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Les yeux dans tes mains

28 Décembre 2019

Pour Doriane

 

 

Je me penche. Désert selon quelque autre cendre

Que soient tes mains guidant l'impatience de feu

Il se forme, il saisit corps moi tes ailes

Où se déchirent mes mains de feu (lorsque je t'ai examinée)

Je me penche. Mains voilà les mains coûte croûte de mains

En impatient comme l'enfant que la tristesse envahit

Qui qui se mord la lèvre, et qui se retourne

Tu es partie, je t'ai regardée, et voilà j'ai la rumeur de ta terre

En moi, vers moi, pour moi

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Mon petit-frère

28 Décembre 2019

On regarde des photos comme preuves d’un passage. Un passé qui ressurgit lorsqu’on décide de sortir le carton. C’est simple. C’est simplex, on se voit. Et on regarde les différentes photos plus ou moins vite. On s’attarde sur quelques-unes. On passe sur d’autres moins intéressantes. On sourit. Puis on ne sourit plus. Tout dépend des protagonistes. Ou des lieux. Les photos sont diverses. Il y a un tournage. Il y a nous avec nos parents, nos amis, les maisons à la campagne, les jouets, l’enfance. Puis on tombe sur quelque chose qui rebute. On ne sait pas pourquoi. On sent un danger. Un frère. Une petite enfance qui est là. On est nerveux. On palpite. Quelque chose ne va pas. D’un seul coup mon petit frère est là, dans une implosion à l’intérieur de moi. Il est directement là, non pas dans le souvenir mais dans un présent que nous contemplons. Ce passé d’avant les luttes. Je vois avant la maladie. Et on voit la femme. Qui n’existe plus. Qui est dans un cimetière. L’écho de son abandon dans le cœur.                      

 

Diego a un large sourire. Je le porte. Il ne doit pas avoir plus de 3 ans. Il est un peu gros. Des cheveux bouclés. Il est en avance au rendez-vous. Il est déjà là. Il attend au café des années plus tard. Il n’est plus le même. Il pleure devant la tombe. Une autre photo dissimule autre chose. Mais on ne sait quoi. Diego et Marie souffle sur le même gâteau. Est-ce l’anniversaire de l’un ou de l’autre ? Je ne sais pas. Je suis là à quelques mètres. Attendant patiemment et sans douleur la secousse qui viendra des années plus tard regardant la photo découverte dans le carton. Je suis face à l’abîme du présent. Un présent paradoxal. Un abîme entre le présent de cette photo où je me vois être grand-frère. Et le présent plus proche. Où je suis un autre grand-frère. Plus soucieux. Plus maladroit. 

Diego est en avance au café. Il me sourit. Il a 4 ans. Il joue avec moi. La mère m’a collé des photos de nous dans un album à part. Je lui montre. Il rit. Je me protège de son rire. Je ris aussi. Je pleure. Il y en avait une qui devait disparaître. Ce fut-elle. Je ne comprendrais jamais. Lorsque la mienne disparaîtra ce sera à son tour de rire. De me faire rire. Nous serons un peu plus âgés que sur ces photos. Qu’aujourd’hui. Tout à coup l’expérience de ce passé vécu comme un présent me ranime. Je suis son grand-frère. Je suis celui à qui il ouvrait avec impatience la porte. Je serai à jamais ce grand-frère du 22 rue Dussoubs. Lorsque nous avions l’âge, inconscient de l’enfance et de l’adolescence, de dormir à deux dans la même chambre. Je suis celui qu’il regardait jouer sur l’ordinateur pour s’endormir et auquel je jetais parfois des regards pour voir s’il s’était endormi. Les temps sont chiffrés. C’est ma parole qui vole parmi les âges et les photos. J’aime mon petit frère. Je l’aime énormément. Je le sais. J’en suis sûr.

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Je me suicide

28 Décembre 2019

Je me suicide.

Je vais me suicider plutôt.

Le long de cet entretien j’en dirais les raisons.

Mais pour l’instant je m’en tiens à la chose même.

Pas vrai.

Impossible.

Trop grosse pour être une partie de la réalité.

Car je n’ai aucune raison de me suicider.

Je vais bien.

Je n’ai pas la sclérose en plaque.

Je n’habite pas le Dakota du sud.

Je ne suis pas un travailleur forcé.

Je ne suis pas dans une tour en train de s’écrouler.

Dès lors pourquoi se suicider.

Je vais manger un macdo

Je reviens

C’était bon.

 

 

Par ce que c’est beau.

Les chrétien très pieux s’auto flagellent au fouet.

Les kamikaze japonais l’ont fait pour l’honneur.

Les Merah par dévouement.

Je vais me suicider par ce que c’est beau de mourir

Point.

Mon idée c’est de mourir par pure tendresse.

De me laver les mains avec la rosée.

Je vais me suicider par ce que j’ai vu dans une série quelqu’un le faire.

On va me dire qu’il n’y a rien de beau à ça.

Et bien si.

On se suicide pour retrouver quelque chose.

Une netteté.

Voir net encore une fois.

Comme lorsqu’on est sorti du placenta.

Je vais violer du sentiment.

Excusez-moi pour ce débordement de tendresse.

C’est pas mon genre.

Lorsqu’on pousse du pied la chaise.

Il y a un débordement.

Un contour qui s’agrandit.

Pas qui s’amoindri.

Un contour qu’on comprends alors comme limite du hasard qu’est la vie.

Avec l’apparition de l’homme il y a apparition du hasard.

Avec l’apparition du hasard il y a apparition de l’absurde.

Avec l’absurde la beauté.

Je suis beau et veux mourir beau.

Je suis encore jeune.

J’ai 32 ans

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Publié depuis Overblog

27 Décembre 2019

LÀ-HAUT, QUELQUE PART

QUELQU’UN ÉCRIT

LA MÊME CHOSE QUE TOI

POURTANT IL N’EST PAS TOI

ET TU N’ES PAS LUI

SEUL LE POÈME VOUS RÉUNIT

 

TOI TU ES ICI

LUI, LÀ-BAS

 

SEULEMENT CE SENS DIFFÉRENT

QUE LUI ACCORDE À UN MOT 

ET TOI UN AUTRE

ACTE LA FRAGILITÉ DE TOUT 

 

CAR À DIRE VRAI

VOTRE POÈME N’EST PAS UNIQUE

ET SA VRAIE

SA GRANDE PEUR

 

C’EST DE VOUS RÉUNIR

CAR TOUT POÈME EST EN RÉALITÉ

TOUJOURS SEUL

SEUL DEVANT UN ET QU’UN UNIQUE ET SEUL MAÎTRE

 

 

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Comme le dit Pessoa

26 Décembre 2019

Dans une formidable épochè

Un maintien standard

De Michel SIDA 

 

Et moi je me retourne de ma chaise et je ne vois rien

Ma mère morte me faisait du thé il y a quelques minutes

 

Tenir c’est prendre du retard

Je lis Celan sa mère Celan est morte d’une balle dans la nuque
Celan est c’est aussi dire non tourné

A partir de l’amande mais l’arbre

Qui fume de thé se dresse

Celan ne dort pas il s’est jeté

Du pont Mirabeau un merveilleux soir d’été

 

Ma mère morte me ramène du pain avec de la confiture

J’en oublierais même qu’elle est vivante

 

Est-ce cela tenir comme Pessoa ?

Le venir dans le salon fenêtre ouverte

Le fin’amor 

Maman tient elle a du retard

Tient dans ses mains le plateau de fruits de mer

Confits à la vodka

 

J’en oublierais presque qu’elle a eu un sein en moins 

Que l’éponge ait salit ses mains

 

Et que je n’arrêtais pas de me retourner vers la cuisine afin de voir une ombre

Souriante certes,

Mais gazeuse dans l’entrebâillement

 

Ma mère est proche de moi

Elle boit quantité astronomique de vers

Sa peau est rongée par le rongement

 

Elle m’amène du thé je lui souris

Elle sourit à son tour

 

Je vis au cinquième étage il fait nuit et ma mère me rapporte du thé

J’en oublierais presque qu’elle est vivante

 

Comme les rats je mange le pain et la confiture

A l’arsenic

 

Triade

Moi

Nuit

Mer 

 

Mais c’est l’encre qui se maintien droite

S’éteint comme Celan

Gonflé d’eau cadavérique

 

L’écriture à l’encre appose sur la feuille une minuscule pellicule de mort

Sur le papier quelque chose gonfle et change le chant vierge

En chant grossi d’encre

Entrecoupés de points, de virgules, de thé, d’amande

 

Je me retourne une dernière fois

Un tatouage posé sur mes doigts

La nuit pose et repose ma mère est là

Elle m’apporte du thé puis basta

 

Seule la raison me manque et tendu

D’une tasse flambée à la vodka

Les os de Celan sont à Cernowitz

Ma mère est une nuit qui ne s’en va pas

 

M’amène le jour enfin qui se réveille

Je n’ai pas écrit

 

J’ai décidé

 

Et c’est bien ainsi

Car 

Tenir c’est prendre du retard

 

Je ne tiens plus la tasse de thé que ma mère m’a apporté

Je ne regarde plus les tatouages sur mes phalanges

J’oublie que j’ai été conçu dans un ovule

Celan ne fait plus partie de moi

 

Et c’est bien ainsi

Car

Tenir c’est prendre du retard

Comme le dit Pessoa

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le bain de merde

26 Décembre 2019

Je me suis jeté dans un bain de merde

C’est vraiment dégueu enfin t’imagines

Ya des gens qui font des bains de boue

Moi je fais des bains de merde c’est mon truc

 

Le poème que j’écris suite à ça

Est la consistance d’une multitude d’étrons entremêlés

Entre eux

 

Ensuite je me rince

Le poème se décolle avec la merde

Il a une odeur infecte

C’est ce qu’on sent lorsque quelqu’un te présente des mots et te dit

Que c’est de la poésie

 

Je prends une serviette blanche

Comme une feuille de citronnier ou de papier

Et m’essuie autant que faire ce peu

 

Et va savoir pourquoi ou comment

Il reste une mince pellicule de merde sur la serviette

Je la fous à plat par terre

Je me recule un peu

 

Et je vois se dégager parmi les différents bouts de merde séchés

Des mots

Ça garde son odeur infecte

C’est marronnâtre mais je peux bien apercevoir le poème

 

Je prends des bains de merde 

Pour décoller de mon cerveau des poèmes

 

Parfois ça marche pas bien par ce que la merde est trop liquide

C’est de la merde de bébé souvent

Mais je te conseille la bouse de cheval

C’est bien résistant

Et ça se décolle facilement par fragments 

Sur la feuille de citronnier

 

Voilà je crois que je t’ai tout dit

Ah non, j’allais oublier

 

Ce poème n’est pas une métaphore.

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Pastiche Bukowski

23 Décembre 2019

je me suis réveillé dans le noir

il faisait encore nuit

j’ai fait un cauchemar où un essaim de cafards mouillaient me tête

de leurs fientes

j’ai gueulé et gueulé puis je suis allé dans la cuisine

il y avait un cafard rentré sous mon épaule

je l’ai écrasé et j’ai vécu comme un abandon

lorsque Linda est partie avec

ce fils de pute d’irlandais

 

j’ai décapsulé une 

bière

 

j’ai appelé Linda elle ne répondait pas

j’ai appelé et rappelé

d’une voix pâteuse elle m’a dit d’aller me faire frire du bacon

ça m’a remonté le moral

j’ai sifflé la 

bière

 

j’ai entendu un coup de feu je suis sorti voir ce qui se passait

j’ai vu les flics et le gros mec qui s’occupe des entrées et sorties

du motel

 

il m’a insulté de vieux pédés à la ramasse

je suis retourné dans la 

chambre

 

j’ai pris une vingtaine de cafards qui me

restaient dans la main

 

et je lui ai enlevé son soutif et balancé les cafards dans son string

il y

a eu un deuxième coup de feu

 

j’ai rappelé Linda elle ne m’a pas

répondu

 

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JE HAIS NOËL

23 Décembre 2019

 

rien que ténèbres en tête

noël venu franchement

 

rien que ténèbres en tête

et le christ rit franchement

 

j’ai adopté un chat je l’ai perdu

j’ai joué aux échecs et j’ai perdu

j’ai tenté de bander et ça n’a pas marché

le hijab de Taya est taché 

de sang

j’ai regardé derrière moi et il n’y avait personne

sauf un poisson mort d’avoir trop craché

 

je bois de la bière qui s’efface

j’écris un poème et je le perds

 

je m’enfonce dans l’adultère et je n’utilise pas ma bite

le christ rit franchement

 

je lis bukowski et je ne me plaît pas à le faire

je laisse faire noël dans ma tête et derrière

je me suis enfoncé un gode et je l’ai perdu

dans mon cul

 

j’ai avalé du stilnox et je l’ai vomi

j’ai regardé par où aller cette fille et je ne l’ai pas suivi 

car en moi mon être est tout indécis

 

j’ai préconisé aux scientologues à Bastille d’aller enculer leur mère

je me suis dit que ça leur ferait du bien

puis je me suis dit ça sert à rien

 

j’ai coulé le bronze dans les toilettes et je l’ai perdu

j’ai acheté un livre sur lacan et je ne l’ai pas lu

 

j’ai enduré le lever à 5h pour écrire et rien n’est sorti de mon cerveau

ou de mon corps

je sais jamais des deux

 

je suis allé voir Hartung au palais de tokyo et c’était fermé

taya n’était pas énervé

moi je l’étais

j’étais perdu

 

j’ai visité des palaces en reluquant juste les fenêtres vers Georges V

je suis mort à l’aube

je suis mort à midi

je suis mort et j’arrête 

j’en ai trop dit

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Le ciel c'est déjà bien

23 Décembre 2019

imaginer du ciel c’est déjà bien

pour celui qui s’en va

 

tâcher d’écrire la béance

de décrire la béance

 

pour celui qui s’en va

c’est déjà bien

 

puisque celui qui s’en va

ne part qu’à cause de la béance

 

décrire la béance est une action positive

pour celui qui s’en va

 

car pour celui qui s’en va

rien n’a plus d’importance que d’être celui qui s’en va

 

et les gens qui s’en vont

sont des gens qui font des actions positives

 

ils imaginent un peu de ciel

ce qui permet à ceux qui restent de voir un peu de ciel

 

ainsi je m’en vais du poème

et de la béance qu’il a pu produire

 

pour que vous voyiez un peu de ciel

voir un peu de ciel c’est déjà bien


 

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La nuit et le jour

23 Décembre 2019

c’était dans la nuit et

partout se montrait la nuit et

la nuit semblait déserte 

mon corps foulait la nuit

comme la nuit ne pouvait l’envelopper et dans

la nuit j’ai vu des yeux blancs qui

scrutaient la nuit comme la

nuit peut parfois nous scruter

c’était dans la nuit

partout se montrait la nuit et

la nuit semblait déserte

 

.

 

 

puisque le jour augmente

la lumière et que le jour nous

noie et

qu’il faut du jour pour boire

cette lumière

l’homme dira du jour

qu’il est un compagnon fidèle

l’éclairant

puisque le jour augmente

la lumière

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