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Journal, cahier mercredi 4 janvier 2023 de Miley Cirrus

4 Janvier 2023

 



 

En descendant dans la cour du Riad, je m’enveloppe de mon visage le plus singulier. C’est à dire le visage de tout le monde. Des arabes, des blancs, des chinois. Le visage, comme dit Rilke au début des Cahiers de Malte Laurids Brigge, peut s’user et se partager dans l’usure. Donner son visage à quelqu’un qui n’en a pas. À son chien que sais-je. L’escalier par lequel je suis descendu est escarpé, dangereux, double : il me met en scène, descendant vers les domestiques du Riad et me permet de descendre simplement, sans caméra, appareil photo me shootant. Je suis ivre du beau pêcheur arabe, rapportant ses poulpes. Jamais plus il n’y aura d’Essaouira comme je la vis à cette heure. Jamais plus. Mais une autre Essaouira. Une Essaouira avec d’autres pêcheurs. Peut-être plus beaux, avec des traits plus fins. Mais cela m’étonnerait. Car le pêcheur, celui-là, qui a amené avec lui sa caisse de poulpe pour le dîner de poulpes frits, il ne reviendra jamais. Il est passé et c’est ainsi. Avec ses poulpes. Pour nous, habitants du Riad. J’ai hâte de retourner à New-York City raconté ça à Nicky. (Minaj). 

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