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Le poème et le photographe

19 Octobre 2020

Choisir entre le brut et la chair. L’écriture diffracte la raison, ce choix susdit c’est celui du pari entre le raisonnable et l’arraisonnable (ce qui veut se maintenir sans raison). Écrire un poème est une expérience qui a lieu dans l’un ou l’autre. Les mauvais poèmes appartiennent, vous l’aurez bien senti à la première catégorie – même si dans l’histoire de la littérature la raison a pu parfois faire grand bien.

Le brut raisonnable, à polir certes mais à engendrer d’une pensée dialectique, symboles puis référent, réalité nommée du dehors. Extralinguicisme.

Lorsque j’écris, je ne sais plus bien qui je suis, le monde des sens se troublent, Rimbaud l’a dit comme Lautréamont, et le clavier allumé est le réceptacle à des rites antiques que je sais savoir tout en ne les sachant pas. Ils apparaissent, sorcellerie du présent hanté par les plis et replis dans la conscience universelle et génétique.

Rimbaud veut se faire voyant car il voit qu’il n’y a que le monde invisible qui puisse exister. Le monde catégorisé par le concept n’apporte pas la présence immédiate, la saveur de la nuit froide où pieds et mains liés nous sommes libres et certainement c’est la nuit que les fantômes renaissent et résonnent de leur époque ancestrale. Ou bien devant une église arménienne faite d’un roc solide et de voutes romanes associant l’immédiat au passé. L’espace au temps perdu et pourtant toujours là dans l’étonnement d’une forme nouvelle, qui, en acte, sera objet poétique.

            La croissance en nous d’une fureur, lorsque le petit clapotement du clavier dégénère nous le cherchons, je le cherche dans la machinerie chimérique de la langue. Je veux, et c’est assurément une pulsion qui vient d’un autre qui est toujours moi : avoir la pensée du poème, son rythme, sa saccade et un lexique agencé tel afin que ce qui se lit ne se voit pas.

            Tout est là. Ce qui se lit ne se voit pas, c’est dans le contre-ciel, dans le dérèglement des sens, dans l’idéalité vide que je me procure la vision d’un poème qui n’a pas de référent. Une abstraction totale, infini, replié sur elle-même, rebondissant sur les autels toltèques et papales, crachant à la Lune et maintenant l’absence de raison (je ne dis jamais mes raisons), l’arraisonnable jusqu’à l’expérience-limite d’un dehors contigüe au-dedans : implosion sacrificielle : qui est beau et n’a pas d’ailes : moi.

            Maintenance de l’ordinateur dans la tornade, tempête dans la mer du nord qui amène le limon et la montée des eaux : des pages word remplis : Bruges est bien devenu un port. C’est que pour arrimer la langue il faut se faire navire et les flibustiers sont les mouvements craquants des doigts qui s’élargissent et se rétractent, mouvement anormal, arythmique, mais phonique. Le matin est glacial, tous les matins sont glaciaux : c’est leur but. Leur but est de remplir l’incarnant en prospectives diverses. Tourner les pages de Ponge ou de Quintane et remplir le document word. C’est ça l’avancée de la lame de fond : ce sont les autres poètes glacés morts ou vifs qu’importe pourvu qu’ils pullulent et se ressemblent.

            La neige tombe. Je la photographie, instant primordial de l’image pourvu qu’elle n’ait pas de but, elle… L’image photographique est semblable au vers : il en va de l’instant qui ne va vers rien que retour sur lui-même ou au plus profond retour sur le néant. Le vers d’après, la vision non-conceptuelle d’un film, d’un clip, d’une photographie, ce vers d’après l’image reconnue comme ressemblance, icône c’est le cheminement vers la parole.

            Image et mots, aqueduc vers le poème, promenade solitaire sur le pan sacré de La montagne magiquede Thomas Mann. La neige tombe et l’appareil, ou les mains, ce qui revient au même creuse une béance entre le néant de la matière et la présence pure d’un acte en creux. Depardon savait distinguer le néant de la ressemblance et la capture du néant revenu au présent.

            Une image, imago est, si elle se sous-entend elle-même toujours refus du néant ou bien néant néantisé. Comme les peintres qui peignent ce qu’ils ne peignent pas : Turner, Poussin, Goya…

            Le poème a de la chance dont il souffre, c’est qu’il doit rendre compte du hasard mot pour mot. Chance car le hasard est lui-même le tribut de l’homme, de la conscience et de sa liberté mais souffrance car le but est médiat alors qu’on veut acquérir du hasard une connaissance parfaite de ses combinaisons comme l’image le fait en un instant. Évidemment il y a de bons et de mauvais photographe, bons et mauvais metteurs en scène. Mais le hasard est pour eux plus une question de mot mais d’angles. Un angle in situ, le hasard advient, le moment de déclencher la photo puis on admet l’arrivée de la fin d’un hasard enfin capturé, d’une concavité de la matière absorbée dans sa différence, sa hasardeuse différence de ne jamais se retrouver la même.

            Je me déchire chaque fois que j’écris entre ce hasard, cette condition qui commande et la complaisance du bon mot. Il est très difficile d’écrire juste car le juste n’est pas le milieu, la règle classique, mais la narration par la parole d’une chose à la place de l’autre toujours en double-fond (comme la peinture). J’écris « vite » et instantanément « vite » n’a plus de vitesse. Il faut doubler le mot « vite » d’une énergie qui se symptomatisera au déclenchement d’une image de la vitesse. Et l’image de la vitesse il faut la trouver. Et c’est compliqué car on ne peut réécrire du déjà écrit, il faut tout à fait inventer.  

            Le poème est toujours avant tout, il est a priori, il n’existe pas dans le réel comme nous le font croire les bandes de performers qui réduisent l’existence poétique à sa formulation situationnelle quelle qu’elle soit. Le poème doit puiser sa source dans le rien et en finir en « rien » que l’inanité sonore. Il peut être dit, moyen, au plus, d’un exercice pour sentir le rythme que l’aboutissement d’un travail. Il doit rester un dossier mental, qui n’a pas de référent, et si la performance veut absolument situer le verbe sonore dans in situ il doit déployer son retour sur lui, son inaboutissement. Car l’art est inaboutissement de la nature, la mimésis des performances n’est que la nature faite réel d’un poème qui ne doit rien à la nature et se retrouve en lui-même, dans sa présence, dans son angle, sa concavité, sacré du livre ou de l’image du livre.

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24 Juillet 2020

Je me lève vers le toit

D’autres se sucent les points noirs de l’oreiller

Je me lève vers le toit 

            Le café du nuage gris

                        L’antenne attrape les signes de l’URSS 

 

Geste à peau

Je me vois mal conduire

J’ai des élans de condor

Des brûlures sur le cul il fait si chaud

Je m’envole de Dissay-sous-Courcillon

 

 

                                    Les chaudrons sont pleins à craquer de cocaïne

 

 

Je signale au lecteur mon attrait pour la cocaïne mon bec

Fume une clope

 

Allie est là mais rien n’y fait

Je bouge sur la toile

Mes ailes d’or n’en finissent plus d’être de la pisse

 

Un morceau de sucre                                    palme paille

Mark Twain                                                   on m’a dit que c’était bien

 

Je suis trou bémol remastérisé d’une chanson de La Femme

Sous terre je les connaissais

A l’air c’est du fooding street food frites McDo

 

Moitié remplie de sirènes moitié remplie de poulpes

Elle est ma sœur de chatté

Chatté moyen de servir l’expression littéral fume

Fume je reviens à la maison de la campagne de la Doriane

J’y retrouve mon bébé street food asian company

 

                                    Je n’ai pas d’espace entre les étoiles pour prier

                                                   Je n’ai pas d’espace entre mes mains

                                              Anoushka est la plus belle chose que

                                                                       J’ai produite dans ma vie

                                                              Elle est tout ce qui résiste à la mort

                                                                 Elle est ce que l’on appelle la vie

 

Des hordes de soldats se ruent en 1925 sur les paillettes

De madame paillettes

Marion Cotishit

 

 

Le rêve du jeune homme se formule ainsi : assassiné la bêtise de Behar

Le rêve est excausé

 

Les lois ne sont pas des lois elles sont le fond imaginé par les métaphores

 

Les limites de mon langage sont les limites de mon ombre

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Anoushka dans mon verre

24 Juillet 2020

J’ai bu

Je l’ai bu

Dans le garage il y avait un cubi

Je me suis jeté dessus

Je me suis jeté dans la mort

Le drapeau de la mort a virevolté

L’ivresse est au-dessus de moi

Complétement au-dessus de moi

J’ai cessé d’être ivre 3 journées entières

Et maintenant je suis l’homme

Le père 

Je bois

Je bois

Et 

Je bois par ce qu’il fait chaud

Mais même s’il ferait un temps glacial je boirais aussi

Tous les temps sont propres à boire

Je fais de chez pépé l’endroit où je bois

Dans un immense verre

Où Anoushka flotte

A la surface

Et je ne m’en veux pas

Car elle est à la surface

Elle nage dans le rouge

Comme dans la mort confortable

Elle est confortablement installée dans mon sang

Comme dans la mort

Du placenta que l’on jette

Un jour moi aussi je jetterai mon placenta

Mais je ne m’en veux pas de boire

J’écris

J’insiste l’écriture

Je me pose comme statue de sel absorbante

D’art brutal

D’écrire à sa fille depuis la mort

Qui est tendance et résistance à la mort

Tout ce qui résiste à la mort est la vie

D’Anoushka à la vie il n’y a qu’un pas à faire

Prier deux manières 

L’une en buvant

L’autre en étant sobre

La première semble incorrecte

L’autre correcte

La première car on ne boit pas pour prier

La seconde car prier c’est boire

L’eau du bénitier

J’ai des foultitudes d’avances sur le pain

Sur la sorgue

Sur le bidon

Sur la mitraillette 

Sur villegenon

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24 Juillet 2020

 

Le matin délivré de tous ces appendices mentaux

Ce n’est pas pour moi

 

            Je m’endors Roucoups

            Je me réveille aigle

 

J’ai bu

Et là n’est pas le problème précisément

Je ne suis pas avec ma fille

Je ne suis avec rien

Et c’est là précisément

 

            Que se noue le désir d’alcool

            Au désir d’une coulée de métal dans les veines

            Non pour le métal

            Mais pour les veines

 

Qu’elles soient irradiées

Qu’importe la dose, le verre la bouteille, le magnum qu’importe qu’importe

Il reste et il s’y tient

Je prends mon stabilo et commence à dessiner des déserts d’errance

De mon corps bu à la source viennent les nains

Et blanche-neige 

Et viennent les ordures

 

Je dois à mes doigts l’écriture sans réserve

Je me suis assis et j’ai bu

Qu’importe le rêve de ne pas se croire alcoolique

Ou de se croire incontinent

 

Viennent les douloureuses plaies du matin

Que le soleil évoque parfois

Au creux du transat’

Même les rivières savent

Ma boisson

Même mon grand-père

Et pourtant je suis autre

Je ne suis pas celui-là qui boit

Je suis celui qui ne boit pas

En buvant

 

 

                        C’est-à-dire que je suis un homme

                        J’aimerais appeler les alarmes et les sonneries

                        Les coups de dés les foires aux bestiaux

                        J’aimerais vivre plus longtemps

            Dans cette unique fiançailles au bord de la marée 

De jeu d’échecs je dois partir

 

Laisser le bout humide

Et la glotte retour

 

Avez-vous déjà commencé à boire Antonin ?

Non j’ai commencé à vivre

Les troupeaux de moutons dans le Morbihan sont ivres

Comme les enfants

Comme ma mère

Les lendemains chantent

 

Je n’ai jamais eu le goût pour les surprises, je les détecte

 

L’entreprise

Ted Cruz

Le rhum

Le whisky

 

                        J’aimerais vivre plus longtemps

 

Et les vents de sable inodores

Presqu’utile et jamais condescendants

Ont fait de ma vie un outil

Pour désaxés les manteaux de fourrure

 

            J’ai des dents de loups rappelez-vous en 

A l’aune du féroce destin je caresse mon poignet

Et entretue les pouvoirs mystiques de la raison d’appuyer sur l’os pour en faire sortir

Du pus

 

L’abondant été de l’homme

 

Il mange des mouches

Se baigne

Enfreint les règles

Bois de l’eau croupie

L’abondant été de l’homme

N’a jamais été compris

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A.

24 Juillet 2020

Il y a la fille

Elle est partie à 11h39

Pour le direct PARIS gare MONTPARNASSE

Il y a la fille

Avec qui j’ai bu

À coups de marteau

Nous avons eu une discussion 

C’est fini

Comme une étoile du Centaure

S’éteindre

Pourrir 

Puis 

Rien 

 

Il y a la fille qui ne m’a jamais fait de mal

J’étais son premier mec

Elle avait peur

Et aimait me bras contre elle

Ses mecs tinder

Elle ne pouvait pas

Alors j’ai brodé le bateau

L’éternel été de l’homme

Dans le train elle doit pleurer

« Dis, tu ne me quittes pas hun… »

Ses mots chelous

Ses mots bizarres

Elle ne savait pas comment faire avec l’amour

 

Elle faisait du mieux qu’elle pouvait

Elle conduisait le char

Elle avait un bluebird in her heart

But she was too tough for him

She says stay in there

I’m not going to let anybody see you

 

Elle souriait

Elle croisait les jambes et mettais du rouge à lèvres 

Elle ne déconnait pas avec l’alcool

Elle regardait Instagram

Elle se trouvait stupide

Alors qu’elle me perforait

 

Je l’ai laissé prendre le temps qu’il fallait

Pour choisir de partir

Toujours

Toujours ça foire

 

Et ça a foiré.

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hank

24 Juillet 2020

Le grand chemin de l’alcool

Abondance viendra

Poétique autonome

Chevaux lavés

L’ambition enfantine du poète est de devenir dans l’espace

J’ai oublié ce que je voulais dire dans le poème

L’écarteler serait une bonne idée

J’ai des champignons sur les pieds et au thorax

It’s enough to makes a man weep

But i don’t weep

Do you ?

 

Sans faire du Buk ou du Char

J’exerce mon pouvoir de prohibition de la poésie sous vos yeux

Car tout ce que j’ai à dire est dit

Caché certes

Mais dit c’est fragmenté

J’ai trop

 

Trop 

L’habitude

L’habitude

De la cocaïne

Pour substituer ce manque

Le grand chemin de l’alcool

Abondance viendra

 

Dans les champs de pavot

Quand l’angélus sonnera l’heure du grand midi

De l’injection 

Je bâtirai un temple dans ton ouïe

Oh toi grande fille du grand midi

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24 Juillet 2020

Rien

            Chose

 

= langage

 

Matrice cunéiforme 

            

            Jeu maudit

 

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Jean Follain

15 Juillet 2020

Rester près du lit

Au cas où

 

Lire blanchot 

Au cas où

 

Y’aurait besoin d’écrire des saloperies comme Hank Buk

Je ne suis pas une racine

Mais la maladie mais la maladie

A Paris

Département Île-de-France

 

J’ai un contact chinois sur les hauteurs nobles de la noblesse

Il a une limousine

 

Sortez du rêve 

Je blanchis

A la craie mes poumons

Et ose un regard sur mes veines bleues

Mon portable fendue

Un esprit libre…

 

Mais si la brutalité existe

Je suis une ouverture niquée

Baisée

Salopée

 

Exister dit Jean Follain

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15 Juillet 2020

Il y a une abeille défense

Des piqures auprès de la 

Cervelle

Combien ça fait en dollar ?

 

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du raz

15 Juillet 2020

Il y a des semblables

Des chevaux

Que la nuit cache et

Leur vitesse

Au galop

 

Me presse d’écrire

La nuit tombe

Et je ne cesse pas d’intervenir la station bipède 

Des monstres de silence ont envahi mes oreilles

Je ne suis pas un suicide

Je suis le suicide

 

Le problème du suicide est le suivant :

Rien que des petites poupées gonflées d’air pur de la montagne

Et Les Petits Chevaux de Tarquinian

De l’Irak corps constipé

Et la maladie de la peau

 

Ce n’est pas grave

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