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Articles récents

L’ÉCRIVAIN TENDU

18 Juin 2020

Je me dois de vous rappeler que je me dois de rappeler que tout d'abord je le rappelle. C'est rappelé. Rappelons-nous. Je vous rappelle. J'appellerais ça d'accord. D'accord le lien est tendu. Je vous rappelle. Quand je vous ai appelé vous vous rappelez. Je me dois de vous faire rappeler le lien tendu. Je me dois de vous rappeler. C'est convenu. Je rappelle et vous me rappelez qu'un lien est tendu. Un lien tendu est convenu est rappelé. Dans un lien qui est le rappel. Je vous rappelle le lien. Rappelez-vous. Tendu vous rappelez. Vous vous rappelez qu'il est un lien. Je me dois de vous rappeler qu'il est tendu. Ainsi vous vous rappelez dans un lien tendu que je vous ai rappelé quelques secondes plutôt. Je me rappelle de ce lien je vous rappelle qu'il est tendu. Je me rappelle de ce lien tendu, vous êtes rappelé par le lien tendu.
 

Ne jamais lâcher


 

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Cézannu

16 Juin 2020

La bombe à l’intérieur du tableau, prémisse visionnaire d’une conflagration en soi-même peinte et en soi-même profondeur et espace pour la vision qui se voit et qui sent que, bombée, dans son acception étymologique du mot comme convexité plutôt que bruit (la bombe de silence…) accordera à la pomme de Cézanne de n’être plus que la feinte double dimension mais réalité perçue en son cœur comme profondeur. Essayez de voir la différence de calcul entre un horizon et une profondeur, car, il faut le noter, ce qui est large ou grand pour un homme est, en dernière mesure, profondeur et étroitesse pour l’autre ; toute la question est de l’ordre de la perspective : de peinture aussi mais de point de vue pareillement.
Ainsi la pomme sera la dernière chance de Cézanne pour rééduquer par la crémation les musées du monde entier. Il y a d’abord l’espace en deux dimensions qui se laisse entendre comme précarité privilégiée d’un monde qui s’enfuit toujours dans notre monde voyant, sentant et le monde de Cézanne où il est senti par la Sainte-Victoire ou ses natures mortes, il dira « les choses me parlent ».
La perspective traditionnelle creuse une profondeur dans le tableau, la perspective de Cézanne arrondit les volumes jusqu’à leur extrême résistance.
Aussi, je fais bon droit à mon jugement de poète pour donner à Cézanne la marque de celui qui fait ouvrir la phrase en son milieu, le jaillissement résiste, le verbe après le sujet et avant la copule explose dans un frémissement dangereux où l’être résiste et pourtant se bombe, se replie, se déforme comme les tables en ellipses devant le portrait de Geoffroy qui n’est pas plus l’exacte mesure géométrique et cartésienne du monde partes extra partes mais sensation d’un monde perçu par un autre monde, le sujet qui voit le tableau et le sujet, Cézanne qui a toujours déjà vu le tableau comme il n’y a de sens qu’après que les choses soient dites car préalablement elle résiste à la signification. Cézanne peintre de la Parole plutôt que de la Langue.

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toucher

14 Juin 2020

Toucher

 

Et je fais de la poésie qui touche

Le but est de toucher

Qui touche 

C’est tellement le but

C’est de toucher

Vraiment

Mais toucher quoi ?

 

*

 

Toucher le nerf

De l’animal

 

*

 

Toucher la pierre polie

 

*

 

Toucher la feuille de papier

D’acide et de menthe

 

*

 

Toucher les ronces

Des yeux d’une fille

Et ne pas l’épargner

Après que mon sang ait couler

 

*

 

Toucher la sculpture

La caresser épousant

Ses angles ses cavités

Et ses plats

Et que je la sente réelle

 

*

 

Toucher les seins d’une actrice porno

 

*

 

Toucher la toile d’une l’araignée

La faire venir

Et bouffer l’araignée

 

*

 

Toucher les roues d’un Chopper

Et m’appeler Z

 

*

 

Toucher un mur

Pour qu’il s’effondre

Dans le creux de mon vœux secret

 

*

 

Toucher ma bite

Et bander

 

*

 

Toucher le rien

Et que le rien advienne

 

*

 

Toucher et toucher et toucher. 

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Poèmes pour le vin "Jeanne" du pays d'Oc journal La Quilles

14 Juin 2020

1 :

 

Lorsque je te tiens

Verre

Je te sens

Senti

 

Et je me sens

Sentant

Puisque ton étoffe me plonge

Dans mon corps

Quelle éphémère

Et pourtant solide

Sensation !

 

Ensuite

La gorgée

Qui s’enfuit dans ma gorge

M’absorbe moi-même

Dans ce salut à la matière

Certes liquide mais tant elle fond

Me creuse et m’invite 

Dans l’englobement de menthe

Et de ton bruit jaunissant

D’un pays de poètes d’Oc

M’inclus à jamais sur ton rivage

Où tu n’es plus vin, Jeanne !

Mais corps agissant !

 

2.

 

Suppose

 

Que le verre se mette 

A trembler

 

Dans la main

D’une Femme

Dont le corps

Est un rocher

 

Alors 

Tu pourras l’embrasser

Comme si le verre

Fut le tient

 

Et insister un monde

De lumière jaune blonde

Et d’espace au goût

D’un baiser

 

 

3.

 

Faisons, Jeanne

Comme si par hasard

Nous ne nous étions jamais rencontrés

 

Et 

Comme si nous croyions

Nous connaître

 

Après

Après l’ultime parole

L’ultime gorgée

 

Embrassons-nous

Comme si nous avions eu l’habitude

De l’avoir toujours fait

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L'édredon

12 Juin 2020

Ils sont beaux les pigeons avec une moitié de pate

Ils sont beaux les clodos avec une moitié de pate

Ils sont beaux les soldats avec une moitié de pate

Ils sont beaux les marins avec une moitié de pate

Ils sont beaux les poètes avec une moitié de pate

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La petite souris

12 Juin 2020

Dans la rue, je marche avec Guillaume vers le Luxembourg. Il fait chaud. C’est l’été. Nous sommes en 2027. Moi et Guillaume avons le même âge : 22 ans. Guillaume a une casquette de base-ball, un début de barbe, de grands yeux verts, un t-shirt blanc et un jogging. Pour ma part je suis entièrement en noir, de velours pour le bas et d’une veste coupée pile-poil à mes petites épaules The Kooples. Je suis mince et ne porte pas de lunettes de soleil.

Il y a beaucoup de monde dans la rue Vavin et les gens parlent tout seul avec des interlocuteur inconnus et interdits à notre attention. Au feu, de l’autre côté de la rue j’aperçois une fille en tailleur. On dirait une petite souris. Une belle petite souris. Elle est habillée en noir elle aussi. Élégante. Désirable. Elle me fixe des yeux. Elle jette des coups d’œil à Guillaume. Je comprends déjà…

Le feu piéton passe au vert et nous continuons de nous fixer des yeux jusqu’au croisement des épaules. Je retourne la tête puis une seconde plus tard elle retourne elle aussi la tête avec un sourire en coin.

Je ne dis rien à Guillaume, il faut agir vite.

Sur ma plaquette je lui envois un message. « Is i tokay for both of us?”, Elle répond par un simple “ yes” puis quelque seconde plus tard part un « Les toilettes nord du jardin du Luxembourg dans 15 minutes ».

J’explique la situation à Guillaume, qui le ravit même s’il n’a pu voir la créature, la description que je lui en fais lui sied. 

Nous buvons vite un café au comptoir d’une brasserie puis nous engageons dans le jardin.

Nous trouvons le lieu-dit. Approchons et soudain une main vient m’arracher Guillaume. Je reste cois. J’attends. Dix minutes plus tard Guillaume sort en remontant la braguette, me fait un clin d’œil et me fait signe de rentrer. J’ouvre doucement la porte. Elle s’essuie avec du savon liquide la vulve, me regarde et sans un mot commence à m’embrasser. Elle me touche les couilles.  Déboutonne mon velours noir et me fait une fellation. Nous entendons un cognement à la porte. Qu’importe. Ce qui a commencé doit être fini. Je la prends en levrette, elle les mains sur les cabinets, sa petite taille fait qu’elle monte haut la croupe, je la pénètre et jouis très vite. Elle s’essuie à nouveau et me fait signe, sans un mot mais d’un mouvement de tête de me tirer. Dehors un gros monsieur d’une soixantaine d’année rentre et ouvre grand les yeux sur la créature, elle sort sans nous adresser un mot, part vers le côté est du jardin. Guillaume vient vers moi. Nous sommes silencieux. Nous sortons du jardin du Luxembourg.

Heureux.

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La chouette et les schlags

8 Juin 2020

 

La chouette offre dans son envol au lecteur des parties basses inconnues mais possibles

Les hommes eux ne se soucient que des mots (la chouette aussi tu mdiras)

Mais lorsque les hommes seront d’accord sur le sens de chaque mot, la poésie n’aura plus sa raison d’être

Mais je reste sur le chouette de Minerve

Il existe des ponts où il y a des clochards qui vivent amoureux sans jamais avoir vu l’envol de nuit, d’une nuit sans fin. Est-ce trahir la philosophie que de dire ça ? La chouette de Minerve s’envole au crépuscule pour honorer la peinture des sensations organisées

Comme gowing je lis hopkins et blake le petit chien américain

Et j’avoue avoir des partitions faciles sous les yeux dont l’extrême pointe figure le détail, de la virgule là, de l’exécution des parodies de poésie exclutoire

On n’en finit jamais avec la fin d’un poème

Alors comme rosnay

La petite cédille dit à l’accent circonflexe

Je t’aime

Et pour te le prouver je fais un S

Avec un C

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le soleil attend la langue du chien

2 Juin 2020

et le sombre soleil

attendu par son chien

les obtentions

des obtentions

le soleil sur nous

attend son chien

attend la langue 

pendue de son chien

comme le poème écrit

l’après midi dans l’après midi

du chien

attend son chien

et par la fenêtre

je vois un autre chien 

plus petit

attend un chien

un autre soleil

et un cahier chien

les petites fautes commises

par le chien attendant

son maître

le soleil attend son chien

le poète attend et persiste

à attendre et respecte

l’attention que je lui porte

pourquoi ?

pour avoir la belle langue pendue 

du chien

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90 balais

2 Juin 2020

 

Je faisais attention

A mourir dans un cercueil

Toute ma vie durant

Je faisais attention

À manger des bagels toute ma chienne de vie

Je faisais attention

A bien me positionner en position de missionnaire

Je faisais attention

A me curer le nez

Je faisais attention

Toute ma vie durant

A penser aux clopes

Et à les fumer 

Tout en les pensant

Je faisais attention

À aller au musée d’orsay voir la naissance de vénus de cabanel encore plus belle que celle de boticelli

Je faisais attention à construire des murailles entre mes parents

Et moi

Je faisais attention à cracher par la fenêtre par ce que sur le plancher c’est dégueu

Je faisais attention à faire attention de faire attention

je faisais attention à regarder le rayon poésie contemporaine à tschann

je faisais attention à manger des glaces l’été pour m’hydrater

toute ma chienne de vie

je faisais attention à ma première ride

je faisais attention à être à la bonne place du bon père ce matin

Je me perdais en faisant attention à faire attention de faire attention

Tout ça pour crever dans le sol

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Jaccottet et le petit Jésus

2 Juin 2020

Il y aura toujours cette lame de lumière

Non pas que je veuille écrire comme Jaccottet

Mais quand même

Ya une lame

Ça j’en suis convaincu

 

Il y aura toujours une lumière

Et même si non là

Quand bien même dans le sel

Par le sel

Pour le sel

Dans les pates carbonara 

 

De l’étier du mourir la lumière en lame

Inconnue

Vibreuse et charmante

Loin de tout cela

Du dîner chez mon père

Où l’on parlait de psychanalyse

En ne rigolant pas

Et où l’on parlait de cancer

En rigolant

 

Cette lame inconnue

 

Je suis entré

Je l’ai vu

Jésus

Il agitait ses mains

Il voulait avoir raison

Et lorsque je suis partie

Je l’ai regardé par derrière

Cloué

Comme une autre femme

Clouée

Devant lui

Priant

Alors j’ai pris mon vélo

J’ai fait marche arrière

Sur le porche

Et je les ai laissés

Faire

Ce qu’ils avaient à faire

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