tout.

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écrire

26 Juillet 2018

écrire c’est dialoguer

‘fin non c’est pas vraiment dialoguer

c’est tutoyer en tout cas

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14 Juin 19h24

26 Juillet 2018

 

Infatigable de procrastination

L’article sur les rythmes de Tsvetaieva et Bonnefoy à écrire

Coule soudainement au dedans de ma gorge

Dans un cri hors pair où nullité

Et plénitude s’arrangent

Comme elles peuvent m’étouffant

Avec l’allonge du café

En un désert de signifiance chelou

En une possible étape qui

Tout à fait faisante

me fait me détester.

 

Puisque le Travail m’inquiète

Je m’inquiète à mon tour

Pour de bon – Oui –

Non pas de l’incréé

Plutôt de ce sentiment :

M’en voudra-t-elle ?

Celle qui ne me reconnaitra plus

Si un jour je la croise vers Filles Du Calvaire

Me voudra-t-elle ?

Celle que j’ai guélar sous un poème ?

 

Alors :

Retirer des moments

Aux jours

Et des jours Youtube

Et des heures de masturbation

Et des minutes où l’on ferme les yeux

 

Retirer un regard

Au café

Où l’on se voyait

Où l’on se dévisageait

Où l’on s’aimait

 

Alors :

Je regarde derrière moi

Nulle trace de procrastination

Avec Sabrina

 

Mais – mais – mais

Je ne pouvais plus

Lui prendre pour lui donner

Mais je ne pouvais plus…

 

 

Bonnefoy me dit – ce vieux connard - :

L’oubli a recouvert ce peu qu’ il fut

Sans âme – bête à deux têtes du regret et du désir

L’une se retournant

L’autre ouvrant sa gueule – signifiant

Ce qu’un être découvre

Lorsque apparaît l’essentiel transformation

Ce renouveau de lui-même par

Le truchement de cette pure décision consciente –

 

Puis

Marina Tsvetaieva en bonne Russe

N’indique à ma conscience

Aucun angle

Aucune concavité étrange

Seulement l’insomnie qui recouvre

En un écart et son contraire

La présence toute passionnée

De la brûlante Chloé !

 

Alors si cet article

Ne veut pas encore féconder

Les pages blanches de mon carnet

C’est peut-être parce qu’il faut du temps

Pour ouvrir les yeux

Distinguer la métamorphose de la rumeur des jours

Cette nouvelle façon d’accepter le Réel

Le matin sous un angle inédit

Puis de les fermer – ces yeux congestionnés –

Sur ce poème

Qui va s’éteindre

En ayant eu ce désir

D’inscrire sur l’arbre – pour vous, huit tout au plus –

En cette heure volée

L’Art et l’Éternité d’écrire

Pour mourir puis aimer.

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Poème à Chloé 2017

26 Juillet 2018

Pizarnik dit un trou dans la nuit

                        subitement envahit par un ange

 

*

 

J’attendais dans les tourments

de l’absence

qu’une main grise

se pose à cet horizon

qu’est mon corps

 

(Puisqu’il n’y a de corps qu’aux limites

                        je veux dire : c’est fermer les yeux et éprouver un centre

 

(Puisqu’il n’y a de centre qu’en l’affection

                        je veux dire : c’est accueillir la main dans l’écart

 

(Puisqu’il n’y a de trou qu’en la pensée

                        je veux dire il fallait se noyer pour l’entendre)

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Le père et la fille

26 Juillet 2018

Mon cœur bat trop vite – je prends un lexo –

Pourquoi le prendre si c’est pour étouffer ?

Au Peintre je vois un père et sa fille, de l’autre côté ;

Ce gars était au lycée avec moi

Qu’ai-je oublié pour ne pas avoir d’enfant moi ?

Que n’ai-je pas informer de ce qui fait ma jeunesse ?

La maladie ? Les toxiques ? Ou mon visage, tout simplement ?

(Pourquoi me suis-je courbé ? Puisque mon visage s’est tu…

Je dis : si mes os sont blancs, ma chair est fasciste : brune)

 

Demain ne sera pas – deuxième lexo –

 

            J’ai perdu la partie, lassé de me branler sur xhamster.

            J’ai du oublier je pense. Oublier la signifiance des beaux gestes…

 

Il discute avec sa fille. Elle ne doit pas avoir plus de six ans.

Si je fais un peu d’algèbre, je pense qu’elle naquit alors que ce gars avait 21 ans.

Et moi ? Et lui ? Et elle ?

 

  • troisième lexo –
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8 juin 2017

26 Juillet 2018

Ici le café déjà de l’ombre

ce sein troué retrouvé tard

les mots me débordent c’est tondre !

une nuit un jour et c’est ici dans ce bar.

 

Parfois j’oublie les phrases et

 

                                   je retrouve l’autre

 

            à l’horizon le poème exténue

 

déjà ces jours déçus

 

Ici le café déjà de l’ombre ; même :

 

L’ENCRE SERAIT DE L’OMBRE !

 

-

 

je ne travaille jamais

je dors tout le temps

je ne fais jamais la vaisselle

je m’en moque c’est pour maman

 

            alors le fils mitraillette dit :

 

            Un jour lorsqu’il sera trop tard pour réfléchir…. J’écrierai

 

                        et lorsqu’il sera trop tard pour écrire…. J’aimerai

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