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19 Janvier 2018

si pour finir tout doit être

 

 

 

 

dans cette à porté de

 

 

                                              

                                                                                   risque

 

 

 

 

 

 

 

la différence de beauté 

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Y a t-il des origines ?

18 Janvier 2018

le temps passe

 

et je vis pour aimer

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MONA HATOUM, HAIR NECKLACE, 1995

18 Janvier 2018

le piège de l’instant

 

que l’on que je

abrégeraits 

 

entre épingle et son

détaché maman la terre

est plate maman

 

on s’est trompé

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Dans le bus

18 Janvier 2018

Ce temps est une oeuvre

d’art Mille langage

s’inscrivent

dans le temps

 

Mais pas de lieu

juste cet art

inquiet

qui autorise 

les paroles

qui

est

permissive

mais sans lieu non

ni îles ni montagnes

ni rivières ni plaines

 

Juste une inquiétude

 

Qui me permet d’exister

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MIRO, TÊTE HUMAINE, 1931

18 Janvier 2018

Ma salissure est simple, simplement amoureuse du nuage à l'odeur de vagin déchiqueté. Ma propreté c'est la scellée du doute.

Mémoire et crispation,

Matière et narration,

j'habite l'absent.

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RÉFLÉCHI SUR LA CRÉATION

18 Janvier 2018

 

L’art propice. C’est quoi l’art propice ? C’est l’art au bon endroit. C’est l’art en bon terrain, les terrains vagues, très vagues. Faut que ça chancèle pour un moment. Puis, devenir dur comme du marbre. Au début ça pousse quelque chose, ça pousse l’endroit, ça commence à habiter l’endroit et l’endroit n’est plus le même.

 

Mes poèmes c’est des petites maisons, ça s’habite, ça laisse la porte ouverte comme dans la chanson de l’autre connard de Maxime le Forestier. Au départ il y a un endroit, un espace qui espace la personne qui veut lire et la personne qui veut écrire. Mais tout d’un coup, dans un éclair de lucidité il y a quelque chose qui se construit, qui s’élabore dans la construction, et voilà qu’il y a le poème. Voilà qu’il se montre, sale comme toutes les créations artistiques. Et il est propice, il est vrai, il est là, déjà habitué à laisser s’habiter.

 

Alors quand je dis « j’habite l’absence » il ne faut pas mécomprendre, c’est juste que il y a un moment de justesse, où l’avenir de mon corps se joue (par mes mains en l’occurrence, mais ç’aurait pu être ma voix). Fabriquer un poème c’est habiter l’absence (par ce qu’il n’y a que des terrains vagues). Et dans ce nouvel abris (chaque poème crée sa taule, ses murs, et ses meubles) on perfore l’existant, on se rend à l’absence mains liés. Habiter l’absence c’est dangeureux : on se dit des choses qui font mal, on a peur, tout est couleur et non-couleur, tout est parler et non-parler. Mais ça fait sens, ça se donne et ça habite le vague, pour devenir du concret, du concret qui remplace l’absence qui fait flipper. J’habite l’absence par ce que j’écris.

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18 Janvier 2018

Dans l’après-midi du hier, te souviens-tu ? Du hier l’après-midi nue couverte

La parole en carré suivait le delta endormi

                                 et suit encore dans ta parole

                       

                                    l’étoile a brillée nuée corpée

                                                corpée dans la mandorle

                                                            que j’avais dans l’implacable

                                                                        inversion de l’amour

                                                                                    corps d’oiseaux brûlés

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Réfléchi sur ma poésie

17 Janvier 2018

Est-ce que je puis dire que je fais de l’art brut ?

Si je raconte (mais est-ce raconter ?) que c’est cela, mon art, évidemment je perdrais le contrôle sur l’origine de mes œuvres.

Pourtant, cette perte m’arrangerait puisque je ne connais simplement pas l’origine de mes œuvres. Et lorsqu’on me pose la question du pourquoi, du comment ou du Vers-quoi d’un de mes poèmes ; alors je rougis de honte comme l’homme qui refoule et pourtant pressent comme en profondeur, une intimité qui se révèle : un cachotier d’un secret intime et honteux.

Que faire : dire : je ne sais pas et être applaudit car incompris ou approprié comme une mauvaise nourriture ; dire : je sais et mourir de honte lors de la déclaration de foi.

Il n’y a pas d’issue. Les seules issues sont cette folie dont j’ignore la raison et même le nom, l’autre la honte, la même qui me tue chaque fois qu’un soleil se lève. Rien à faire avec l’Autre : voilà ma réponse.

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L'amante

17 Janvier 2018

Ce soir je vais t’embrasser, ce soir sera comme le mur, ce soir dans la chaleur de ta bouche il y aura le mur de ma langue. Oui, ce soir sera le premier et je m’invite avec ma langue mon mur dans ce que tu es. Et dans ce que tu es se trouve la palpitation. Tu es comme une cavité qui me fait palpiter lorsque mon mur s’invite en toi. Et tu brises ce mur, ce mur ce n’est plus ma langue, c’est mes mots. Et la bonne palpitation dans cette cavité où je me mets c’est notre rencontre. Et je t’embrasse, et je te lèche. Toi, qui saisis l’instantané de la pluie, qui saisis les paysages et les visages des petites filles, et le nombre d’étoiles dans ton seul nom. Toi qui est mon amante, toi qui est poésie.

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Penser

17 Janvier 2018

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Je pense dans la chose, la chose est pensée, mais dire que je pense dans la chose ne veut pas dire que la chose est pensée, ça veut juste dire que je pense dans quelque part. Si je dis que je pense dans la chose, je pense à un quelque part, c’est ça, c’est le part, mais c’est quoi le part, je veux dire, c’est le part de la chose ? Ca voudrait dire que je m’invite dans la chose, dans la part de la chose. Je pense dans la chose, ça c’est ce que j’ai envie de me dire, c’est ce que j’ai envie de croire, de bander en me disant que je suis quelqu’un qui pense à l’intérieur d’une chose. La chaleur de la chose, la chose, ça m’invite à être dans sa part, ça m’invite à penser encore plus. (Mais il y a une part en moi qui ne bande pas, qui n’a pas envie de bander tout de suite. Non, il y a une part en moi qui me dit que penser la chose en bandant tout de suite, c’est le mensonge. Et voilà, et si je mentais ? Et si une chose me propose de partir dans la fabulation. Et si je mens, et si je suis dans la chose et sa part de mensonge. Alors qu’avant je voulais juste penser la chose, sans penser à la négation de cette chose. Mais la part de la négation c’est aussi d’être « sans pensée ». Donc maintenant il faut que je me casse d’ici, il faut que je me casse très vite d’ici, de cette pensée de chose, peut-être de sa part (la chose n’est jamais absolue) et me tirer vite, faire un basket de chose-pensée. J’étudie le propos et je me dis que maintenant j’y suis dans cette basket : je pense la négation de la négation. Et si je suis dans la chaleur du positif, du chaud avenant je suis a quelque centaine de mètres et je peux maintenant penser la chose en ayant pris sa part, sans la payer, sans m’être confronté à toute la tradition de ce que veut dire « penser ». Maintenant je peux bander tranquillement, ça va, j’ai absorbé. Ma bite peut gonfler tranquillement, sans avoir à se soucier de la chose de ne pas être dans la chose ou même dans sa part ou je ne sais quoi encore. Alors maintenant, je n’ai plus de doute quant à ma pensée : ma pensée ne mens pas, elle a fait basket au mensonge de la pensée, qu’elle gonflait sournoisement elle-même. Maintenant je n’ai plus de doute. Je peux me dire : je suis dans la chose, la chose m’enserre, la chose m’étreint car penser la chose est = à dire « je ne mens pas sur la chose auquel je pense ». La part du mensonge est la part de la chose. La chose pensée s’invite dans le mensonge et le mensonge s’insinue comme un vers dans la chose). Maintenant, je dis que la chose, c’est quelque chose qui a une part de chaleur. Je ne mens pas, je décris, je parle en décrivant juste, ne vous inquiétez dans ma description la chose s’invite à avoir une part de chaleur. C’est évident, simple, enfantin. Je dis juste que je pense la part de chaleur de la chose, je suis dans la chose, je ne mens pas. Je suis dans la chose, maintenant j’en suis pérsuadé. Il y a persuasion, il y a conviction, je ne peux plus me mentir, je suis dans cette chose, je pense à l’intèrieur de cette chose sans regrets, sans remords. Il n’y a plus que moi et elle.

 

 

 

Si on enlève le risque à la poésie, ça devient de la littérature

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