Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Articles récents

La petite souris

12 Juin 2020

Dans la rue, je marche avec Guillaume vers le Luxembourg. Il fait chaud. C’est l’été. Nous sommes en 2027. Moi et Guillaume avons le même âge : 22 ans. Guillaume a une casquette de base-ball, un début de barbe, de grands yeux verts, un t-shirt blanc et un jogging. Pour ma part je suis entièrement en noir, de velours pour le bas et d’une veste coupée pile-poil à mes petites épaules The Kooples. Je suis mince et ne porte pas de lunettes de soleil.

Il y a beaucoup de monde dans la rue Vavin et les gens parlent tout seul avec des interlocuteur inconnus et interdits à notre attention. Au feu, de l’autre côté de la rue j’aperçois une fille en tailleur. On dirait une petite souris. Une belle petite souris. Elle est habillée en noir elle aussi. Élégante. Désirable. Elle me fixe des yeux. Elle jette des coups d’œil à Guillaume. Je comprends déjà…

Le feu piéton passe au vert et nous continuons de nous fixer des yeux jusqu’au croisement des épaules. Je retourne la tête puis une seconde plus tard elle retourne elle aussi la tête avec un sourire en coin.

Je ne dis rien à Guillaume, il faut agir vite.

Sur ma plaquette je lui envois un message. « Is i tokay for both of us?”, Elle répond par un simple “ yes” puis quelque seconde plus tard part un « Les toilettes nord du jardin du Luxembourg dans 15 minutes ».

J’explique la situation à Guillaume, qui le ravit même s’il n’a pu voir la créature, la description que je lui en fais lui sied. 

Nous buvons vite un café au comptoir d’une brasserie puis nous engageons dans le jardin.

Nous trouvons le lieu-dit. Approchons et soudain une main vient m’arracher Guillaume. Je reste cois. J’attends. Dix minutes plus tard Guillaume sort en remontant la braguette, me fait un clin d’œil et me fait signe de rentrer. J’ouvre doucement la porte. Elle s’essuie avec du savon liquide la vulve, me regarde et sans un mot commence à m’embrasser. Elle me touche les couilles.  Déboutonne mon velours noir et me fait une fellation. Nous entendons un cognement à la porte. Qu’importe. Ce qui a commencé doit être fini. Je la prends en levrette, elle les mains sur les cabinets, sa petite taille fait qu’elle monte haut la croupe, je la pénètre et jouis très vite. Elle s’essuie à nouveau et me fait signe, sans un mot mais d’un mouvement de tête de me tirer. Dehors un gros monsieur d’une soixantaine d’année rentre et ouvre grand les yeux sur la créature, elle sort sans nous adresser un mot, part vers le côté est du jardin. Guillaume vient vers moi. Nous sommes silencieux. Nous sortons du jardin du Luxembourg.

Heureux.

Lire la suite

La chouette et les schlags

8 Juin 2020

 

La chouette offre dans son envol au lecteur des parties basses inconnues mais possibles

Les hommes eux ne se soucient que des mots (la chouette aussi tu mdiras)

Mais lorsque les hommes seront d’accord sur le sens de chaque mot, la poésie n’aura plus sa raison d’être

Mais je reste sur le chouette de Minerve

Il existe des ponts où il y a des clochards qui vivent amoureux sans jamais avoir vu l’envol de nuit, d’une nuit sans fin. Est-ce trahir la philosophie que de dire ça ? La chouette de Minerve s’envole au crépuscule pour honorer la peinture des sensations organisées

Comme gowing je lis hopkins et blake le petit chien américain

Et j’avoue avoir des partitions faciles sous les yeux dont l’extrême pointe figure le détail, de la virgule là, de l’exécution des parodies de poésie exclutoire

On n’en finit jamais avec la fin d’un poème

Alors comme rosnay

La petite cédille dit à l’accent circonflexe

Je t’aime

Et pour te le prouver je fais un S

Avec un C

Lire la suite

le soleil attend la langue du chien

2 Juin 2020

et le sombre soleil

attendu par son chien

les obtentions

des obtentions

le soleil sur nous

attend son chien

attend la langue 

pendue de son chien

comme le poème écrit

l’après midi dans l’après midi

du chien

attend son chien

et par la fenêtre

je vois un autre chien 

plus petit

attend un chien

un autre soleil

et un cahier chien

les petites fautes commises

par le chien attendant

son maître

le soleil attend son chien

le poète attend et persiste

à attendre et respecte

l’attention que je lui porte

pourquoi ?

pour avoir la belle langue pendue 

du chien

Lire la suite

90 balais

2 Juin 2020

 

Je faisais attention

A mourir dans un cercueil

Toute ma vie durant

Je faisais attention

À manger des bagels toute ma chienne de vie

Je faisais attention

A bien me positionner en position de missionnaire

Je faisais attention

A me curer le nez

Je faisais attention

Toute ma vie durant

A penser aux clopes

Et à les fumer 

Tout en les pensant

Je faisais attention

À aller au musée d’orsay voir la naissance de vénus de cabanel encore plus belle que celle de boticelli

Je faisais attention à construire des murailles entre mes parents

Et moi

Je faisais attention à cracher par la fenêtre par ce que sur le plancher c’est dégueu

Je faisais attention à faire attention de faire attention

je faisais attention à regarder le rayon poésie contemporaine à tschann

je faisais attention à manger des glaces l’été pour m’hydrater

toute ma chienne de vie

je faisais attention à ma première ride

je faisais attention à être à la bonne place du bon père ce matin

Je me perdais en faisant attention à faire attention de faire attention

Tout ça pour crever dans le sol

Lire la suite

Jaccottet et le petit Jésus

2 Juin 2020

Il y aura toujours cette lame de lumière

Non pas que je veuille écrire comme Jaccottet

Mais quand même

Ya une lame

Ça j’en suis convaincu

 

Il y aura toujours une lumière

Et même si non là

Quand bien même dans le sel

Par le sel

Pour le sel

Dans les pates carbonara 

 

De l’étier du mourir la lumière en lame

Inconnue

Vibreuse et charmante

Loin de tout cela

Du dîner chez mon père

Où l’on parlait de psychanalyse

En ne rigolant pas

Et où l’on parlait de cancer

En rigolant

 

Cette lame inconnue

 

Je suis entré

Je l’ai vu

Jésus

Il agitait ses mains

Il voulait avoir raison

Et lorsque je suis partie

Je l’ai regardé par derrière

Cloué

Comme une autre femme

Clouée

Devant lui

Priant

Alors j’ai pris mon vélo

J’ai fait marche arrière

Sur le porche

Et je les ai laissés

Faire

Ce qu’ils avaient à faire

Lire la suite

Le bonsaï dans le placard blanc

2 Juin 2020

j’ai parfois rêvé de ressembler à ça

puis j’ai arrêté

j’ai taillé le bonzaî (arbres enlacez-vous)

pour qu’enfin

une figure qui se meut

me regarde, elle qui par une beauté,

entretient la mort

de la poésie

dans son placard blanc

Lire la suite

CARNE

2 Juin 2020

 

l’exactitude planétaire

dans le creux du sourcil

se penche rose au tabac

pour mimer mes gestes

quand je me branle

 

l’extraction

de la pierre de folie

 

n’est qu’une simple

simplesque attentat

qui vole mes mains

 

dans l’explosion record

de l’espace

et du mouvement en celui-ci

comme un corbeau vole

là-bas

c’est ainsi…

Lire la suite

Anoushka

31 Mai 2020

 

 

Mais heureusement la vérité du corps n’est pas un être visible

Rare est l’apparence d’un avant                   du bois

 

            Où l’on inscrivait sur l’écorce intérieure du

            Bouleau

            Des transmutations à

            Chaque hiver à

            Chaque automne à

            Chaque printemps à

            Chaque été cet avant du bois non encore effilé sur le bord du minuit

            Par un moine ou un barbare

            Un scribe ou un page

 

C’est le corps pur

Le corps avec sa compagne

L’ivresse verticale sous l’étoile

Lire la suite

Est-ce clair ?

29 Mai 2020

extraits du corps

adulte sa peau

nous voici verticaux

sous l’étoile

 

presque peaux

presque plages

presque sexes

presque chairs

 

plaie dépliée pour s’y faire

langue

tu souffles

tu piques

tu fais

 

la ruche est vivante

 

les mots

les mots déjà

 

faune

flore

presque dieux

est-ce clair ?


 

Lire la suite

Anoushka

29 Mai 2020

 

 

Mais heuresement la vérité du corps n’est pas un être visible

Rare est l’apparence d’un avant                   du bois

 

            Où l’on inscrivait sur l’écorce intérieure du

            Bouleau

            Des transmutations à

            Chaque hiver à

            Chaque automne à

            Chaque printemps à

            Chaque été cet avant du bois non encore effilé sur le bord du minuit

            Par un moine ou un barbare

            Un scribe ou un page

 

C’est le corps pur

Le corps avec sa compagne

L’ivresse verticale sous l’étoile

Dans chaque poumon ample lorsqu’on est sur la route du voyage d’une vie

 

-

 

J’envie les sachants d’histoires pour enfants dans lesquelles la nuit s’achemine dans le cœur de l’enfant

Lorsqu’il va dormir et songer malgré lui aux rites très antiques

Lire la suite