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Samy

23 Décembre 2019

 

ça vaut

ça tien dans la valeur

reconnaître

 

je t’appelle

comme jadis l’ami son ami

en de grandes et furieuses cette eau natale

tout craintif de l’aube

 

would you rescue me ?

lorsque je perds au jeu du pouce

je t’appelle

et tu réponds

et tu réponds

et tu fais extraction de ma pierre de folie

 

et tu me réponds l’arrête de la sole

dégusté avant d’être une pointe acide dans ma gorge

you rescue me, that’s why

j’irrigue mon art brutal 

par tes pores

 

en pensant à toi dans le noir

qu’à t il répondu à la semence

 

vraiment il faut des moyens solides

 

un ami qui a un parapluie

un ami qui a chanté sur de la techno

qui a pris dans ses filets mon errance

qui a dît

 

et ça c’est nulle nuance nulle peur

nulle corrida

nulle et nulle arrivée d’un cargo trop immense pour contenir la mer

 

l’espoir préfigure la raison

j’en arrive à penser que la raison n’a pas lieu dans notre lieu

l’espoir lui, se décolle par pellicule de notre poésie

 

strate en strate un discours reliant d’excuses 

nous sommes grands

nous sommes forts

nous sommes amis

 

et je reconnais les herbes folles dans ton bateau natal

 

si bien que le vin pointe l’immodestie

            en cheveux hautains

en filigrane 

            tes yeux – squelettiques.

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L'héroïne

23 Décembre 2019

Allongé, repris

Par la nasse de l’écrit

Je suppure de mes yeux

Des mots tels que :

Suavité, sexualité, des onomatopées

 

Allongé hélas, toujours

Allongé le long du suicide

Où tout est corps

Est humide

 

Je ne dis pas d’oublier

Qu’à moi de musique la pluie

De silence les années

Qui passent une nuit

Mon corps plus jamais

Ne pourra se souvenir

 

Allongé au creux de l’hilarante fascination de la mort

Seringue, dentelle où toute seringue n’a de rapport

Qu’avec La Seringue

 

Allongé, repris

Dans la nasse de l’écrit

Je discute de l’ombre avec l’ombre

Et me distrait de la conversation

Où mort veut dire la Mort

 

Juste ça, allongé dans l’événement accidentel

De dire au club des poètes un poème sur la mort

 

Allongé, reprisé en dentelle

La mort est un maître

Le mot mais toi je veux te regarder jusqu’à ce que ton visage

S’éloigne de ma peur comme un oiseau du bord effilé de la nuit.

 

Et surtout

Et surtout regarder avec innocence. Comme s’il ne se passait rien

Ce qui est sûr

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Ma haine pour Gustave Courbet

21 Décembre 2019

Gustave Courbet était un enculé. Il a fondé un atelier

C’était vraiment un enculé. Il me fait gerber.

C’est pas une petite haine, c’est une haine tenace, profonde.

Pourquoi ça ?

Je sais pas.

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L'accident

21 Décembre 2019

J’ai aimé une fille. Ça a duré une dizaine de mois. Puis. Elle est morte. Avec mon bébé en elle. J’ai aimé une fille. Ça s’est déroulé sur dix mois. On a fait l’amour. Mon sperme s’est introduit en elle. Et il y a eu la conception d’un fœtus. Une chose à laquelle on ne s’attendait pas. Marée basse. Nous avons vu la même chose en même temps. On mangeait des uber eats, on prenait des kapten on parlait de tout et de rien. Elle dessinait bien. Elle m’a même fait des t-shirts. Marée haute. Souveraineté du vide désormais. Elle a eu un accident. Lettres d’or. Le parechoc était intact. J’ai inhalé l’opium pour oublier. Pour faire. Pour écrire intact. Blessure au col du fémur. Rien que ça. L’écriture maintient comme un string les fesses de la douleur.

 

Se taire. Oublier ses seins. Sa voix. Et les lieux de l’amour. Dans mon deux-pièces. Chez ses parents. Chez elle. À la campagne. À Calvi. Il ne me reste plus qu’à être assez seul pour ne l’être plus jamais. Je traverse l’école. Mon bébé n’y sera pas. Elle était à 5 mois de gestation. Il mangeait ce qu’elle mangeait. Ce que je lui préparais. Je me retire du reste. J’ignore si j’ignore que c’est moi qui écris cela. C’est un dépassement. Une graphie de l’extrême. Une honte.

 

J’habite désormais dans l’ombre de ces deux êtres.

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Phéne 2

20 Décembre 2019

Rendons-nous honnête. Sans paroles. Une romance sans paroles. J’écris par ce que je ne sais rien faire d’autre. J’écris dans le texte, à travers le texte, après le texte, jamais avant. Une romance d’une autre page, l’idée d’un renoncement chimérique au Livre. C’est ça ma pulsion, mon ouï-dire. Je décris juste le texte avant de l’écrire, ensuite je l’écris. C’est effectivement un renoncement. À quoi ? Eh bien à la lettre d’or. Je ne veux pas décrire la lumière qui se faufile à travers le texte. Je veux rendre compte de l’arrêt du texte, sa face d’ombre.

Je m’en baleks de Bobin je n’ai pas envie d’écrire comme ce débile. Même si parfois j’ai une érection en lisant ses livres sous coke. Ça ne m’empêche pas de railler sa suavité divine, car Bobin, qu’on le sache, est un ardent croyant qui livre des phrases telles que « On reste assis, un peu. C’est plusieurs vies dans le même jour ». Qu’est ce qui fait ma dissonance là-dedans ? C’est l’arrêt conclusif, le moindre effort, la petitesse d’esprit devant la passion d’un dieu, l’événement de la journée, l’ensoleillement, de rester assis et contempler la création divine. J’aurais écrit « Je reste assis, sûr de ma vie, ressemblant à toutes » Mais non, lui il est obligé de se singulariser, de détruire le petit pan d’objectivité qui fait qu’on peut avoir un discours sur le réel pas trop défoncé à la coke divine.

Alors là y’a autre chose qui arrive et qui défonce tout, et ça te remplit la panse de vives urgences. C’est Pizarnik. Alejandra de son prénom : 

 

« la mort meurt de rire mais la vie 

 

 meurt de larme mais la mort mais la vie 

 

mais rien rien rien ». 

 

Là t’es baisé, tu t’es fait chopper au-delà du divin. T’es plus fatigué, t’es plus fatigué d’endurer la douleur. À la béatitude, Pizarnik ne dit que : Refus. 

Le refus du signifiant supérieur, le refus d’une divinité. C’est l’espace sémantique de la réification, répétition et son antonomase de la parole du meurtre. T’es plus assis, sûr de ta vie, t’es debout, alerte, en érection par ce que la mort « meurt de la vie » et que tu l’endures mais « rien, rien, rien » divinatoire néanmoins : la parole c’est sa contre-langue. La répétition acte le monde fragile « fatiguée de / ses / pieds qui ne savent plus marcher ».

 

Jsuis trop bourré pour continuer…`

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Phéne

20 Décembre 2019

Descendre acheter des bières le matin à 9h c’est comme avoir le plaisir de voir son livre écrit par quelqu’un d’autre. Non pas descendre mais descendre acheter des bières pour effectivement les boire. Par ce que c’est seulement les bières de 9h qui sont les vraies bières. Et c’est là où l’on boit vraiment. Sans chichis de pédales genre « je vais vous prendre un petit demi s’il vous plaît ». Non là c’est les trois bouteilles bien grosses, bien remplies à ras bord. En somme ; inévitables. La première fini il faut attendre le temps de deux clopes et abandonnez sur le seuil de son plaisir la vraie ivresse qui ne viendra qu’à la troisième bière. Lorsque je dis bière, clopes, poèmes je me réfère à des choses qui m’arrivent. Ce n’est pas un jeu. Le jeu est seulement dans la distance de vous à moi et dans le plaisir pervers que vous avez à me lire débitant conneries sur conneries. Faits à faits, trous à trous : c’est la langue. Une transparence que l’on ne voit pas. Une jouissance du texte apostasié par le silence qu’entre coupes mes accès de déraison meurtrière où je me rends à l’évidence qu’il va me falloir continuer à boire pour écrire. Qu’il va falloir préserver le silence. Mais nul silence ici. Vous préférez écouter.

 

 

Le plaisir du texte en écriture est le drapée rouge du toréador et moi taureau-machine. Suintant, écumant, libre. Lorsqu’on est pété on écrit à l’oral et on tape sur un piano en même temps que l’on crie les poèmes. La stéréophonie fait des poètes pendus au gibet de la folie. Je ne regrette rien à part peut-être la cocaïne. Mais je ne regrette pas les crêpes, les bagarres, la résignation à ne plus voir B., le bandage mou, Solène, notre misère, le parcours de A à B, les lettres de Proust à sa voisine qui m’ont bien fait chier, la linguistique, Doriane, mon enfant ; non je n’ai aucun regret. Je sens la poésie affleurer sur mon épiderme et me vomir dessus prétextant une extraction de la pierre de folie. Quelque chose tombait dans le silence et ce n’était pas moi mais la littérature. Ma dernière parole fut moi mais je parlais dans l’aube lumineuse. Je me souviens de Sabrina qui ne savait pas comment recevoir les cadeaux, les accueillir. Il était difficile de pressentir de la joie lorsque je lui arguait le prochain cadeau et au moment éminent elle ne disait rien. Elle disparaissait parfaitement. Dans la honte ou dans autre chose je sais pas trop. J’ai jamais vraiment compris sa névrose.

 

Je mets mon casque que j’ai eu à Noël en avance pour écouter une chanson que j’aime bien. Deux secondes. Merci d’avoir attendu. Ça me fait jouir que vous attendiez. Appelez ça de l’amour. 

 

J’ai en tête un sonnet. Je sais pas si je l’écris. C’est un peu éculé les sonnets nan ? Ça sonne faux. Surtout les rimes embrassées. Ça je peux pas, ça me fait dégueuler. Moi ce qu’il me faut lorsque j’écris pour vous c’est soit de l’amour, soit de la bière, soit les deux. Il commençait par :

« Nature rien de toi ne m’émeut, ni les champs… » 

Voyez un peu. C’est des graffs sur les murs de la commune. Je dis pas que Rimbaud ça vaut rien mais les poètes genre Verlaine qu’est-ce qu’on s’emmerde. Je préfère les intellos moi, c’est mon truc. Les mecs qui rongent, les Mallarmé, les Valéry, les nuits qui accusent l’existence de n’avoir pas capté un pet de compréhension dans tout ce que tu as lu de poème ou de théorie aujourd’hui. Dans le genre y’en a un spécial guest c’est Ezra Pound. C’est simple et illisible. C’est simple par ce que c’est illisible. Alors je bois de la bière pour discerner des paraphrases, des méthodes d’écriture, des métonymies… Mais ça reste quand même (Los Cantos c’est son bouquin) complétement E.T l’extra-terrestre. Bref on s’en fout.

J’entame la seconde bière. C’est un phénomène retranscrit en direct, c’est un deuil.

 

Ma vision endeuillée de l’existence, comme s’il n’y avait pas eu d’existence mis à part l’écriture, à part la mise à mort du taureau avec les picadors qui recrutent pas mal pour planter des piques et faire saigner la bête-poésie. 

 

Toute la nuit je fais la nuit, je me fais une sorte de piqure d’héro dans le muscle droit et je me branle sur du porno. Je me couche tôt et je me branle en dormant. C’est la drogue. La drogue ce n’est ni dehors ni dedans c’est « je me mets nu ». Dans son lit nu, le froid de la chambre, le sol friable on ne sait plus trop où on en est niveau plaisir mais quand même on persiste et signe dans le chaud du drap. Et on se branle. On éjacule dans le noir. Et tout devient blanc. C’est ce que j’appelle le rêve. Quelque chose monte et redescend, les poumons inhale la désaffectation des posters de Caillebotte et Cézanne, on ne voit rien sinon le rebord à peine luminescent du rebord de la fenêtre et on oublie la mort. Même si la mort n’est pas muette comme dit Alejandra.

 

Ensuite le temps passe et on devient de plus en plus vieux et les rêves se désabonnent du bouquet freebox. On se met à penser à l’enfant qui va naître. On flippe pas non. On ne flippe pas. On attend. Attendre la naissance d’un enfant c’est particulier. C’est un nouveau discours qui va survenir, et qui va générer une quantité astronomique de demande et de réponse. Du genre comme si de rien n’était tout se fait dans la conversation avec l’enfant. Qui t’es ? qui t’es pour me parler comme ça ? Tu vas signer mon cahier ou pas ? Il est jaune. : « Papanous parlait d’une blanche forêt de Russie : « … et nous faisions de petits bonhommes de neige et nous leur mettions de petits chapeaux que nous volions à notre arrière-grand-père… » Elleva me regarder avec méfiance. Qu’est-ce que la neige ? Pourquoi faisait-on de petits bonhommes ? et avant tout, que signifie un arrière-grand-père… 

 

Bref ce n’est pas flippant c’est de la poésie. Ou alors si c’est flippant il faut se forger une ouïe.

Et je vais lui en forger une d’ouïe à ma fille. Une vraie. En forme de cri de loup. Féroce mais innocente. Une écoute de la lente descente de la neige sur son front. Ploc ploc. Et elle sera perdue sans tourments. Sans bagages. Sans fenêtre.

 

À l’écart de tout. En retrait de tout. À l’écoute de tout. Usant des livres de Pizarnik, de Bobin, de Kristeva, de Barthes dans un silence coloré d’houblon fermenté j’ai aperçu un pan de réel que j’absorbe et vous refile comme la peste. 

 

Soyez honnête.

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l'évidence

20 Décembre 2019

Je suis tout bâtis 

Je bats mes burnes

J’achète de la bière

Je fais un soupçon de chocolard

J’aime les yeux des garçons

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oui

20 Décembre 2019

L’expression la plus sphérique

 

c’est-à-dire parfaite

c’est

 

OUI

 

Car ça englobe tout

l’égalité

la liberté

la fraternité

 

la connerie

le dégueu

les mouettes

 

OUI OUI

 

De profil le OUI c’est ça

 

I

 

De face c’est

 

OUI

 

ça permet

de mieux comprendre

 

ma situation

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volé

20 Décembre 2019

S’il n’y a plus rien

De bon

De goûteux

D’échappée cycliste

 

S’il n’y a plus

Rien à croquer

A baiser

 

que l’attente sans le moindre argent d’un enfant

 

alors il faut se pendre

non

il faut étrangler la corde autour du poignet

en attendant que

la main

devienne toute rouge

et

qu’elle éclate

et

que le sang s’éclabousse sur la feuille vierge

 

s’il n’y a plus rien

de recherche

de bide sans couleuvres

 

j’en reviens à ce que j’ai évoqué

il faut tordre la corde

et la jeter au détritus

 

il n’y a rien de plus goûteux

de

fameux

de belle exception 

que de jeter la 

corde

à la 

poubelle

 

même manchot on arrive à

écrire des

poèmes de plongée

 

au cœur du début de la fin

et la fin c’est dans longtemps

 

je préfère ne pas y penser

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un mot qui n'existait pas

19 Décembre 2019

Loisir du texte mort

des tombes tombes

sans toucher le sol

d’un mot 

qui n’existait pas

 

elle m’a rendu service en

allant chercher le pain

elle

s’est faite renverser 

par

une voiture

 

je n’ai jamais dit que j’écrivais

j’ai juste demandé 

du

pain

 

 

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